‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 152 sur 589 · Bossuet, Premier Sermon sur la Conception · texte numérisé non relu

Bossuet, Premier Sermon sur la Conception

5. Un poëte latin moderne, même sans sonfjer à l'Immaculée Conception, me paraît avoir très-bien parlé quand il prétait ce langage

à la Mèie de Dieu réprimandant certains artistes dont le nombre se multiplie sans cesse de nos jours :

r Car sine proie moa me pingis? Pingere, quœso,

Mo sine me putius quam sine proie velis. i 6. J'ai dit quelques mots au sujet du symbolisme de ceHe lance perçant la michoire du dragon, à propos de saint Michel, sous le titre .luges. C'est toujours le triomphe de Jésus-Christ.

MARIE (N.-D

temps) à sa mère, pourquoi verrait-on un anachronisme dans la maternité divine indiquée au moment où Marie commence à recueillir les fruits de cette destinée unique qui dirigeait Dieu à son égard ?

Il ne faut pas faire mine de voir en ceci que je veuille exclure toute scène où la très-sainte Vierge paraîtra sans porter son Fils, soit sur ses genoux, soit entre ses bras. J'ai donné déjà, et je répète pour plus de clarté, cette Ascension (copiée aussi dans le cabinet de M. Colchen à Metz, d'après un ivoire du xi*^^ siècle ou du x"^) qui montre Notre-Dame élevant les bras vers Notre-Seigneur à l'instant où il va disparaître dans le ciel.

Elle lui exprime son amour ou sa douleur à ce moment de séparation , elle appelle ses bénédictions sur

ceux qui demeurent dans le lieu d'exil ; peu importe. Mais quand une circonstance particulière prise dans la vie de la trè.s-sainte Vierge ne s'oppose pas à ce qu'elle porte l'enfant Jésus entre ses bras ou dans son sein, je ne puis m'empécher de croire qu'elle est alors comme dé-couronnée; parce qu'on la prive ainsi de ce qui caractérise tout particulièrement sa grandeur sans égale parmi les simples créatures, en ne faisant plus comprendre l'incommensurable hauteur où la portent les desseins éternels de Dieu dans l'incarnation de son Fils.

Voici, pour ne pas avoir l'air de trop appuyer sur les représentations anciennes, une forme du type moderne qui ne renonce pas au fond de doctrine généralement exprimé par l'art des bonnes é|)oques.

Vouloir entrer dans plus de détails : comme, par exemple, faire l'énumération des circonstances où l'Évangile et les pieuses traditions populaires nous montrent Marie, soit enfant, soit dans la maison de Nazareth, soit à Bethléem, au Calvaire, etc.; ou bien suivre à travers

le temps et l'espace, les dévotions qui lui font donner des attributs spéciaux, les origines de pèlerinages qui l'honorent sous un vocable particulier, ce serait accepter une tâche à laquelle on ne satisferait pas avec un livre plus gros que le mien. Il doit donc sullirc d'avoir lai.ssé soiip(;onncr ce que pareil sujet demanderait de recherches. J'ai dit que je n'en faisais pas mon affaire; et quant à bien des cas où la Mère de Dieu intervient nécessairement pour faire comprendre les caractéristiques des

MARTE Al. — MASQIJI'.

saillis iluiis l'art populaire, cela se retrouvera parmi nos recherches sous divers titres , comme aux mots Apparitions dr la trcs-saiiile Vierfif, imaijr {ou xlnliii-), etc.

MMiïKAU.

llieii (les saints qui poiirraii^nt se ranger spus cette rubricpie, ont déjà trouvé leur i)lace aux mots Construction, Ciseau, Enclume etCouronne (lesQUATiiE coudonnés). Car le marteau (surtout si l'on y joint le maillet des sculpteurs, des menuisiei's et des charpentiers) appartient à bien des professions. Aussi à Bruxelles, par exemple, les bottiers appartenaient à la grande classe des corporations qui portaient le titre des quatre métiers couroimès. Cela venait, si je ne me trompe, des quatre saints couronnés qui passaient pour avoir été statuaires (Cf. Ciseau); d'où était venu, surtout en Belgique, l'usage de placer une petite couronne sur le marteau des saints qui présidaient aux industries classées sous cette dénomination. Or le cuir même se bat au marteau, pour ètn; serré (comme on dit.)

Saint Kloi est bien connu, principalement en France, , comme patron des orfèvres, et même des maréchaux (Cf. Ciidsse, j). 20/1; Cheval, p. 209; etc.). Sa représentation la plus habituelle en costume épiscopal, mais avec un marteau à la main, avait donné lieu au dicton picard : i( Froid comme le marteau de saint Éloi, » parce que l'on ne voit jamais ce marteau en mouvement. A titre d'orfèvre, on pourra le trouver peint quand il présente deux trônes au roi Clotaire'.

Le B^ GEOFFnov {Gaufridus) de Loudon, évoque du Mans; 3 août, 1255. Dans son diocèse on prétend qu'il a sculpté lui-même le portail de l'église de Sillé-le-Guillaunie. H voulait pousser plus loin sa coopération même matérielle. Mais comme il prétendait y établir les Chartreux, ou peut-être fonder leur monastère près de là, diverses importunités lui firent abandonner son premier ])rojet. Aussi renonça-t-il à son rôle d'artiste, disant que sa Chartreuse s'élèverait au lieu où tomberait son marteau. Cet instrument lancé par l'homme de Dieu, aurait été s'abattre dans les rochers de Saint-Denys-d'Orques, à six lieues de la collégiale -. Bien entendu que les Bollandistes n'ont pas connu ce récit, qui paraît être une forme populaire et tout à fait locale du souvenir des

1. Cf. Surimii, 1 ilccfiiilir. — l.c fauleiiil de Dagobert a doniulieu à (les rcclioixlies importantes do M. Cli. Lcnormaiit, dans ims Mélanges d'Archéologie, etc., t. I, p. 157-1',I0; et 239, svv. Mais le Miiiveiiir s'en conservait dans une prose du missel d'Amiens '' 1.V20) : K Kogi funnans vas ex auro, Certum sumpsit ex Ihosauro Et pondus et pretium.

Auri pondus duplicatur, In hœc duo rex mîralur Pondus et ingenium. * ■J. D. Piolin, llisloire de l'Eglise du Mans, t. IV, p. 375, sv. — <iela ressemlile beaucoup ;\ l'historiette des Allemands sur la hache lie saint VVolfgan;; [supra, p. ITil.

soins que prit le bienlietireiix pour la restauration spirituelle et temporelle du chapitre de Sillé.

Saint Gervais martyr (Cf. Arbre, p. 6/i; etc.). On lui met quelquefois en main un marteau, comme instrument de son supplice; mais ce semble être une manière bizarre d'entendre la signification du mot plunihatx, dont le .sens mal défini a donné lieu à diverses interprétations des artistes' (Cf. Fouet).

Saint Reinold (ou Bainald) bénédictin à Saiht-Pantaléon de Cologne, et martjr; 7 janvier, 960. Il dirigeait les constructions dans l'abbaye ; et les ouvriers trouvant qu'il les suivait de trop près, l'un d'eux lui cassa la t(jte d'un coup de marteau*. Au lieu de marteau, l'ouvrier tient quelquefois à la main une têtue ou une boucharde, pour indiquer un tailleur de pierre. Quant au saint religieux, il passe pour avoir appartenu à la famille des "Carlovingiens.

Saint Fazio (Fatio, Facius), orfèvre à Crémone; 18 janvier, 1272. 11 n'est guère connu qu'en Lombardie, quoiqu'il ait fait plusieurs pèlerinages en Galice et à Rome^

Saint Ampelius (Ampelles, etc.) honoré à Gênes, surtout par les forgerons, paraît être le même que saint Apelles d'Egypte (Cf. Enclume, p. 347). On veut qu'il soit venu mourir en Ligurie '. C'est lui qui jeta, dit-on, un fer rouge au visage d'une femme venue pour le tenter.

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