AA. SS. .fepttmbr., t. V, p. 208, sq
S. Cr. national., libr. I, cap. m. — Anguissola, Efhemtrid., 1813, p. 34, ig. — Buonarotti, Vetri, p. 03. — Etc.
la fuite du temps. Pour les solitaires séparés de la société, plusieurs ont imaginé de placer près d'eux le sablier qui est censé marquer le partage du jour et de la nuit, afin de mesurer les heures qu'ils voulaient donner à l'oraison. Mais il est certains cas particuliers où l'on a combiné ces deux inventions. Ainsi saint Théodose de Cappadoce ou LE CÉNOBiARQUE (11 janvier, 529) est parfois représenté avec une clepsydre et un cercueil près de lui. Nous avons donné l'explication suffisante de cette caractéristique SOUS le titre Cercueil.
SABRE
Le glaive recourbé avec le tranchant à l'intérieur de la courbe (cimeterre) ou à l'extérieur (sabre), est une arme asiatique d'origine. Aussi n'a-t-elle rien à faire dans les sujets grecs ou romains depuis les premiers siècles du christianisme. On peut faire figurer cette arme entre les mains des Huns, si l'on veut; car son nom même nous est venu des populations tartares,par la Pologne et l'Allemagne. Mais on comprend que les Russes y fassent moins de façon, et ils peuvent être très-bien fondés à peindre le sabre dans les faits de leur histoire aussi loin qu'ils la voudront reporter. C'est ainsi que SAINT Nicolas, l'un des grands objets de leur culte, est représenté ici (p. 736) le sabre à la main.
Cette image a été copiée sur une des plaques en cuivre fondu, et grossièrement émaillées, que le passage des armées étrangères (en 1814 et 1815) a laissées parmi nous. Elle servira en tout cas à donner une certaine idée du vêtement épiscopal dans l'Église grecque. On y voit par exemple l'espèce de pallium (omophore) que tous les évêques portent en Grèce sur leurs épaules, et dont les extrémités retombent par devant. On aperçoit aussi sur le genou droit, une pièce de broderie en losange, qui s'appelle ÈTn-^ovâTiov ou ûTto-jovânov. L'cspècc de chasuble antique qui se relève sur les deux bras porte le nom de phxlonium ou phienolium ; et pourrait être la pxnula (ou penula) sur laquplle on a écrit bien des commentaires à propos de la mention qu'en fait saint Paul (lITim.,iv,13).
L'artiste populaire qui a exécuté cette figure, la copiait sans doute un peu matériellement, sans comprendre tous les détails qu'il empruntait à son original. Mais qui aura vu les ivoires grecs du moyen âge où sont représentés des empereurs et des impératrices, reconnaîtra sans beaucoup de peine un coussin que foulait aux pieds le personnage ; et dont les extrémités se gonflent par la pression du centre. Les diptyques consulaires mettent souvent cette espèce de traversin sur le siège des personnages importants, et le moyen âge en fait parfois un carreau sous les pieds des princes.
3. C'est le cas de rappeler ce qui a été dit de f awt Edstache, sous le titre Ours, p. 594, sy. ; et (p. 7, etc.) sur des sculptures d'Abbeville et de Saint-Riquier *o6 l'interprétatiou se fourroyait beaucoup.
SABRE
A droite et à gauche de la tôte du saint, apparaissent sur un nuage les i)ustos de Notre-Scigneur avec l(;s initiales et les finales de ses deux noms (Jésus Chrislus) et de la sainte Vierge (avec les mêmes abréviations des mots grecs qui veulent dire Mère de Dieu).
Le saint, que l'on m'a dit être saint Nicous de Mojaïsk,
est probablement saint Nicolas de Myre, honoré particulièrement dans le gouvernement de Moscou. La ville de Mojaïsk, dont le nom n'avait guère retenti parmi nous avant la bataille de 1812, a plus d'une fois été assiégée par les Polonais, probablement même par les Tartares. Je ne sais si notre image rappelle quelque protection du
saint dans les guerres du moyen âge ou des temps modernes, car je n'ai pas réussi à me renseigner sur ce sujet près des gens du pays. Cependant on m'indique dans la vie de saint* Casimir (AA. SS. Mart., t. I, p. 356) un fait du xvii" siècle qui monlre la dévotion des Russes à saint Nicolas de Mojaïsk, comme ayant une ancienneté fort passable. Dans une invasion de la Lithuanie par les Moscovites, le général Cliéréméteff reçut plusieurs menaces de saint Casimir; et pour ne pas
s'attirer l'animadversion de ses troupes, il jugea bon de leur dire qu'il ne se désistait qu'après une apparition de saint Nicolas honoré à Mojaïsk.
Quoi qu'il en soit, la petite' église byzantine que soutient la main gauche du saint, et le sabre qu'il brandit de la droite, le montrent comme un défenseur du lieu ou de la basilique qui lui est dédiée. Un paysan des provinces de Smolensk, de Tchernigof ou de Moscou, nous donnerait peut-être immédiatement l'explication de cette lé-
SABJIE. — SARRASINS.
gende patriotique; mais les Russes qui visitent Paris sont rarement versés dans la connaissance des récils populaires, surtout pour les choses religieuses.
Si dans plusieurs représentations du xv' siècle le sabre fait fonction d'épée ou de hache, ces deux mots pourront servir de point de repère. Il est pourtant utile de signaler ici €aint Pierre coupant l'oreille de Malchus. L'usage semble avoir tellement prescrit sur la fin du moyen âge pour donner au prince des apôtres une lame formidable dans cette circonstance, que l'on voit vers cette époque les grands sabres désignés chez nous sous le nom de malchus. Apparemment que les mystères avaient accoutumé le peuple à voir cet instrument dans les mains de saint Pierre au jardin des Olives. Du reste les miniatures françaises vers ce temps-là, arment fréquemment les bourreaux de ces coutelas recourbés (braquemars) avec les formes les plus fantastiques.