‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 359 sur 589 · POIREAU · texte numérisé non relu

POIREAU

Saint David évèque dans lo pays de Galles (Cf. Colline, p. 238). Je ne saurais dire si quelque artiste lui a jamais

1. Cf. Zaccaria, Raccolla, l. XII; diu. m (p. i'2-33), et diss. iv (p. 03, agg.; Ul, %, »K, 101-100).

2. Cr. Porewr, C'ircle of the seasons, Marcli, 1 . Selon d'autres, ce Hcmjt un signo du maigre n-Rime (|u(! s'était iinpow! le saint.

3. Si quelqu'un en voulait davantage, je puis lo renvoyer à un fort bon livre di'jjt (:it<^ plusicur» fois, et où quelques tarlies ducs à

donné cette plante comme caractéristique. Cela serait cependant possible, attendu la grande célébrité de ce saint parmi les Gallois auxquels il donna le poireau pour signe de ralliement dans une bataille contre les Anglo-Saxons-. Aussi sa fête ramenait-elle l'usage national de porter une feuille de poireau sur le bonnet en manière de panache ; comme les Irlandais se parent d'une feuille de trèfle le jour de saint Patrice, qui leur avait indiqué ce végétal comme symbole de la Trinité.

Lorsque les souvenirs catholiques ont été oblitérés par l'invasion de l'anglicanisme chez les Celtes de la Crande- Bretagne, on a voulu rattacher le poireau national de saint David à quelque souvenir historique qui ne fût point religieux et d'où l'on ne pût pas tirer un monument des haines nationales soulevées par la conquête germanique. De là l'invention d'un champ de poireaux que les archers gallois auraient occupé durant la bataille d'Azincourt ou de Crécv; en vertu de quoi le poireau rappellerait un triomphe partagé avec les Anglais, au lieu d'une lutte de races sur le sol de l'Angleterre. La légende ecclésiastique paraît beaucoup plus vieille et bien plus voisine de la vérité.

POISON

On verra sous d'autres titres {Calice, Coupe, Serpent, etc.) que les aliments ou breuvages empoisonnés ont été caractérisés par les vieux artistes au moyen d'un petit reptile, dragon, etc., dans un vase à boire. Comme l'art ne peut parler à l'esprit qu'en frappant les yeux, il fallait bien quelque signe visible où les spectateurs illettrés trouvassent l'information historique dont l'expression semblait réservée uniquement à un texte.

POISSON

Ayant déclaré à diverses reprises que je ne prétendais pas faire ici d'excursions sur le domaine de la haute archéologie, ni classique, ni même chn'tienne, il sera facile de comprendre pourquoi Vichthijs des monuments primitifs du christianisme n'obtient ici qu'une mention passagère'. En outre, les articles Pèche, Dauphin, Mets et Monstre marin ont allégé celui-ci de plusieurs faits qui ne sont donc plus à ma charge. Répétons en outre que je no me pique pas de classification zoologique irréprochable pour la science moderne.

Le jeune ToBiE (Cf. Chien, p. 214, etc.) figure à bon droit dans de nombreux monuments chrétiens avec son poisson des eaux du Tigre.

l'auteur et à l'éditeur n'empêchent pas qu'on n'y puisse s'instruire trt'îs-solidemcnt sur les anliquiti^'s chrétiennes quand ou n'a pas h loisir d'en faire une étude spéciale. C'i^st le voIuuk^ Ai: l.'lleureux {Macarius), intitulé Wagiog/ypJo. L'ancien syinholisnie du poisson y est trés-suffisammont développé, p. 13:t-IU, l!Mi, Î40. Nul hesiiin, après cela, de faire de» citations copiées de troisièuii^ main.

IW2

l'OlSSON.

Les doux représenta lions que j'en donnorai ici ont paru dc'ijii d'après les dessins du 1*. \rtiiur Martin'. Mais la première se contente de lui donner la tunique retroussée que réclamait le texte historique (Tob. vi, l-/(), et montre réellement le poisson avec queUiue chose de la gros- scur indiquée par la Bible. L'autre,

beaiK-o.ip |)luH inspirée du style classicpie, nous offre un adolescent nu qui semble revenir de quelque partit! de pèche assez ordinaire, où la i)remière proie venue aurait mis lin à son attente.

La perche qut!, tient sa main gauche pourrait passer pour une canne de pêcheur à la ligne, quoique j'aime mieux y voir un bâton de voyagi!. interprétée de la sorte, elle s'accorde beaucoup mieux avec l'histoire. Du reste, il n'est pas entièrement certain que nous aymis là un Tobie. Je ne donne ce sens que comme probable.

LKi'iiopiiiaE JoNAS (CL Arbre, p. 64; Monslre, etc.). Le poisson ou cétacé quelconque qui engloutit ce prophète (Jon. I et n), a reçu dans les monuments de l'art diverses l'onnes plus ou moins inspirées par rhisloire naturelle. (Juoi qu'il en soit, ce sujet ligure fréquemment dans les peintures et les bas-reliefs des premiers siècles, à cause (le la parole du Sauveur (Matth. xii, 38-41, etc.) qui s'en r.'fèi-t; lui-même à cette figure historique comme garantie de sa ]Mopre mission. Aussi peut-il être bon d'en donner un nouvel exemple tiré d'une lampe chrétienne pour qiu; l'on reconnaisse pins aisément les circonstances de ce Ltil historique sous les diverses apparences (pie l'art lui a données.

Autour du bon Pasteur on aper(-oit le soleil et la lune, pour l'aire voir (pi'il est le Maître du monde. A droite et à gauche, outre l'arche de Noé (Cf. Coffre) avec la colombe et le corbeau, ce qui saute le ])lus aux yeux c'est Jouas avalé ou ivjeté i)ar le monstre marin , puis se reposant à l'ombre après sa prédication chez les Ninivites (CL Arbre).

La piVlie miraculeuse, soit avant, soit après la résurrection, ne désigne jias seulement saint Pierre dans les monuments chrétiens; elle est souvent le symbole de l'Église et des !abeui-s apostoliques (CL sitpra, p. 673). Aussi (piand on voit des pêciieurs sur les sarcophages et dans les peintures des catacombes, il s'agit moins d'un a|)("itre en particulier (pie de l'apostolat lui-même continué jiis(pr;i la tin du monde, et du baptême (]iii nous

fait enfants de Dieu. Les textes anciens sur ce sujet ont été accumulés et répétés jusqu'à l'abus depuis quarante ans, comme si l'on en eût fait la découverte après les grands travaux des antiquaires (Italiens, surtout) du xvi° siècle- et du xvu'.

Saint Cokentin évêquede Quimper, ou du moins de la Cornouaille armoricaine; 12 décembre, première moitié du v° siècle. Selon sa légende bretonne, il s'était con-

struit un petit ermitage dans les bois près d'une fontaine, ne se nourrissant guère que d'herbes et de racines* sauvages. On ajoute que pour sustenter le saint homme un peu plus confortablement. Dieu fit trouver dans la fontaine un poisson de grosseur raisonnable.

Lorsque le solitaire se trouvait trop abattu par son rc'îgime végétal, ou quand il lui fallait recevoir quelque h(")te inattendu, on prenait le poisson et l'on en détachait

Page 1