‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 228 sur 589 · PALME. — PAON · texte numérisé non relu

PALME. — PAON

Calvaire*; et nous avions en France, aussi bien qu'en Italie, le mot Paumier (Palmej-io), pour désigner ceux qui avaient été en Terre sainte.

D'après ces indications, on peut généralement prendre pour martyr quiconque tient en main une palme dans les représentations chrétiennes. Mais nous venons de voir que cette caractéristique n'est pas à l'abri de toute erreur; elle exprime d'ailleurs une désignation si commune, qu'on ne déterminera pas facilement le nom d'un saint ou d'une sainte qui se présenteraient avec cet unique attribut. Ainsi un diacre portant une palme, ou l'ayant près de lui, laisserait le spectateur dans l'embarras si des pierres, un gril, un corbeau, ou tout autre complément ne désignaient par surcroît saint Ktienne , saint Laurent, saint Vincent, etc.

Saim Raymond Palmerio (Cf. Croix, crucifix, p. 293). Celui-ci n'est pas martyr, et la palme qui lui a valu son surnom n'était que signe de pèlerinage.

Cette coutume, dont j'ai déjà dit un mot, est indiquée dans un vieux récit portugais du xi« siècle. On y voit qu'un chevalier de Bonn, du nom de Henri, ayant été tué à la prise de Lisbonne sur les Arabes, une palme poussa près de son tombeau ; et le chroniqueur a soin d'ajouter que c'était le signe des pèlerins de Jérusalem. Le texte même semblerait indiquer qu'en Portugal du moins, les pèlerins prenaient la palme dès leur départ pour la Terre sainte *. On sait que les expéditions contre les Maures de la péninsule hispanique furent plus d'une fois assimilées aux croisades d'ojilre-mer.

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