Judic. XV
8. Le souvenir en est maintenu par des hymnes artésiennes {AA. S.S. Belgii., t. II, p. 36-38) qui analysaient la vie du saint :
f Obrio c«!co, comc» ipM régi», LaDi«a abUliim ijtinn rep«ndit;
Unde cernontes meruere cordis Sumere lumen.
Lustra belvarum dédit angeloram Base coDCsntum, DomiDique templum; Ac decacbordo reboare psalmom
Nocte dieque, > « Mortifer ursus timidus receuit Voce Vedasti prohibentis. Etc. » '
9. La mention de l'ours ou du loup ( que je soupçonne de sj-mbolisme) se trouvait néanmoins dans les biographies antérieures au remaniement fait par Alcnin. Cf. A A. SS. Belgii., t. Il, p. 39-43; 54, gq. De là, sur des méreaux. de saint V&t dans la ville de Béthune, une crosse et un ours; caractéristique trés-suflisante pour uii pays o\\ le saint était bien connu.
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oiins.
lût déchiré par des bêles farouches. Mais un ours lâché contre lui, ne fit que lui lécher les pieds'. Tous les spectateurs saluèrent ce prodige par des cris d'admiration; et le roi lui-même comprenant qu'il y avait là quelque chose de plus qu'humain, congédia respectueusement l'évêque en se recommandant à ses prières.
Saint Corbinikn, évéque de Frisingue; 8 septembre, 730. Dans un voyage qu'il faisait de France à Rome, comme il passait par la Bavière, un ours dévora la bête de somme qui portait le paquet du serviteur de Dieu. Mais celui-ci, dit-on, chargea le voleur de remplacer sa victime et de payer ainsi le larcin. Aussi quantité de gravures allemandes représentent saint Corbinien escorté de son ours bâté. Le même fait se raconte de plusieurs autres saints en divers pays; comme à Ourcamp pour SAINT Éloi. Mais quant à l'apôtre de la Bavière, nous pouvons y chercher autre chose que la conversion des païens. On voit dans sa vie qu'il convertit un criminel condamné à la potence, et dont il fit son disciple -. L'ours dompté ne représenterait-il pas ce malfaiteur devenu le compagnon d'un homme de Dieu, et se soumettant à sa direction? Cependant il faut dire que le récit de l'ours bâté est dû à l'un des contemporains du saint, et qui lui succéda sur le .siège épiscopal. S'il ne s'agissait que d'Othon de Frisingue, on pourrait soupçonner que le symbolisme avait pu s'introduire dans la narration durant les siècles qui séparaient ces deux évoques.
Saint Maximin, évèque de ïrèves; 29 mai, 3Z|9. On lui atlribue la même histoire d'ours que nous venons de voir 'pour les précédents'. On pourrait absolument y chercher un emblème du bonheur avec lequel il réussit à ])réserver son peuple des ravages de l'arianisme; car il vécut au moment où celte hérésie était patronnée par la puissance impériale, et ce fut lui qui accueillit saint Atlianase pendant l'exil de ce grand hounne.
Saint Jacques, évêque de lAiiENTAiSE. Cf. Charrue, p. 20/|.
Saint Gali. (Cf. Aumône, p. 93; Ermites). Je donne ici
1(( sceau de l'abbaye fondée par cet illustre moine irlandais, et qui a laissé sou norn ù l'un des cantons de la Suisse.
Je l'ai fait dessiner d'après une épreuve en cire qui m'avait été communiquée obligeamment par M. Peigné- Delacourt, revenant d'un voyage dans les Alpes. On y voit l'animal recevant sa nourriture des mains du saint abbé, après l'avoir servi. Ailleurs, l'ours porte du bois sur son épaule pour servir les moines ; et l'on raconte que le saint lui payait sa récompense en le nourrissant pour sa peine'. L'érection d'un monastère et la prédication du christianisme parmi ces rudes montagnards semblent bien avoir été indiquées par les vieux artistes quand ils ont employé cet attribut. Assurément Dieu est le maître (le glorifier ses saints par des miracles qui dérogent à Tordre commun; et l'ours, comme on le sait très-bien (en Lithuanie, par exemple) est susceptible d'une certaine éducation , moyennant quoi on le charge même (le plusieurs services domestiques. Cela devait d'autant
1. 1>. (le Natal., lil). l.\, cap. xi.ui.— Cf. Grog. M. IJMuy., lib. III, cap. M.
i. Les princii)aiix miracles de saint Corbinien sont énumérfe dans le Tliesaurus... de D. l'oz, t. 111, P. m, p. 78. — AA. SS. Septembr., t. III, p. 28ô. La conversion du criminel qu'il ressuscita, est rapportée par le P. Lon;;ueval dans VHisloire de l'ËnUse gallicane, livre XI, A. 718; et ce fait est rapproché de l'Iiisloire de Tours dans une séquence du missel de Frisingue (1579, in-fol.), pour la translation de saint Corbinien :
« l''elis confessor cujus fuit sanctitatis index fera bestia; t^iiœ duui jubelur, luîsutu plaçât atque lenit mira per obsequia.
(Quidam latro j)erimendus, Crucisquo triduo patibulo suspensus, Prece saocti libor.itur. »
Cf. Ibid., prose {Deus deonim) pour la fête du saint. Les deu\ prodiges y sont encore rapprochés.
11 peut être utile de citer aussi une hymne [Ave pastor bone) du bréviaire de Passau (lô"2l). On y verra le souvenir de l'ours, avec d'autres faits que nous n'avons pas rappelés tous, saint Corbinien avant cessé d'éti-e bien connu en France :
« Sumens donum piscis, Te tuosque pascis Kame perurgente, Aqiiila ferente.
Solvitur a nece Crucis. tua prece, Latro triduanus.
Virga fodis fontem
Unda rigat montem , Signum hodiernum Manat sempiternum.
Vitam prsecellenti ( Vice prœfocati ? ) Kvecti((iicc(i?) jumenti, Cursu mansuetus Sagma defert ursas.
Etc. »
Dans ce que ces strophes ont d'embrouillé, il faut tenir compte d'une difficulté que s'imposait l'auteur: cherchant à maintenir toujours le premier mot de chaque ([uatrain comme pour VAve maris Stella.
3. Supplément, ad Legend. auream (Lovan., 1485), fol. Ixxviii.- Cf. Calles, Annales Ecclesiœ germankœ, t. J, p. 105, sq.; etc.
4. IMél. Du Méril, Poésies populaires latines antérieures au \ii' sièc(e,p. 11)0.— Ch. de Montalembert, Moinesd'Occident,t. \l,p. 484.
Il y a eu en Suisse un Ordre de l'ours, établi au xiii« siècle pour illustrer le souvenir du fondateur de l'abbaye, et la rattacher à l'empire germanique. Ceci soit dit sans préjudice des Bernois, qui nourrissent pieusement plusieurs ours en mémoire du vocable de leur ville ' llœhren).
OURS
ÔOS
plus réussir avec des hommes d'une humeur toujours égale et affectueux pour les œuvres du Créateur, comme sont les saints ; mais l'ours ligure si fréquemment dans nos légendes, que la domestication de ces animaux ne semble pas avoir pu être un passe-temps si habituel des saintes gens. J'y verrais plutôt, en bien des cas, un emblème de la civilisation opérée par les hommes de Dieu dans leur entourage. La poésie grecque avait déjà employé le même artifice au sujet d'Orphée, auquel on prêtait même la puissance d'entraîner les rochers et les bois par ses accents. Nous savons qu'ORPHÉE avec son mythe, était accepté dans les premiers siècles de l'Église comme symbole de INotre-Seigneur gagnant les âmes par sa divine condescendance à leurs faiblesses, surtout après avoir pris notre nature. Il n'y a donc pas de quoi être surpris quand nous voyons le haut moyen âge adopter une figure assez semblable pour exprimer l'œuvre des prédicateurs de l'Évangile.
Saint Arice, évêque de Gap (Cf. Pourceau). Outre une histoire de sanglier que l'on verra en son lieu, on lui attribue la pénitence imposée à un ours qui avait mangé la bête de somme employée par l'évêque à son retour d'Italie. L'animal farouche fut chargé d'escorter le saint homme jusqu'à sa ville épiscopale. Congédié après cette corvée trop juste, l'ours reparut aux obsèques d'Arige, et ne manquait pas chaque année de revenir pour l'anniversaire du prélat; ce qui eut lieu tant que la bête ne fut point cassée de vieillesse '.
Saint Canoel {Chagnoaldus, Chainoaldus, Clianoaldus, Arpicaldus, etc.), évêque de Laon après avoir été disciple de saint Columban ; 6 septembre ou 23 août, v. 634. Un ours près de lui. Ce peut être un souvenir du grand saint dont il avait embrassé la règle. Mais la légende dit qu'il rencontra des ours, en allant faire la récolte des pommes pour le monastère. Revenu près de son abbé, il lui expliqua son embarras; et le saint Irlandais lui dit de faire le partage en donnant les mauvaises pommes à ces pauvres bêtes, pour qu'elles ne fussent pas absolument frustrées'. Les animaux acceptèrent leur portion sans trop de résistance. C'était en Suisse; et lorsque saint Columban passa les Alpes, Canoël revint à Luxeuil, puis en Brie d'où était sa famille. Ce fut là qu'on l'élut pour évêque de Laon.
Saint Guilain (Ghislain, Gisknus), abbé en Hainaut; 9 octobre, 681, On en a fait un évoque, et l'on veut qu'il