MÉDAILLE
Saint Cïriaque, ou Quiriace, martyr (CL CroiX p. 281). C'est question fort débattue que de savoir s'il fut évoque d'Ancône ou de Jérusalem. Mais les Croisiers (cruciferi) de Belgique surtout, et d'Italie, prétendaient avoir en lui le premier auteur (si ce n'est le réformateur) de leur institution. Ils l'ont représenté à diverses reprises tenant une sébile qui contient des médailles marquées de la croix.
Comme l'Ordre était hospitalier, cet emblème pourrait avoir signifié primitivement les aumônes recueillies en faveur des pauvres ou versées entre leurs mains. Il semble pourtant qu'on y ait voulu voir un souvenir de l'ancienne monnaie d'Ancône qui portait l'effigie de saint Cyriaque et la croix *. .Mais si les Anconitains prétendent exalter ainsi le titre de civitas fidei porté jadis par leur ville, la monnaie de cent autres villes et contrées leur donnerait d'innombrables compétiteurs; et la vieille foi d'Anœne pourrait bien n'être que la loyauté de féaux sujets envers leur suzerain, le Saint-Siége apostolique, dans la guerre contre le Gibelinisme.
La médaille de saint BenoU n'a pas besoin de nous oc-
cuper ici après les explications qui en ont été données précédemment sous les titres Chiffre et Banderole,
Saint Benoît, et La croix de sa mé<]aille.
p. 219, sv.; etc. Bappelons-la néanmoins aux yeux du lecteur, pour qu'il s'y reconnaisse sans peine, et puisse en retrouver facilement le sens véritable par le rapprochement des abréviations sommaires (p. 550) et de leur interprétation ancienne (dans cette figure).
L'allusion au venin du vieux serpent [ipse venena bibas) montre bien que cette médaille s'applique à saint Benoît qui faillit être empoisonné; mais la croix est depuis la Rédemption un préservatif adopté par tous les chrétiens contre les embûches du diable. L'Office ecclésiastique dit : « l'ar le signe de la croix. Seigneur, délivreznous de nos ennemis. » Aussi rencontre-t-on fréquem-
1. Cf. MorceUi, Africa chrisliana, t. fil, p. 141. 'i. llaguAog. italic, t. II, p. 18i.