NAVETTE ET OUTILS DE TISSERAND
Les anciens métiers à tisser faisaient fabriquer l'étoffe sur un plan vertical, au lieu de la situation horizontale que lui donnent les appareils d'aujourd'hui. Je le dis sans me donner la tâche d'appuyer cette assertion sur des renseignements archéologiques que l'on rassemblerait sans beaucoup de labeur, mais auxquels je ne vise pas dans ce livret 11 s'agit uniquement de rendre plus reconnaissables les représentations de tisseranderie qui se rencontrent dans les peintures des saints.
Commençons par signaler la tiiks-sainte Viehge que l'on voit fréquemment devant un métier à tapisserie ou à étoffe, quand il s'agit de retracer les occupations de son enfance dans le temple de Jérusalem. On l.i représente ainsi dans les boiseries du chœur de la cathédrale d'Amiens, si mes souvenirs ne me trompent.
5. Pour qu'on ne m'attribue pas la pensée de fuir les nclitrclic» d'érudition quand elles peuvent être utiles, citons au moins le doctr P. Lupi, Dissertât, ad Severm martyris epitaphium: ei Kurlanetto, V. .Stamen. I.anzi en dit quelques mois dans ses notes sur Hésiode (Opéra et (lies), v. 779; p. 205. Ce prorédé de tissage eut la vi<' dure chez nous, comme le montrent les sciilplures exécutées .sur le» stalles du Chapitre d'Amiens au \\i' siècle.
NAVKTTE. — NKGRK.
Nous avons vu ailleurs (Cf. Fuseau) que l'Églisi! grecque la montre (ilant, lorsque l'ange vient lui annoncer que h; Fils de Dieu l'a choisie pour devenir sa mère '.
Smnt Sévkhk évêqtie de Ravknne (Cf. Colombe, p. 2/i0). On raconte (jue tisserand de son métier, et vivant dans la continence avec sa femme, il lui prit envie d'aller assister à l'élection d'im nouvel évê(|ue dans sa patrie. Sa fennne lui lit observer qu'on élirait bien un évoque sans qu'il s'y trouvât, et qu'il ferait beaucoup mieux d'avancer la recette du ménage. Mais comme il insistait pour s'y rendre, la femme lui dit en se moquant : « Ne vois-tu pas qu'on va te faire évoque si tu te montres là ! » Klle se trouva avoir dit plus vrai qu'elle ne pensait ellemC'me; car le bonhonnnc fut acclamé par le peuple entier, comme nous l'avons vu précédemment*.
l-'n mémoire de cette élection inattendue, on le trouve peint en costume d'ouvrier, avec une navette qui sort de sa poche; ou avec un rouleau d'étoffe sous le bras, comme s'il allait servir ses ])ratiques. En ce cas, une mitre près de lui indique l'aventure qui répondit à la plaisanterie de sa femme.
Sainte Atiianasie veuve, abbesse dans l'empire d'Orient; lli août, 860. Le travail de tissage auquel Gallot nous la montre occupée n'a pas do fondement très-clair dans la vie de cette sainte ^ , à moins qu'on n'y veuille reconnaître le portrait de la femme forte (l'rov. xxxi, 10-31), où l'Écriture sainte dit: « Elle s'est procuré la laine et le lin, et ses mains ont travaillé activement... Ses doigts ont saisi le fuseau, elle a ouvert la main au pauvre, etc. » C'est que les aumônes de sainte Athanasie étaient abondantes, même envers ceux qui n'étaient jias chrétiens*.
Un fait plus positif de sa léf,'('nd(' et qui peut s'associer aux précédents, c'est i'apparilion d'une étoile (|ui brilla au-dessus de sa tête durant son enfance, un jour ((u'elle était occupée à des travaux de femme \ De là sera venue l'idée de montrer la sainte assise devant un mélierà tisser, |)euilanl qu'une étoile ra\onne sur sa tête.
NAVIIiE. Cf. Barque, FloUe, Vaisseau.