Martyrolog. roman., 25 septembr
7. Peut-être le mot rapporté par saint Luc (xxiv, 18) : Tu solus peregrinus, et». ! aura-t-il occasionné ce nom de pèlerins, qui est communément donné aux deux compagnons que Notre-Seigneur accoste.
8. Manuel de l'amateur de jetons, p. 50. Il suppose que cette pièce est bourguignonne et quelque peu bachique. Une route traverse des vignes pour aboutir à Emmaûs.
9. On a pu déjà voir ailleurs (Cf. Apôtres, p. 51, sv.; etc.) qu'une vieille tradition attribue assez constamment à chaque apôtre une contrée plus ou moins vaste évangélisée par lui. Voici ce qu'en dit le Bréviaire hispano-gothique dans l'hymne de saint Jacques le Majeur, à Vêpres (30 decembr.). Après avoir comparé les douze aux pierres prérieuses de la Jérusalem céleste, et aux astres qui éclairent
dée d'entourer la tête du saint par une sorte de trophée qui lui forme auréole en groupant des bourdons que séparent de petites calebasses (ou gourdes).
Saint Jacques est souvent représenté en costume de pèlerin par' les Espagnols, près d'une statue de la sainte Vierge placée sur une sorte de stèle ou sur une colonne. C'est la fameuse. Notre-Dame del Pilar à Saragosse*.
En Bavière, c'est saint Jacques le Mineur qui se voit près d'une petite statue de Notre-Dame, parce qu'il est patron d'Alten-Œtting où se trouve un vieux pèlerinage en l'honneur de la Mère de Dieu5. Cf. supra, p. 483 (saint Bupert).
Les pèlerins d'Emmaûs, c'est-à-dire les deux disciples dont il est question dans l'Évangile du lundi de Pâques (Luc. xxiv, 13-34). L'un d'eux nous est connu sous le nom de Cléophas 8 ; et l'on ne voit pas précisément que leur promenade (car c'en était une) eût le moindre air d'un voyage lointain. Mais comme ils virent Notre-Seigneur au terme de leur route, cela leur a fait donner le nom de pèlerins dans le langage populaire. D'ailleurs Jésus-Christ, qui se joignit aux deux amis sur le chemin, faisait mine de vouloir passer outre7; et Giovanni Angelico donne réellement au Sauveur, en cette circonstance, l'aspect d'un piéton qui porte son. paquet sur ses épaules. Voici, d'après M. J. de Fontenay", une pièce où la facétie semble avoir pris le pas sur la dévotion. Mais elle répond en somme à ce que nous disions du costume qui caractérise généralernentNotre-Seigneuretlesdeux disciples dans cette circonstance.
La division (ou séparation) des apôtres. Cet anniversaire, marqué le 15 juillet dans beaucoup de calendriers du moyen âge, a donné lieu à diverses peintures où les apôtres s'en vont le bourdon en main vers les diverses contrées du monde». Un peintre de nos jours a voulu
le monde, il leur partage ainsi toutes les terres connues de leur temps :
■ Petrusque Romani, frater ejus Achaiam, Indiam Thomas, Levi (Matlhaut) Macedoniam, Jacobus Jebns, et J3gyptum Zelotes, Bartbolomffius tenons I.ycaoniam, Matthias Pontum, et Philippus Gallias.
Magni deinde filii tonitrui, AdepU fulgent prece mains inclytœ Utriquo (utrinque?) vit» rulminis insignia : Regens Joannes dextram (drxli-a?) solus Asiam, Rju.sqLo frater potitus Hispaniam. t
Pour l'intelligence de ces strophes, faisons observer que le Jebus de saint Jacques le Mineur indique Jérusalem, la cité des Jébuséens (II Reg. v, 6, 9). Quant a l'Asie Mineure mise à droite, on ne sait pas tout d'abord pourquoi : ce peut être une suite de l'orientation donnée h la croix de Notre-Seigneur sur le Calvaire. Si le Sauveur mourant tournait les yeux vers l'ouest, l'Asie Mineure était à sa droite (Cf. Mélanges d'Archéologie, etc., t. II, p. 06-68). Mais comment l'Espagne se trouverait-elle à gauche? Il faut recourir a un point de départ différent, où le spectateur serait censé regarder le nord Cf. supra, p. 648, note 7.
En outré, saint Jude (Thaddéc) n'a pas trouvé place dans l'énumératlon des Espagnols.
PÈLERINS
reproduire ce motif qui date de plusieurs siècles, et je n'ai nul droit d'en donner mon avis, n'ayant pas vu son tableau ; mais n'aurait-il pas été imaginé dans la pensée malencontreuse que les sujets évangéliques sont un peu usés? Si cela était, j'engagerais les artistes contempo-
rains (ou futurs) à ne pas se laisser entraîner par cette idée fausse. L'Évangile tout pur et l'Ancien Testament ont de quoi fournir à l'art bien compris, durant bon nombre de siècles encore, si l'on sait entendre et approprier à nos besoins les sujets de l'Écriture sainte.
Saini Richard et ses deui fils. Cf. p. 678.
Ce qui n'en est qu'un accessoire (comme diverses compositions essayées par M. Paul Delaroche sur la fin de sa vie), et l'histoire des saints offre assurément force ressources ; mais la Bible n'est pas épuisée du tout, malgré l'habileté des grands maîtres ou le sans-façon des artistes subalternes qui se sont donné carrière dans cette voie. h.
Saint Magloire évêque (Cf. Anges, p. 36). Comme il quitta son siège épiscopal de Dol aûn de se retirer dans la solitude, on lui a mis parfois le bourdon à la main pour exprimer son espèce de fuite, quoiqu'il n'ait pas fourni un bien gros trajet.
On a pu donner la même caractéristique à bon nombre
riaERiNs.
d'autres évéques : comme saint Claude , saint Remacle ,
SAINT HlDULPHE (HUllulphUS) , SAINT JUSTE DE LïON, SAINT DlÉ, SAINT WOLFGANG, SAINT ArNOULD DE METZ, SAINT DlSl-
bode, etc., qui ont abandonné de même leur chaire pour achever leurs jours dans la solitude ou dans l'état religieux. Mais on ne voit pas que les artistes l'aient appliquée à tous.
Saint Pèlerin (Pcrcgrinus) évoque, martyrisé à Auxerre; 16 mai, ni'" siècle. Le costume qu'on lui donne pourrait bien n'avoir été dans l'origine qu'une allusion à son nom. Cependant on y a voulu peut-être exprimer sa mission lointaine, car on dit qu'il était envoyé par saint Sixte lien France pour y prêcher la foi; et qu'après avoir passé à Marseille et à Lyon, il se serait fixé à Auxerre où il bâtit une église et fut décapité. Cf. Serpent.
Saint Pierre Damien cardinal, évêque d'Ostie; 23 février, 1071. On le trouve représenté en costume de pèlerin, et tenant en main une bulle ou un diplôme, pour exprimer les diverses légations dont il fut chargé par le Saint-Siège en Allemagne et en Italie. Peut-être néanmoins que son chapeau de cardinal, joint à un bâton d'envoyé, aura suggéré l'idée de le transformer en pèlerin.
Saint Marin évêque, avec saint Déclan diacre. Cf. Groupes (deux à deux), p. 455.
Saint Muce solitaire. Cf. Ernùles, p. 379.
Saint Richard prince anglais, avec ses deux fils, les SS. Willibald et Wunebald. Cf. Familles saintes, p. 402, sv.
Saint Magnus de Fuessen (Cf. Ours, p. 595). Le bourdon et la pèlerine indiquent qu'il était venu d'Irlande chercher au delà du Rhin l'occasion de prêcher l'Évangile et de vivre ignoré.
Au même titre, bon nombre des Irlandais qui vinrent au moyen âge sur le continent, amenés par le même projet, pourraient recevoir le même attribut. Mais cela n'a pas été communément admis par les artistes.
Saint Julien l'Hospitalier (Cf. Barque, p. 125; Cerf). D'après sa légende, il s'exila volontairement pour se soustraire à la menace de parricide qu'il avait entendu proférer contre lui, comme une fatalité qui pesait sur son avenir.
Saint Alexis (Cf. Escalier, p. 387). 11 est quelquefois représenté avec une pèlerine, un bourdon et le chapeau orné d'une coquille. C'est que, se dérobant à la maison paternelle le jour de ses noces, il alla passer plusieurs années en Syrie comme mendiant, et ne revint à Rome que pour se dérober à la réputation de sainteté qui menaçait d'attirer sur lui les regards du peuple chez lequel il s'était proposé de vivre inconnu.
Saint Libère (Liberius, ou Olioerius), patron d'AnCÔDC;
27 mai, 1040. 11 était moine camaldule, et passe pour avoir accompagné un évêque dalmate qui avait quitté son siège afin de se retirer à Ancône où il fonda un monastère de Camaldules. On lui donne parfois une couronne comme étant fils de prince ou de roi1.
Saint Adrien martyr (Cf. Enclume, p. 348). De même que le célèbre pèlerinage de saint Jacques en Galice a donné lieu de peindre saint Jacques le Majeur en costume de pèlerin, les Flamands et les Wallons semblent avoir souvent attribué un costume semblable, à saint Adrien. C'était sans doute à cause des voyages de dévotion qu'occasionnaient les reliques de ce saint dans la petite ville de Grammont (Gerardsbergh).
Saint Sébald patron de Nuremberg (Cf. Bœuf, p. 139; Église sur lamain). On le dit fils d'un roi de Danemark, et l'on raconte qu'il avait abandonné sa fiancée pour se dérober au monde. Pèlerin à Rome, il aurait reçu du pape Grégoire II la mission de prêcher l'Évangile en Germanie.
Saint Himelin prêtre, honoré à Vissenaken près de Tirlemont; 10 mars, v. 822. 11 est regardé comme parent de saint Rombaud, et partant comme Écossais ou Irlandais. En outre il revenait d'un pèlerinage aux tombeaux des apôtres lorsqu'il mourut en Brabant. A cause de sa haute naissance * on met souvent à ses pieds une couronne.
Saint Phalier (Phaletrius ou Pharetrius) ; 23 novembre, viic siècle. Il est honoré dans le Berry et le Limousin ; tantôt en costume de prêtre, tantôt sous l'habit de pèlerin. Mais je ne rencontre guère de détails sur sa vie.
Saint Véron; 30 mars, ixe siècle. 11 est considéré comme prince de la famille carlovingienne , et l'on dit qu'il employa ses richesses à construire l'abbaye de Lobes. Sa vie est, du reste, fort peu connue; mais on s'accorde en Belgique à lui donner le costume de pèlerin.
Saint Dominique de la Calzada (Cf. Coq, p. 251). Le bourdon qu'il porte souvent peut avoir pour origine le soin qu'il prit d'ouvrir une route à travers la Rioja pour faciliter le pèlerinage de saint Jacques en Galice. Mais peut-être aussi a-t-on voulu marquer par là qu'il se fit le compagnon de saint Grégoire évêque d'Ostie, légat du Saint-Siège en Espagne. Cf. Groupes (deux à deux),p.460.
Saint Gui (ou Guidon) d'Anderlecht (Cf. Bœuf, p. 139). Après avoir été longtemps sacristain de l'église de la Sainte-Vierge à Laekcn près de Bruxelles, il fit les pèlerinages de Rome, de la Terre sainte, etc.
Saint Gerold de Cologne (Cf. Épèe, p. 369, sv.). Assas-