‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 356 sur 589 · PLUIE · texte numérisé non relu

PLUIE

Ici encore on peut recourir au titre Orage pour plusieurs saints. Ajoutons cependant sainte Scholastique sœur de saint Benoît (Cf. Colombe, p. 2^3; etc.). Son frère étant venu la visiter dans l'abbaye voisine du Mont-Cassin, où elle formait des vierges à la règle bénédictine, la sainte voulut le retenir au moment où il allait prendre congé d'elle vers la tombée du jour. Sur la représentation de celiM-ci qu'il ne convenait pas de passer la nuit hors du monastère, Scholastique joignit les mains sur la table, en y appuyant son front pour prier Dieu. Quand elle releva la tête, une énorme pluie éclata tout d'un coup, comme pour couper la retraite à saint Benoît et aux moines qui l'accompagnaient. Ce fait mérite d'être lu dans les Dialogues de saint Grégoire', on y voit que la sainte mourut à trois jours de là.

Saint Leucils, évêque deBrindes; 11 janvier, v. 399. Il obtint, après de longues sécheresses, une pluie subite qui convertit nombre de païens encore aheurtés à l'idolâtrie*.

Saint .\nnon, évêque de Vkiione; i'^ mai, v. 780. On lui , attribue un prodige tout semblable au précédent".

Saint Svvitiiin (Switliun, Sicilhnnus), évêque de Winchester; 2 et 15 juillet, S(\2. Selon le Calendar of tlie anglican church, on le représenterait parfois avec de la pluie qui tombe. C'est que les Anglais lui attribuent (comme la France du iNord à saint Médard) que quarante jours de pluie se suivent infailliblement quand il en est tombé pour sa fête. Au.ssi était-il surnommé le pleureur en Angleterre. Ce saint avait désiré, en mourant, (|u'on l'inliumât hors de l'églisi; avec les sini|)lt^s lidèles". Mais, dit-on, l'on s'avisa plus lard de vouloir

i. A\. SS. Januar., t. I, p. 072.

Ti. lirantii Hartyrntn(]. poetwuiH :

i'. \io\

fl Arenti pnefeclus optscopus Arino Veronu' Squ.-iUcnteit pliivia lattjficavit a^rox. *

ti. AA. SS. Jul., t. 1, p.321,327.

PLUIK.

l'OIGNAHI).

reporlt'i- son corps dans la cath(5(lrale, cl quarante jours de pluies conliiuii's auraient l'ail roiuprendre que riioinriie de Dieu ne se souciait point du loiil d'un honneur qu'il avait repoussé à ses derniers moments. On sait que vers cetti- é|)()(iue de l'année se lèvent avec le soleil pour notre hémis|)lière des constellations réputées pluvieuses (dans le signe du Cancer). Aussi plusieurs saints de juin et de juillet (saint Gervais, saint Jean-lîapliste, saint l'ierre, etc.) passaient-ils pour avoir le fâcheux privilège de saint Médard. On leur adjoignait même saint Urbain et sainte l'étronille' (du 31 et du 28 mai). L'autre solstice avait également donné lieu à quelques pronostics du même genre adaptés à diverses latitudes, comme pour saint Denys de Paris (9 octobre), saint Jude (28 octobre), etc. Saint Gauduy (Galdr\, [Valdericus, Gaudcricus, Guiderints, Gualderinis, Galderique, etc.), laboureur près de Tuiiioiise; 16 octobre, antérieurement au x" siècle. Je n'ai jamais vu de vieille représentation qui montrât son l\pe populaire en Languedoc. Mais il y est invoqué contic les pluies qui menacent la récolte, et cela remonte jusqu'à un fait de la vie du saint (AA. SS. Uclobr., t. Vil, p. 1107, 1117, 111'J). En somme, les Bollandistes n'ayant pu nous donner .sur lui d'autres renseignements que ceux de Tamayo Salazar, il est peut-être sage de ne pas s'avancer beaucoup sur la foi de pareil témoin. Quoi qu'il en soit, le culte de saint Gaudry persiste encore en lioussillon, où ses reliques furent longtemps honorées dans l'abbaye de Saint-Martin du Canigou.

l'LUMBAT/1': (l'LOMliEAUX). Cf. Fouets, Massue. PLU Ml'..

Les écrivains ecclésiastiques ont été souvent caractérisés par cet atlribul, pour indiquer surtout les hommes (|ui ont rédigé des ouvrages destinés à la postérité aussi bien qu'à leurs conteinr.orains , ])lutôt que prêché ou exhorté en chaire. Du moins nous sont-ils plus connus par le |)remier côlé, (|iu' par le second. Tels sont plusieurs saints Pères, (|iioi(iiie. comme évêciues, ils aient assurément enseigné les peuples du haut de la chaire. Mais les grandes œuvres (|ui nous restent d'eux ont habitué à les considérer tout particulièiement connue gens d'étude et de cabinet. Ainsi sai.nt IIilaihe, saint Atha.nase,

SAINT Alir.lSTlN, SAINT CVIULLE d'AlLX ANDIUE, SAINT AmBIIOISE, saint Li'aNDUE, SAINP AnTONIN de Fi.OHENCE, saint ISIDOIIE DE

SÉvii.i.E, entre autres, peuvent fort bien être rej)i'ésentés ainsi.

J'ai parlé de saint Chrisostome sous le titre Bouche (p. l/t3) à propos d'une légende populaire fort baroque. Vlais c'est bien autre chose dans lu pénitence de saint Jean liouche-d'Or racontée par M'' Jameson*, historiette qui

a été prêtée aussi au fondateur du pèlerinage de Montserrat en Catalogne, et dont l'origine est peut-être due à la vie de saint Jacques ermite, prêtre du Carmej {supra, p. 383).

A plus forte rai.son pour ceux qui, n'ayant pas été revêtus de la dignité épiscopale, ont en.seigné par la l)lume beaucoup plus que par la j)arole publique. Ln conséquence, saint Jéiiôme, saint Hégésippe (7 avril, 180) qui sont considérés comme les premiers historiens de l'Église, saint Ber.naiid, SAi.Nr Uonaventube, etc., ont été fréquemment peints tenant la plume. Mais je ne dois pas j)erdre de vue que ce sujet a re(,;u antérieurement, à propos du mot Livre, les principaux développements qu'il iK-ut réclamer.

La plume de paon ou d'autruche que porte parfois SAI.NTE Babbe en Flandre et en Allemagne (Cf. Paon, p. 601, sv; Phénix, p. 68^) pourrait indiquer Héliopolis, où sa légende la fait naître, et qui passait pour la patrie du phénix. Le moyen âge ne pouvant copier d'après nature ce célèbre mais introuvable animal, y aura suppléé par l'échantillon quelconque d'autres oiseaux merveilleux quoique un peu moins rares.

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