‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 399 sur 589 · RAME. — RAT, SOURIS, ETC · texte numérisé non relu

RAME. — RAT, SOURIS, ETC

Saint Adalbeut dk Phussk, Miarlyr (Cf. Lance, p. 409). Une rame dans la main, parce que son martyre commencja par un violent coup d'aviron que lui donna un batelier païen de la Vistule. Conium il voulait gagner la rive opposée, il fut aciievt'; par plusieurs coups de pique, et dt^capité. Aussi le voit-on souvent revêtu de ses ornements épiscopaux, et embrassant un faisceau formé de rames el de lances. Il avait travaillé à la conversion des Bohèmes, des Hongrois et des Pruczes.

Saint VVai.iikii (Vauhir, Vohi, Walherus), curé d'Onliaye dans le Namurois; 2:5 juin, v. 1209. Tué à coups d'aviron par un de ses neveux dont il avait censuré l'inconduite. Celui-ci, profitant de l'obscurité pendant ((u'ils étaicîut tous deux en barcpie sur la Meuse de grand matin, brisa le crâne au saint homme avec inie rame'. Saint Vauhir est surtout invoqué dans les Ardennes belges pour la guérison des bestiaux.

RAMEAU. Cf. Branche,

RASOIR. Cf. Couteau.

RAT, LOIR, SOURIS, etc.

Nous ferons entrer ici tous les petits rongeurs qui figurent à quelque titre que ce soit dans les caractéristiques des saints. Signalons seulement pour mémoire , l'écureuil qui se voit assez fréquemment près des ermites dans les gravures flamandes. C'est sans doute parce que la défiance et la timidité de cet animal dont la fuite est si rapide, prête à penser que ceux qui vivent près de lui sont des hommes bien pacifiques et retirés de tout bruit du monde.

Saint Ulric évêque d'Augsbourg (Cf. Croix, p. 282; Mels, etc.). Les Bollandistes^ parlent du recours qu'on avait à ce saint pour chasser et faire mourir les loirs. Cela se faisait avec une petite boulette formée de la terre de son tombeau.

J'ai rencontré (à la bibliothèque royale de Bruxelles, si je ne me trompe) parmi des lettres adressées au père Papebroch, celle d'un Hongrois qui lui demandait d'où pouvait venir une dévotion répamlue dans les Ktats autrichiens, consistant à invoquer un saint iNicaise contre les loirs et les rats\ J'ignore quelle fut la réponse du docte Bollandisle, ou même s'il en donna une; ainsi, je

1. AA. SS. Jun., t. IV, p. 013-018. — Udnslwi-g-Duringsfeld, Calendrier belge, p. ilO, sv.

2. AA. SS. Jul., t. H, p. 90, 134, sq. —Calendar. benedict., i]ul.

3. Il Ciir S. Mcasius contra imii-os et «lires? unde mos obtiiuiit in Austria, Hnnsraria, etr., pnrtis aut valvis inscribere : .S. Xicasi, orn pro nobis: fugite, mares et glires. »

■i. S. Grégoire de Tours parle de tronvailles moins merveilleuses, mais indiquées aussi A des princes cliarituliles pour les aider dans leurs aumônes (//is(. Franc. e/iiVom., ^ 8S; éd. liuinart, p. :)8'.>).

M. 11. de la Villemarqué ( la Légende a-ltique, S. Kadok ) raconte également Tliistoire d'un grenier d'almndarice, indiqué par une souris pour tirer de la pauvreté un jeune écolier studieux qui n'avait

ne saurais décider ni le pourquoi de cette pratique, ni même quel est celui des divers saints Nicaise qu'on y avait en vue.

Saint Gontiian roi des Bourguignons (Cf. Caverne, p. 180). Un rat ou une belette*, d'autres disent un lézard, lui fait trouver des trésors dans un souterrain.

J'ai dit ailleurs que cela ressemblait bien aux légendes germaines et Scandinaves des Nrebelungen sous une forme ecclésiastique trop peu remarquée peut-être par les critiques allemands de notre siècle. Le père A. Martin, en visitant la cathédrale de Frisingue, avait été fort surpris de trouver un souvenir du Niebelungenlied dans un pilier sculpté de la crypte^ Je n'irai pas à l'encontre de ses explications; il s'agit uniquement de faire observer que l'Église avait accordé un certain accueil à ces chants nationaux de l'Allemagne méridionale". Qu'ils aient pris ensuite une tournure un peu païenne chez les rapsodes norrains , cela importe peu pour le moment. Au fond il n'y aurait pas trop de hardiesse à prétendre apercevoir dans cette épopée quelconque, les luttes dont la France fut le théâtre aux siècles des Mérovingiens. Burgondes, Francs, Goths, Huns, y figurent incontestablement; et les peuples de la gauche du Rhin ont bien l'air d'avoir gardé une commisération sympathique à la dynastie bourguignonne dans tous ces récits. Krimhilt ne serait-elle pas sainte Clotilde, dont toute la race fut si malheureuse, tant chez sa postérité que parmi ses collatéraux de Genève ? Sigfrid serait alors Clovis, l'époux préféré. Brunhild et Gudrun rappellent assez Rrunehaut et Frédégonde. D'autres assimilations importent peu au sujet présent, et les poètes allemands ou danois n'auront pas tenu à nous donner précisément des tables chronologiques très-équilibrées.Ce qui touche l'histoire prêtée au roi Contran pourrait bien être le fait de Sigurd (dédoublement de Sigfrid), que l'on donne d'ailleurs comme fils d'un roi Sigmund. Quand il tue le dragon Fafnir pour s'emparer de ses trésors, c'est à l'aide de Regin en manière d'écuyer, et avec l'épée Gram que celui-ci lui avait forgée. Or nous voyons un glaive, un écuyer, un lézard (ou tout autre animal souterrain) qui sont mis en scène dans notre historiette du saint roi de Bourgogne ; le tout pour arriver à d'énormes trésors. Ajoutez-y la triste fin des princes burgondes, et c'est assurément un contingent passable de données historiques qui se ren-

pas de quoi subvenir à son entretien. Ces récits ont un air de parenté qui semblait devoir être mis en lumière. Des cbercbeurs plus actifs, ou plus licurenx, pourront en trouver d'autres encore. Cf. Édél. Du Méril, Études... d'archéologie, etc.. p. 447, note 5.

Peut-être aussi que les richesses rassemblées par Contran Boson (ap. Gregor. Turon.,//(sf.fcancor.,libr. VU, cap. xxxvi-wxviii), se sont trouvées attribuées à la longue au roi burgonde son homonyme et son contemporain.

."i. Mélanges d'.Archéologie..., t. III, p. 9i, svv.

li. Cela s'accorde assez avec les savantes recherches de M. Fr. Pleilfer, qui regarde la dernière rédaction comme exécutée dans le sudest de l'Allemagne vers le \n' siècle.

RAT, SOIRIS.

contrent avec le poënie '. Sans trop insister sur des res semblances qui ont leur valeur, contentons-nous de les avoir indiquées pour valoir autant que de raison-. Mais

comme nos lecteurs pourraient se trouver réduits à des conjectures un pou vagues si leurs yeux n'étaient appelés

i. I! ne faut pas plus demander M't'popéc allomandc une (;<'o(çraphie bien iwnrtuellc, que de la chronologie parfaitement irréprochable. Cn voyageur islandais (ap. Wurlauf, Symbolai ad geographiam medii œvi..., Ilavnia>, 1820, p. 16) dit, en décrivant la province de Mayenre : » Sunt quoque ibi Tesqua Gnithaheidr, in quibus Sigurdus Fafnerem interfecit. » Cela n'i-st pas trop dépaysé.

î. Je n'ignore pas qne M. Pli. Ilelnr prétend rattacher les Nibc-

lungen i des allusions sur l'entrée des nations germaniques dans

l'Église (Cf. Die Vorkarolingischen chrisilichen Claubenshelden aiii

Rhein). Je ne m'y oppose pas; mais les origines quelconques de

en témoignage de cet aperçu, il peut être bon de leur présenter quelques-unes des gravures qui accompagnaient la notice du P. Martin. J'y joins ce chapiteau qui annonce l'instant où Sigurd comprend le langage des oiseaux; afin de donner à entendre ce que des traditions populaires ont pu accorder de place au corbeau ou à l'aigle dans certaines légendes des saints.

Saint Maurice de Carnoet, abbé. Cf. Corbeau, p. 256.

Le B^ Jordan de Battberg (Cf. Étoile, p, 390). Caressant une belette'.

Le B" Martin de Porres, dominicain ; 5 novembre, 1639. Il était infirmier du couvent du Saint-Rosaire à Lima; et presque toute l'Amérique espagnole le nomme le saint aux rats. Car on dit que son image déposée dans les lieux qu'infestent les souris et les rats, fait disparaître promptement ces animaux. Dans son couvent du Pérou, comme le sacristain se plaignait de voir ses étoffes rongées par les rats, et se proposait de détruire par le poison des hôtes si désagréables, le frère Martin le dissuada de cette cruauté contre des petites créatures du bon Dieu . 11 appela donc toutes ces bestioles, déposant à terre un panier qu'il avait à la main; et quand toutes eurent grimpé dans sa corbeille , il les porta au jardin ; leur promettant de prendre soin d'elles chaque jour si elles cessaient de dévaster les provisions du monastère*. C'est pourquoi on le représente une corbeille à la main, et entouré de rats; soit parce qu'il leur distribue à manger, soit parce qu'il se dispose à les transporter hors de la sacristie pour les réunir dans le jardin où il se chargera de les approvisionner avec les restes qui se perdent par la maison*.

Sainte Gertrude de Nivelle, abbesse; 17 mars, v. 631 (Cf. Familles saintes, p. kOk). Des souris, des loirs et des mulots autour d'elle, ou même grimpant sur sa crosse. Molanus* raconte que dans l'abbaye de Nivelle on

l'invasion peuvent avoir inspiré les chants divers dont se sera formé plus tard le grand poCmc qu'on nous donne aujourd'hui comme jeté en fonte tout d'une venue.

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