II. PATRONAGES
DES VILLES ET CONTRÉES, PROFESSIONS, MALADIES ET NÉCESSITÉS OU DANGERS, ETC.
Dans la liste des patrons qui précédait celle-ci, je m'étais imposé une certaine réserve et des vérifications fréquentes. Aussi penst'-je avoir rectifié diverses inexactitudes qui avaient échappé à mes prédécesseurs. D'autres mo corrigeront à leur tour; et avec les années, il deviendra plus facile d'établir une notice exacte en même temps que complète. J'avais préféré borner mes assertions; au risque de supprimer des indications utiles, quand elles semblaieni douteuses ou dilliciles à constater. Ici, pour (juc nulle (lonnt'ene manque aux compilateurs futurs, je serai moins circonspect. La liste dressée par le général Radowitz, et augmenti'tï pour la Cirande-Bretagui? par ^L llusenbeth", sera la base principale de celle-ci, qui la suivra presque à l'aveugle; tout en introduisant plus
d'une addition quand il se présentait quelque lacune évidente (ce qui est arrivé de temps à autre, surtout pour la France, l'Espagne et l'Italie). Cependant encore une fois, ma responsabilité est un peu moins engagée ici que précédemment ; et cette dill'érence de rédaction pourra servir de contre-partie à la sobriété, exagérée peut-être, de la notice consacrée aux saints par ordre alphabétique. J'ai mêlé à la nomenclature géographique la liste des professions et nécessités qui se réclament de divers patrons; mais toujours en les distinguant de l'autre série par les caractères italiques réservés à cette classe de titres.
Pour les deux catégories de faits on n'a pas même pris soin de niveler le tout, en transvasant (pour ainsi dire) le contenu d'une table dans l'autre pour n'avoir jamais l'air de se déjuger ou de laisser quoi que ce soit en arrière. Franchement, chaque série est le résultat d'un glanage presque isolé. Ce qui ne pouvait pas être définitif, pourquoi lui donner la mine malhonnête de besogne conduite à sa fin? Professons tout bonnement qu'il ne s'agit que de matériaux provisoires pour un essai qui n'est pas encore mûr. La numismatique du moyen âge ira bien plus loin, quand elle aura sondé les sources populaires dont nous ne creusions guère la formation souterraine il y a quelque trente ans. Après les méreaux et plombs historiés, viendront les médailles de pèlerinages qui recèlent maintes données singulièrement curieuses; mais que l'on ramasse à peine aujourd'hui, faute d'en apprécier la portée historique. Le temps venu, on dira que j'étais trop incomplet; et plus d'un, jusque-là, aura dit que j'amoncelais des vétilles parfaitement oiseuses. Tel même qui aura profité de ces vétilles, se gardera bien d'en convenir.
Beaucoup d'autres indications néanmoins pouvaient dès maintenant prendre place ici, qui ont perdu de leur actualité depuis que nos populations laissent tomber chaque jour une multitude de pratiques chrétiennes. Cela ne laisse pas d'avoir sa valeur historique pour les siècles passés ; et je puis absolument y suppléer en renvoyant au P. Théophile Haynaud, dont l'érudition mérite d'être un peu plus consultée qu'elle ne l'est à notre époque (Cf. Theoph. Raynaud. 0pp., t. Vlll, p. /|76-591, etc.).
En signalant moi-môme (ici comme précédemment) des sources d'information supplémentaire, je laisse assez voir ([ue tout n'est pas terminé par ce tra\ail. L'histoire locale en dira un pi'U plus à ceux mêmes qui ne se piquent pas de compulser les bouquins; et souvent une bonne femme relèvera très ;i propos erreurs ou omissions énornu's parmi ces recherches sur lesquelles ou n'a pas laissé (]ue de pâlir dans le cabinet. Mais aussi