‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaireChapitre 93 sur 589 · I. Cf. Calendar. benedict., l'2 septembr · texte numérisé non relu

I. Cf. Calendar. benedict., l'2 septembr

Une liymne du briîviairc de Liège (1558, iii-8") aux premières èpres de ce saint [Ihjmnum cantemus), dit : rt Crimen pippini prohibens, Curam solerter adhibens, Incestas damnai nuptias Vera; saluti noxias.

d'Alpaïde, concubine de Pépin d'Héristal. Selon d'autres, le saint aurait été victime des rancunes que s'étaient attirées ses parents en défendant ses droits avec trop de rudesse. Quoi qu'il en soit, on s'accorde à dire que saint Lambert interdit à ceux qui l'entouraient, de le défendre; et qu'il fut percé d'une lance ou d'un épieu, tandis qu'il priait pour ses meurtriers '.

La bâtardise de Charles Martel a bien l'air d'être entrée pour quelque chose dans les poëmes sur son petitfils Charlemagne, où la prétendue histoire de Berthe (sorte de Rachel supplantée par une Lia) paraît imaginée tout exprès afin de légitimer après coup certains déportements trop libres chez le père (aïeul, dans le fait) du héros ; et par où la naissance du grand homme se serait trouvée entachée. Quand, après trois ou quatre siècles, les deux héros homonymes de la race carlovingienne se confondirent en un seul personnage pour des peuples illettrés, on aura voulu pallier ce qui passait pour louche dans la naissance de l'illustre empereur. Notre livre donne lieu de reconnaître à plusieurs reprises que l'histoire de Charles Martel et celle de Charlemagne se mêlèrent dans les souvenirs de la postérité. Cf. p. 173, etc.

J'ai fait mettre à la main droite de saint Lambert un livre dont la forme se retrouve assez souvent dans les tableaux du xv' siècle, et qui pourrait dérouter le spectateur si je n'en expliquais un peu la singularité. La partie inférieure ou supérieure du fourreau s'allonge en manière de sac, dont l'extrémité peut se froncer au moyen d'un cordon passé dans une coulisse. De la sorte, le livre une fois bien fermé peut se porter suspendu au coude (comme le réticule de nos mères) ou sur l'épaule, à l'aide du cordon passé en bandoulière; on s'épargnait ainsi la peine de le tenir sous le bras au risque de le laisser choir. Mais relativement au coup d'oeil (en fait d'art), pour peu que les plats du livre soient ornés en manière de carreaux ou de losanges, ainsi qu'il arrive dans certaines estampes, on peut se trouver conduit à imaginer que le personnage porte quelque chose comme une lanterne.

• Hinc, ut samatur ultio, Prœ^l datur suppUcio; Pœnam suifert alacriler Quam plaçât causa jugiter. »

Ce qui est le plus clair, c'est que Pépin ne mit pas d'empressement à venger l'assassinat de l'évoque. Mais uae prose de la même Église (missel de 1499; Christi laiidem prœdiceinus) était un peu plus formelle, quoiqu'il s'agît d'un seigneur du pays liégeois :

« Scelus ingens et énorme Vidit obstans Christi normaî Et excelso nomini.

Nam Pippinus rex (dux?) Francorom Qui legalem fugit thorum, Fractor legum, spretor morum, Adhœret adultéras.

Preces fundit, et fréquenter Instat prœsul; et pat«nter Illum monet, et clementer Vult eum reducere :

Ut contempto nexu tali,

Cf. AA. SS. Belgii, t. VI, p. 61-74.

Et amota causa mali, ëub amplexu conjugali Motus carnis dirigat.

At Alpaï.s, his acceptis, Fragrescit meduUitus;

Verbis usa venenali.-*, Dodonem aggreditur ; lUum urget. arctat satis:

Sic sanctus perimitur.

Etc. •

LANCE

La pèlerine de notre saint dans ma gravure est une des formes que le rational (ou superhumèral) a prises durant les divers siècles où il a été porté par certains évêques qui en avaient le privilège. J'en ai dit déjà quelque chose (p. 37/i, sv.) au mot Épiscopat (insignes de la dignité épiscopale); et il ne faut pas m'en demander davantage dans un livre qui doit toucher à tant de choses, sans pouvoir prétendre les approfondir toutes. Ce qui est bien certain, c'est que la chaire épiscopale de Liège conférait le droit de porter cet ornement ; comme le montre encore aujourd'hui le grand buste en argent de saint Lambert, qu'on y expose tous les ans pendant l'octave de sa fête. Plusieurs des Liégeois en ignorent le motif.

Saint Emmeran, évêque de Ratisbonne et martyr (Cf. Échelle, p. 327, sv.). On lui met parfois à la main une lance, peut-être pour indiquer la manière dont il fut achevé après qu'on lui eut coupé les membres.

Saint Cadoc, évêque (de Bénévent, dit-on) et martyr; vi" siècle. Ce qu'il y a de plus clair dans sa légende, c'est qu'il fut tué d'un coup de lance en célébrant la messe'. Car presque tout le reste a une teinte celtique singulièrement prononcée ; et le siège épiscopal de Bénévent, par exemple, a bien l'air de correspondre tout simplement à quelque chose comme Daventry [Benaventa ou Bennavenna) dans le Northamptonshire.

Saint Gérard Sagredo, évêque de Czanad et martyr (Cf. Encensoir, p. 367; Caillou, etc.). La lance fut un des instruments de son assassinat.

Saint Adalbert de Prusse, évêque de Prague et martyr; 23 avril, 997. Après avoir renoncé à son siège épiscopal où il n'obtenait rien de ses ouailles, il voulut prêcher l'Évangile aux Slaves voisins du Dantzig et du Kœnigsberg actuels. Il fut assommé par les habitants, et transpercé d'une lance par un prêtre des idoles. Après quoi sa tête coupée fut exposée sur un pieu. Dans la suite ses reliques portées à Gnesne l'ont fait honorer tout particulièrement par les Polonais, qui le connaissent surtout sous son nom slave Woyliech.

Saint Adelbret (Adalpret, Albert, etc.), évêque de Trente et martyr; 27 mars, v. 1169. Ayant pris la défense des droits de son Église opprimée par les seigneurs de Castel-Barco (près lioveredo) dans la Valle Lagarina, il fut tué d'un coup de lance dans la poitrine pendant qu'il était à cheval ' pour veiller au redressement des griefs dont il voulait avoir raison.

Saint Longin martyr, qui passe pour avoir percé le coté de Notre-Seigneur sur le Calvaire (Cf. Armure, p. 75.

sv. ; etc.). Comme il reparait plus d'une fois dans notre livre, contentons-nous de l'avoir rappelé parmi les doryphores (porte-lance).

Saint Maurice, chef de la légion Thébaine. Cf. Armes, p. 76, sv.; etc.

Plus d'un autre saint encore peut passer pour suflisamment introduit sous le même titre sans qu'il faille revenir sur des indications de ce genre qui feraient double emploi en pure perte.

Saint Julien martyr, patron de Macerata. Cf. Épée, p. 368.

Les SAINTS Marc et Marcellien, martyrs (Cf. Groupes deux à deux, p. ù60). Ils furent percés d'une lance dans la prison.

Les saints Donatien et Rogatien frères, patrons de Nantes (Cf. Groupes deux à deux, p. /i56). Leur martyre se termina par un coup de lance'.

Saint Démétrius de Thessalomque (Cf. ArmeS, Armure, p. 80). Une lance à la main pour exprimer son genre de mort bien plutôt que sa profession*. On lui donne ordinairement un costume assez distingué (mais non pas toujours militaire), parce qu'il passait pour avoir été proconsul.

Saint Mercure de Cksarée en Cappadoce, guerrier et martyr (Cf. Armes, Armure, p. 79). Il semble n'avoir été âgé que d'environ vingt-cinq ans lorsqu'il mourut pour Jésus-Christ ^ et déjà, dit-on, il commandait en chef^ 11 fut décapité après plusieurs tourments; et la ville de Bénévent se glorifiait de posséder son corps. Aussi étaitil honoré comme un des principaux protecteurs du pays, au temps des ducs lombards'.

La lance qu'on lui met souvent à la main peut faire allusion à ce que raconte un biographe de saint Basile le Grand. Le saint évêque, priant devant les reliques du martyr Mercure, aurait obtenu la mort violente de Julien l'Apostat ; et saint Mercure s'en serait déclaré lui-même l'auteur, en montrant dans son église à Basile sa pique ensanglantée. J'ai parlé ailleurs de cette légende (Cf. Armes, Armure) à propos de saint Artème, mais notre saint semble avoir été sévère pour les persécuteurs, comme le montrent ses prédictions au sujet de Dèce et de Constant*. Quant au costume qu'on lui donne souvent, je renvoie aux détails curieux donnés par le savant Cèlestin Cavedoni sur d'anciennes staurotèques".

Les saints Socrate et Denis martyrs (Cf. Groupes, p. Z|61), percés de lances.

Saint Vincent, martyr à Collioure en Roussillon;

i. A.\. SS. Januar., t. II, p. 00t. — IBontalembert, Moines dOccident, t. III, p. 71, sv. — flagiol. ilal., t. I, p. 55.

2. Dissertazione intomo alla sanlUà... det B° Adalpreto (Trente. 17.54, in-i»), p.3i8.

Brautii Martyrol. poelic. :

« Pro^sul AdalpretuH cnnscriplo terrait hosttja Milite, qui telis proditionii ohit. >

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