Itasatta, De admirandis..., t. I, libr. VU, cap. i, S
7. iNous avons fait observer un cet endroit que la légende du pain changé en fleurs se répète pour plusieurs serviteurs de Dieu.
8. Gen. xiv, 18-20. — Ps. cix, 5. — Hebr. vi, 20; vri, 1-2 i.
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pourquoi on le voit souvent sur les vases sacrés du moyen âge. Nous l'avons vu peint de la sorte au sommet de la première letlrc (Te Ujilur) du canon de 'la messe dans le Sacramentaire de Drogon'.
Si éloignée que soit cotte gravure, donnée au commencement (le noire premier volume, il vaut peiit-êlre mieux ne pas la répéter ici et puiser à une autre source. Présentons tout simplement cette fois ini fond de patène
(lu niou'n âge (à Hikleslieim, si je ne me Ironqie), où le défaut d'espace n'a fait donner à Melcliisédecli que la coupe (lu vin; mais nul lecteur intelligent n'y sei'a lronq)é. L'Ancien Testament et le Nouveau se servent à ce sujet de paroles assez claires pour qui veut comprendre-.
Là nous n'asons que les sacrifices de la loi de nature: Abel, Noi'^ Melchisédech; et Jésus-Christ au sommet ou encore dans le centre, montre qu'il n'a rien à faire avec le sacerdoce mosa'ùjue. Cette figure de seconde main est écartée par les (i/pcs primitifs, conformément à la doctrine de saint Paul (Cf. C. Van den Sieen, in Ilebr. v, vu. — Augustin.,!» Ps. cix. — Bed.. in llebr. v, vu. — Ambros., Dr .\oe, 79; »! Luc, libr. 111, :21. — Etc.).
Le prophète Élie recevant lui jiain que lui apporte un ange (111 Reg. xix, 3-8). Il fuyait la ])erséciilioii, et sem-
blait près de s'abandonner au désespoir, lorsque lui vint le secours du Ciel. L'Église fait mention de ce prodige dans rOflice du saint Sacrement {Malulin., respons. 3), et nous y indique un symbole (type) du pain surnaturel qui doit soutenir le chrétien dans les épreuves de la vie terrestre {usque ad moniem Dei).
Habacuc. Il est beaucoup plus reconnaissable à l'ange qui le porte dans les airs par les cheveux, pour secourir le prophète Daniel livré aux lions '; mais on le voit aussi tenant .soit du pain, soit le vase où il avait préparé la soupe pour les moissonneurs lorsqu'il fut mis en réquisition par l'envoyé céleste.
Le prophète Abdias (Cf. Cruche, p. 301). On lui fait porter, outre le vase d'eau , du pain qui rappelle ses .soins pour les prophètes persécutés par le roi d'Israël.
Saint Jacques le Mineub (fils d'Alphée), apcMre; 1 mai. De graves témoignages .s'opposeraient à son identification avec le premier évêqiie de Jérusalem*; mais les artistes, surtout en Occident, n'ont pas considéré toutes' ces distinctions. Ap(jtre ou simple disciple, Jacques le Mineur a pas.sé pour être celui à qui Notre-Seigneur s'adressa dans le dé.sert (Joann. vi, 5, sq.) avant la multiplication des pains. Aussi plusieurs l'ont-ils représenté portant deux ou trois pains, pour rappeler cette circonstance de l'Évangile. Je laisse aux gens de Limoges et autres, le soin de réclamer cet attribut pour saint Martial et n'importe quel ancien évoque des Gaules, dont on a fait le petit gar(;on qui fournit des pains à la multitude affamée.
Saint Nicolas, évoque de Myre (Cf. Globe, p. kh^; Aumône, Bourse). J'ai dit déjà que les artistes italiens, et quelquefois les allemands après eux, lui mettaient à la main (ou sur un livre) trois globes qui souvent sont dorés. Selon quelques auteurs, cela signifierait trois pains; ailleurs c'est un seul. Pour moi, je pense qu'on a voulu exprimer ainsi les trois sommes d'argent (bourses, auri massa ou jjondus) qu'il déposa secrètement chez le père pauvre de trois jeunes filles, afin qu'elles pussent être dotées. Chacun choisira entre ces divers avis celui qui sera plus à son gré ^, s'il ne .s'agit que de goût. Mais lorsque André Sabbatini représente notre saint donnant ces trois boules à trois filles agenouillées, pendant qu'un vieillard le montre du doigt, il s'agit évidemment des trois dots. Dans le même tableau, trois hommes agenouillés aussi à gauche du saint pourraient passer pour les époux; mais tous ne sont pas d'âge à être des fiancés, et la corde qu'ils portent au cou annonce que ce sont les prisonniers délivrés de la mort (autre miracle du
I. (;f. Aijneau, p. 21, sv. ("(îst re\pressioii d'une prière que dit le prùtrc (111 instant après la consécration : n Siijjra quie propitio ac scrcno vultu respicerc digneris; et accepta liaberc, sicuti accepta IuiIm'ic dignatus es mniicra pncri tni justi Abel , et sacrificium ]iatriaiclia; nostri Abralia' ; et ([uod libi obtnlit suninnis sacerdos liius McIcUiscdccli, saiKUiin sacrilicinm, ininiuculatain liostiani. "
'2. Voyez les textes cités tout à l'heure. — 3. Dan. xiv, 28-38.
i. Cf. AA. SS. Maii, t. I, p. 18-34. — Martinov, Ann. eccles. urœco-stav. (Ibid., Octobr., t. XI), p. 117, sq.; 139, 243.
îi. Butti, Vie et miracles de saint Nicolas, livre 111, ch. x. — Gerlicrt, Velus lilurnia alemannica, p.20G, — Mercure de France . 1729 (décembre), p. 2'.)«0, svv.; etc.
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saint évêque de Myre). Cf. p. 30^. Cependant la légende du saint parle aussi de blé procuré par lui à ses compatriotes dans un temps de famine '.
Saint Aubert, évêque de Cambrai (Cf. Ane, p. 31). On peint souvent près de lui des boulangers qui enfournent ou pétrissent le pain, parce qu'il est honoré comme leur protecteur dans les pays flamands.
Saint Honoré, évêque d'Amiens; 1G mai, vers 690 (Cf. Boulangers, p. ikh; Main divine, Pelle). Les boulangers de France l'ont choisi pour leur protecteur, comme ceux de Belgique s'iadressent à saint Aubert. Si l'on m'en demande le motif, je proposerai timidement de s'en référer à cette circonstance de sa vie où l'on veut qu'une main divine lui ait présenté le pain d'autel, soit avant, soit après la consécration *. Mais les Picards donnent une autre origine à ce patronage. Selon les gens du Ponthieu, dans le bourg où le saint était né, inie femme venait tremper dans la mare commune l'écouvillon de son four' au moment où d'autres s'entretenaient là du décès tout récent de Tévêque. Conformément au vieux dicton : « Nul n'eet prophète dans son pays, » celle-ci ne voulait pas croire aux prodiges que l'on racontait du saint. Enfonçant donc son bâton dans le sol de la mare, elle dit avec une sorte de colère: <( Si celui-là est un saint, je veux que ce bois reverdisse ! » Là-dessus le fourgon, on l'écouvillon se mit à pousser des branches, et l'on prétend qu'il devint un mûrier.
Saint Landry (Landericus), évêque de Paris; 10 juin, vers 660. Distribuant des pains.
On lui attribue la fondation de l'Hôtcl-Dicu de Paris; et, quoi qu'il en soit de ce fait particulier *, il a laissé dans l'histoire un souvenir charitable exprimé ])ar les artistes de la façon que nous venons de dire.
Saint Julien, évêque de Cuenca; 28 janvier, 1208. 11 est surtout célèbre par ses aumônes, qui le réduisaient lui-même à vivre de privations. Dans une famine. Dieu béhit sa charité en lui envoyant un convoi de vivres, sans que l'on sût de quelle part venait ce secours inattendu. Après avoir été déchargé(?s, les bêtes de somme (pii avaient apporté ces provisions partirent sur-le-champ, et l'on ne put .savoir où elles étaient allées.
Saint Abnou, évêque de Sois-sons (Cf. Armes, p. 73; Fourche, etc.). Béni.ssant un pain et un broc''. Quelques pains et quelques mesures de boisson sullirent ainsi à nourrir plusieurs centaines de paysans. Je pense que ce pourrait bien être l'origine du patronage que lui ont déféré les brasseurs et les meuniers de Flandre; d'autant plus qu'il avait prêché dans leur pays, et réconcilia les >?ens de Furnes, d'Aldenberg, etc.
Saint I'aui-, évêque de Lf:oN (Cf. Dratjnn, p. 317; etc.).
I. I^ijcnda niir.. cap. m, S *• . 'i. I'. de .Natal., libr. II, cap. r.wxvir.
n. U'aiilre<) vciiloni que ce fill un fourgon tout en bois, qu'il s'agis- «ait (l'i'teindre après s'en ùlre servi |)Our retirer la braise ardente.
On le voit quelquefois représenté ayant près de lui un morceau de pain grossier avec un pot d'eau, parce que
Saint l.andrv.
C(^ fut là toute sa nourriture pendant fort longtemps; ce qui ne rem[)êcha pas de vivre cent années'"'.
Saint Syr, évêque de Pavie (Cf. Iloslie, p. ;i79). Conformément à une légende lombard(! qui veut (jue ce saint
i. Cf. I^beuf, Histoire. ..-de Paris, t. I. p. T.), 'iti. — S.iuvnl, Histoire... (le la ville de Paris. VII, p. 2r)i; IV, p. :i'20, .IH:), »v. î). Calenlar. henedicl., ITiaugusti.
li. Calendar. benedict., 13 inart.
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ait été l'enfant dont il est parlé dans l'évangile de la multiplication des pains, n'iglise de Pavie en fait mémoire particulière le (|uatrièine dimanche de carême à propos de l'évangile qui raconte ce fait. L'on y distribue même aloi-s des pains marqués de l'efTigie du saint évoque, avec ces paroles : Vivo panipanern prxbuil SyrusK
Je laisse aux Limousins et autres le souci de discuter cette question avec les Lombards; car, comme je viens de le faire observer, il ne manque pas d'Églises qui prétendent avoir eu pour premier évoque l'enfant aux pains et aux poissons.
Saint Elphkge, archevêque de Cantorbéry (Cf. Hache, p. 175). On le représente distribuant des pains, parce que dans une contagion il guérit les malades au moyen de cette nourriture qu'il avait bénite *. 11 était alors prisonnier parmi les Danois qui avaient envahi l'Angleterre, et les délivra ainsi de la maladie qui infestait leur armée; ce qui ne l'empêcha pas d'être tué par ces barbares.
Saint Hubert, évoque de ïonghes (Cf. Cerf, p. 183, sv.; etc.). Dans les Ardennes et en Belgique, on bénit en son honneur, le jour de sa fête, de petits pains qui sont souvent employés comme préservatif contre la rage, la ])este, etc.
Saint Foulques de Plaisance, évêque de Pavie ; 26 octobre, au commencement du xiii" siècle. Refusant le pain que lui offre une servante. On raconte que, pauvre écolier et demandant par les rues de quoi vivre pour s'entretenir dans ses études, il ne voulut rien accepter sous la condition, qu'on lui imposait, de renoncer à l'épiscopat.
Le même refus est prêté à Maurice de Sully, auquel Paris (loil sa catiiédrale. Quoi qu'il en soit, les hagiographes s'accordent à dire que le fait est réel pour noire saint ^; et plusieurs gravures populaires l'ont représenlé. On ajoute que, devenu évêque, il se montra |)lein deciiarité pour les nécessiteux dont il avait éprouvé la détresse (CL Aiunônc, p. 92).
Saint O.NUPiiRE (CL ErmUes, p. 380; Feuille d'arbre, Barbe, etc.). Sa légende raconte qu'un ange lui apportait de temps en temps du pain et de l'eau dans sa solitude pour le nourrir.
Saint Nicolas de Tolentino (CL Etoile, p. 389, sv.; Bras, etc.). On représente souvent près de lui trois pains,
ou une corbeille qui en contient un nombre quelconque, ou un seul pain marqué d'une; étoile. C'est que le saint multi])lia la farine dans un pauvre ménage, en reconnaissance de l'aumône d'un pain que lui avait donné la femme au risque d'être désapprouvée par son mari. Ce miracle a été l'occasion de bénir de petits pains en son honneur, qui sont distribués comme ressource contre les maladies*.
Saint Alfieri {Aljerius, Alfiere), abbé de la Cava; 12 avril, 1050. Je l'ai placé ici à cause de la ressemblance que peuvent présenter des oeufs avec de petits pains. Mais c'est vraiment .sous le titre Œuf qu'il faudra chercher cette caractéristique.
Saint Marcou abbé (CL Cou, p. 263, sv.). On raconte que le diable lui apparaissant sous la forme d'une belle femme qui prétextait la misère pour recourir au saint homme, celui-ci bénit un pain avant de le donner en aumône ; ce qui ne faisait pas le compte du tentateur '.
Saint Godefroi de Kappenberg, prémontré (CL Armes, p. Ih; Église, etc.). Du pain et un broc près de lui, peuvent faire allusion soit à ses charités pour les pauvres, soit à l'abstinence qu'il s'était imposée, ne vivant guère que de pain et d'eau.
Saint Josse (CL Bâion, p. 128; Couronne, Ermites, etc.). On le représente donnant à un pauvre le seul pain qui lui restât; de quoi il fut bientôt récompensé par l'arrivée de bateaux chargés de provisions. Cette assistance divine fut une bonne leçon pour les disciples du saint, qui avaient blâmé son imprévoyance '.
Saint Berciitold, abbé de Garsten (Steyergarsten) dans la haute Autriche; 27 juillet, ll/i2. La pêche (dans l'Ens) étant insiillisante, il multiplia les poissons en les bénissant (CL Poisson). Mais un de ses religieux, trouvant que l'abbé excédait dans ses aumônes et que la communauté risquait d'être fort réduite par cette imprudence, retint de l'argent et des pains que Berchtold avait envoyés aux pauvres. Le saint, pour condamner cette économie faite aux dépens de l'obéissance et de la charité, ordonna que l'argent et les pains fussent jetés à la rivièrrf'.
Saint Columba (Colombkill), abbé dans l'île de Hy'; 9 juin, 597. On le voit souvent tenant trois pains dans sa main, ou ayant près de lui un panier de pains.