TÊTE COUPÉE OU BLESSÉE
Commençons par les saints que l'on représente portant leur lêle entre les mains. Paris, depuis un temps immémorial, est en possession de roprcsonter ainsi saint Denis son apôtre et son premier évêque.
L'exemple que nous en donnons est un sceau du xv* siècle* exécuté pour Jean de Saint- Denis, théologal ou simplement docteur. Afin de mieux constater l'usage parisien, il ne sera pas inutile de donner encore un autre exemple qui semble rappeler la porte Saint-Denis, si ce n'est par hasard la prison (Saint-Denis de la Chartre) où l'on vénérait le cachot du saint*.
\ vrai dire, le nombre des saints représentés comme celui-ci a quelque chose d'exorbitant, et conduirait à croire que cette merveille aurait été quasi de fondation.
Aussi, afin d'en donner un aperçu qui montre que je n'exagère pas, voici une liste sommaire (par ordre alpiiabélique) de ceux qui se pré.sentent à moi sans beaucoup de recherches.
Saint Adalbald seigneur franc, tué en Périgord. Cf. Familles saintes, p. kOk.
Saint Alban d'Angleterre, le premier martyr de la Grande-Bretagne; 22 juin, v. 290. Ce saint fut honoré en France plus qu'on ne le croirait « priori; ses reliques ayant été apport<;es d'outrc-nier chez nous par .saint Germain l'Aiixerrois, au retour du voyage que fit ce saint évêque avec saint Loup de Troyes ep Anglelerre.
Saint Alban de Maïence (Aubain), prêtre; 21 juin, V. 451.
Saint Alof. CL Élipiie, ci-des.sous.
Saint Ansano de Sienne, marlyr; 2 septembre, 303.
Saint Ai'iinoDisE de Béziers". CL Cliameau, p. 19/i.
Saint BoÈCE le Philosophe' {Scverinus Boelius); 23 octobre, 525 .
l'ié peints parfois ayant encore la tète sur les épaules: et ne portant sur leurs mains que le sommet du crâne, détaché par le glaive ou la hache du bourreau ; comme .si une dérision barbare eiU prétendu enlever Iimr tonsure. Mais le plus souvent cette espèce (i'utli'niialion du miracle est tout .'i fait laissée de coté par les artisti'S, bien (pie le moyen âge fit volontiers remonter il saint l'iene l'origine de la coMniiinc eiclésiastiqiM'.
Cl. Cf. AA. SS. Mtirl., t. III, p. :i77.
". Cf. liruuzio, Marlyrolm. piielintm :
• ColliKil ipso suiim, mjinilmsqiio Itnotiiis .iras VarX caput in sarr.is. fiitiHit <-t .itito precus. p
TKTK GOi:i'lili
Sainte Iîoi.oc.ne (Bolonin), vierge ol niarlyro dniis 1*' l^iissigny' ; ICi ociobrc, m'Ss 302.
Saint (liifinoN {Crraiinns, Curonus , ('(iraniis , Caro), diacre do (llinrlivs; 2S mai, lin du V siùclt'-.
Saint C.iihysoi.e (Chnjsolius, Clirijsolus) , i5vû(iiii^ ou prêtre et apôlrc du Toiirnaisis; 7 février, 302.
Saint Ci.aiii du Vcxiii', ])rêlri' on inênie évoque, dit-on, ]iarc(! qu'il semble avoir ('té confondu avec saint Ci.Mn premier évêqiie de Nanles. Cf. A renfiles.
Saint Decumanus, ermite en Anj^lelerre ; 27 aoùl, l'poquc débattue.
Saint Denvs de Paisis et ses compagnons Rustique el ÉLEUTnki\E*. Cf. Supra, p. 7r)l.
Saint Didieb de Langues, évoque qui passe pour avoir été tué par les Vandales; 23 mai, époque assez contestable.
Saint Domnin du I'aumesan''; 9 octobre, v. 302.
Saint ÉLiPHE(Âlof), martyr à Toul"; 10 octobre, v. 302.
Saint Émvgdius, évêque d'Ascoli''. (if. Edifices, p. 331.
Le B' EusÈBE, moine à l'abbaye de Saint-Gall; 31 janvier, 88^. Décapité avec une faux, par un pay.san auquel il reprochait de travailler dans les champs un jour de fêle. On dit qu'il revint jusqu'à sa cellule, portant sa tête entre ses mains.
■ Saint Exupéiiance {Exsuperantius) martyr de la légion Thébaine, dit-on; marlyrisé à Zurich avec saint Félix et sainte Régula dont il va être question tout à l'heure.
Les SS. Fargeau el Feiigeon (Fcrrcolus et Fcrrulius)
apôtres de Besançon (Cf. Clous, p. 232; Menant, etc.). M. J. deFonlenay,de qui me vient eu méreau comtois", semblait croire que ces saints ne furent pas décapités ;
1. a. AA. SS. Oclohi:. t. VII, p. 817, 821. '2. Wei'Ki' arc/iTOfoi/i^Mc, Vl'^ aiini'c (s(.'])ti!inl)re, I8i'.t), p. :(7i. :t. Cf. The Calendar tif Ihe aiigUcan rhunili (ISJI), p. '200. ■4. liraiizio, Marlijrolûij. poelic, 0 octol)i'. :
« Anj^olico duclu, truncus caput onso recisum .Subtatuiii nianibus niiUia bina tulit. » ."). Brauzio, op. cit. :
* De tollure simm tulit in sublime levatum, Per médium tlumen, depusuitque caput. »
0. Une prose (Félix EUphi), dans le missel de Cologne (1.V20;, affirme le fait :
« Transmisit ensis vcsani, Te ad cœlos, JuKani;
Quem aniplcxatum manibus, Angelis comitaiilibus,
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Pra'Cidens florem capitis. In petra sumens tumulum. »
Cf. .AA. SS. Oclobr., t. VII, p. 800, sqci., et 814, 810.