Vies des Saints de la Bretagne, p
SERPEM.
eu Bretagne de faire servir la terre prise dans cette île, comme antidote contre la morsure des serpents'.
Saint Jean de Réomey (Cf. Draijon, p. 321). Quelquefois au lieu du dragon (ailé) qui s'échappe du puits sous la bénédiction du serviteur de Dieu, on place près de lui un serpent enchaîné -.
Saint Béat du Vendomois. Cf. Dragon, p. 319.
Saint Lifard (Liphardus, Liethphardus) solitaire, puis abbé à Meun-sur-Loire ; 3 juin, vers 540. Près de lui un bâton planté en terre, et mordu au sommet par un serpent qui est brisé par le milieu du corps. On raconte que près de sa cellule un énorme serpent excluait les gens du voisinage de l'accès d'une fontaine. Urhice, disciple du saint homme, accourut un jour vers lui, annonçant qu'il venait de rencontrer ce terrible reptile. Lifard sourit en faisant honte à Urbice de son manque de foi, et lui donna son bâton avec ordre de le planter en terre devant la bête. Cela fait, et pendant que le solitaire priait Dieu, le monstre sauta sur le bâton ([u'il mordit avec rage. Le poids de la bête monstrueuse la lit crever par le milieu du corps, et le pays s'en trouva délivré ^.
Hors de France, cela se représente parfois en peignant un dragon empalé et d'où il sort quantité d'autres petits dragons qui s'envolent'. La seconde partie de cette exposition correspond assez à la vieille histoire, mais ce n'est pas la façon dont nous avons coutume de montrer saint Lifard en France.
Saint Léonard le jeune, abbé de Vendeuvre ; 15 octobre, V. 570. Il ne faut pas le confondre avec saint Léonard du Limousin. Le nôtre se représente ayant un serpent près de lui ; parce qu'un de ces reptiles s'étant glissé vers le saint homme durant sa prière, s'arrêta sans pouvoir lui nuire ^.
Saint Mêmin (ou Maximin), abbé de Micy ; 15 décembre, 520. On le peint tenant un serpent; parce qu'il passe pour avoir chassé des bords de la Loire un reptile dangereux*.
Saint Dominique de Sora, abbé de l'Ordre de Saint-Benoit; 22 janvier, v. 1031. Un envoi de jwissons fait au saint homme ayant été détourné, les détenteurs furent bien surpris dt; ne plus trouver que dos serpents au lieu des poissons dérobés par eux'.
Saint Vincent d'Avila martyr, avec sainte Sabine et sainte Christète ses sœurs (Cf. Groupes, p. /|65). Les corps de ces martvrs ayant été abandonnés aux bétes car-
nassières, un énorme serpent écarta de leurs restes toute insulte. Un juif même, qui était venu voir ces cadavres, fut mis en si grand danger par le reptile, qu'il fit vœu de recevoir le baptême".
Saint Gorrv. C(. Ermites, p. 386.
Le B' Bonagiuxta Manetti, servite et premier général de son Ordre; 31 août, 1257. Nous trouvons assez rarement en France, des estampes représentant les saints Servîtes : si ce n'est leurs fondateurs réunis, et sans caractéristique spéciale à chacun d'eux. Il m'est pourtant arrivé d'en trouver une oii le B" Bonagiunta bénit des pains qui se brisent, et des bouteilles d'où s'échappent plusieurs serpents. On a pu voir précédemment qu'un reptile s'emploie comme indice de poison, dans l'art du moyen âge; et ce semble être ici le cas. Comme le saint, tout en demandant l'aumône pour sa communauté, se permettait aussi des remontrances aux pécheurs, un négociant florentin se trouva offensé par les avis de l'homme de Dieu. Faisant donc mine d'homme repentant et charitable, il envoya au monastère des Servîtes du pain et du vin empoisonnés. Le B^ Bonagiunta, recevant l'homme qui apportait cette prétendue aumône, lui dit : « Je sais bien que ton maître prétend me faire perdre la vie. Mais annonce-lui que rien de fâcheux ne nous arrivera, et que la mort va le frapper bientôt lui-même". » Tout se réalisa conformément à cette parole prophétique.
Saint Heldrade abbé de la Novalèse (13 mars, 875) passe pour avoir chassé les serpents qui infestaient la vallée do Briaiujon où le saint voulait établir une colonie de ses religieux *".
Sainte Thècle, vierge et martyre (Cf. Globe de feu, p. /|50, sv.; etc.). On lui met .souvent un serpent à la main, parce que l'un des supplices qu'elle surmonta fut celui des reptiles venimeux auxquels on l'avait exposée".
Sainte Christine, vierge et martyre (Cf. Flèche, p. /|13; Meule). Môme caractéristique et même motif que pour sainte Thècle".
Sainte Anatolie vierge, martyrisée avec saint Audaxt 9 juillet, v. 250. Elle avait été enfermée dans un cachot étroit, avec un serpent venimeux qui devait lui donner la mort. Quand on crut qu'elle était tuée, l'on fit entrer dans la prison Aiidax, l'un de ces Marses qui se j)i(iuaienl (le savoir charmer les reptiles. .Mais la vierge était demeurée sans atteinte; et le serpent se jeta sur le prétciuhi enchanteur, (|iii ne fut délivré que par le coiiiinan-