Bagatta, Admiranda orbis, lib. VII, cap. i, § lU, n° 'JQ
SElU'KiNT.
liuaria dans la Méditerranée, près de Gênes (aujourd'hui Gallinara). Selon d'autres réciLs, il n'aurait pas précisément débarrassé l'île entière de ces animaux: mais les reléj,'ua tout sim|)lement dans un coin du pays, où il piaula son bâton pour leur servir de limite (ju'ils ne devaiinit plus dépasser'.
Serait-ce, peut-être, une manière d'exprimer que le saint avait chassé l'arianisme du milieu de ce peuple ? Nous avons vu (p. 315, sv.) que les dragons de bien des légendes pouvaient s'interpréter par le renversement et l'expulsion du paganisme : c'est-à-dire la lin du règne de Satan sur les cœurs. Le serpent semble avoir eu quelque chose de ce symbolisme dans les monuments ; si ce n'est que çà et là il indique probablement l'hérésie, au lieu de l'idolâtrie*.
Quoi qu'il en soit, si quelqu'un voulait voir ce que le mo\en âge faisait encore entrer de faits curieux dans la représentation de saint Hilaire, il peut consulter les quittances et nomenclatures, etc., pour divers objets précieux exécutés jadis en l'honneur de notre saint'.
Saint Pirmin {Pirmimis, ou Pirm'mius), évêque périodeute en Allemagne (et bénédictin, dit-on) ; 3 novembre, 758. On le donne pour un évêque de Meaux, qui aurait quitté son siège afin d'aller évangéliser les bords du Rhin; et il est peint habituellement comme mettant en fuite une multitude de serpents*. Entre autres abbayes dont la fondation lui est due, il établit celle de Reichenau dans une île du lac de Constance; chassant de l'île les vipères ou couleuvres qui s'y étaient multipliées énormément. La légende prétend même que, durant trois jours, l'eau environnante fut couverte de ces reptiles qui abandonnaient leur ancienne demeure.
Ce récit est-il l'origine ou la conséquence d'une invocation de saint l'irmin contre les boissons malsaines^? Du reste on se recommande aussi à ce saint contre la peste, et contre les suites d'une alimentation dangereuse. En outre, sa dalmatique et sa ceinture étaient considérées comme un secours puissant pour alléger les douleurs des femmes enceintes.
Saint Samso.n, évêque de Dol (Cf. Dragon, p. 317). Selon
I. p. d(i Natal., libr. II, cap. i.xviii.— AA. SS. Januar. ,t.l, p. 792. r.l. Roliei't cite une épitaplie du docteur de Poitiers, trouvée, dit-il, dans un ancien manuscrit; bien que le style y annonce peu le moyen igc :
« Hilarius cubât hac, pictavus episcopus, urna;
Defonsor nostru; miriiicus lidei, Illius aspcctiim serpentes terre nequibant, Nescio quu! in viiltu spicula sanctus liabet. o '2. Cf. Manni, Osservazioni isloriche sopra i sigilli antichi dei secnli bassi, t. V, sigill. IS.
:t. Cf. Ilibliothèqxe de Vécole des Charles, iii« série, t. I (1849), p. -igi-WS.
S. Calendar. benedict., 3 novcmbr. — Hader, Bavaria sancta. Lue séquence de Saint-Gall ( ap. Mone, llijmni... medii œvi, t. III, p. i8'2, sq.) décrit ainsi la merveille :
" Hic Augiensom insulam Detinehat serpentium.
Dei nuta intravcrat, Intrante illo...
Qiiam mullltudo pessitua Statim squaminosu»
plusieurs c'était un serpent , qu'il chassa d'une grotte sur le bord de la Seine*.
Saint Mkllon (iMélon, etc.), évêque de Rouen (Cf. Papauté, p. 602). Un serpent dont parle sa légende, pourrait bien n'être que le dragon des saints qui ont évangélisé des peuples idolâtres jusque-là. On en verra le récit dans les notes qui accompagnent l'article indiqué tout à l'heure. Sa légende raconte, du reste, qu'il renversa dans la ville de Rouen l'idole Hoth (étymologie quelconque de Jiolhomagus, dont je ne réponds pas); et que le diable se plaignit à lui du dérangement qu'il venait causer dans son empire'.
Saint Cado (ou Kadok, Cadout, Cadog, Catrog-Doetb, Cadvot), évêque et martyr en Bretagne (Cf. Pont, p. 698). Les Bretons racontent que dans une petite île de la côte de Vannes, entre Port-Louis et Auray, il chassa les serpents qui n'y reparurent plus dans la suite".
Un saint Patehne, évêque (était-ce celui d'Avranches ou celui de Vannes?), est cité comme ayant évité les morsures des serpents". Je ne saurais dire ni auquel des saints du même nom convient cette légende, ni s'il y a là du symbolisme plutôt que de l'histoire réelle.
Saint Pèlerin évêque, martyrisé a Auxeriie (Cf. Pèlerins, p. 678); chassant des serpents. Bien qu'on puisse voir dans cette représentation une manière d'indiquer la peine qu'il se donna pour extirper l'idolâtrie chez les Auxerrois'", il est admis que dans le Nivernais (à Bouhy surtout où il s'était réfugié), on ne voit jamais de serpents. On vient même dans l'église de ce village prendre de la terre d'un trou fouillé habituellement ad hoc; et cette terre est emportée comme préservatif contre la morsure des reptiles. On regarde en outre comme reconnu à Bouhy, qu'une certaine famille y conserve toujours sur le corps de quelqu'un de ses membres la figure d'un serpent. Ce sont, à ce que l'on d^it, les descendants d'un païen qui, voulant chasser le saint en le frappant d'un fouet, vit la lanière se changer en un serpent, lequel se teira près du rocher où saint Pèlerin avait cherché un asile contre la persécution.
Saint Patrice apôtre de l'Irlande (Cf. Crosse, p. 301;
Pcstinanter exercilus Natatu tergus
Aufugit, ampli lacus Tegens per tridaum. »
5. Je trouve une ancienne estampe de saint Pirmin avec ces deui vers usités dans certaines provinces d'Allemagne :
« Sanctifîcet nostram saoctus Pirminius escam,
Dextera Pirminî benedicat pocula nostra. » (5. Cf. Longueval, Histoire de l'Église gallicane, livre IX (A. 643.)