‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 1117 sur 1339 · POSSÉDÉS · texte numérisé non relu

POSSÉDÉS

prélat1. On l'a représenté parfois avec son frère saint Cyon prêtre, et son neveu saint Elpidius diacre. Les corps de ces trois saints sont honorés à Salerrte.

Saint Mélaine , évêque de Rennes; 6 novembre, ou 6 janvier, 530. On lui attribue, entre autres miracles (avant son épiscopat), la délivrance d'un obsédé qu'il remit dans son état naturel par un soufflet*; sans parler d'autres rencontres diaboliques racontées par ses biographes armoricains. Ajoutons, entre autres saints bretons , saint Aubin évêque d'Angers ' , saint Paterne évêque de Vannes4, saint Hervé5, saint Samson évêque de Dol 6 , saint Martin de Vertou '.

Saint Mathurin (ou Mathelin) prêtre , considéré comme apôtre du Gâtinais; 1 novembre, v.388. Selon sa légende populaire, il aurait été appelé à Rome par un empereur nommé Maximien (a-t-on voulu dire la ville de Trêves, et le tyran Maxime?) pour exorciser la fille du prince. C'est

ce qui l'a fait habituellement représenter bénissant une femme, tandis que le diable s'échappe par la bouche ou par le crâne de la patiente 8.

Aussi suis-je bien aise de pouvoir donner une autre enseigne populaire où, pour tronqué que soit le plomb retrouvé après quelques siècles, il est aisé de reconnaître la petite coulée de métal qui se rattachait au diablotin délogé de la cervelle féminine par le thaumaturge.

C'était surtout à Larchant près de Nemours que saint Mathurin fut longtemps honoré avec le plus d'éclat. On l'yinvoquait non-seulement pour les démoniaques ou aliénés furieux, mais surtout pour les méchantes femmes, en mémoire de la princesse Maximienne qui avait eu le

diable au corps, jusqu'à l'intervention bienfaisante du serviteur de Dieu. Cette réputation d'efficacité en pareil cas, avait suivi les reliques du saint en divers lieux qui

en possédaient quelque portion. Aussi raconte-t-on qu'à Mandeville près d'Elbeuf , un évêque d'Évreux, visitant l'église de Notre-Dame, demanda au prieur ce que voulait dire le diable expulsé de la tête d'une femme. Après avoir entendu expliquer cette dévotion locale et son origine, il repartit : « Monsieur, si votre saint était mieux connu, votre prieuré vous rapporterait plus que ne me fait mon évêché. »

Saint Frobert abbé (Cf. Femme, p. /|08), chassant les démons, parce que plusieurs possédés furent guéris par son entremise; on raconte en outre que, dès son enfance, il mit souvent en fuite le tentateur qui cherchait à l'effrayer 9.

Saint Cyriaque diacre (Cf. Dragon, p. 320). Celui-ci , par suite d'un récit fort semblable aux précédents, est souvent représenté à peu près comme saint Mathurin 10.

Saint Albert de Sicile, carme (Cf. Femmes, p. /i08; etc.) . délivrant une jeune fille possédée u.

Saint Théodore Triciiinas (c'est-à-dire au rude cili.ee), solitaire (Cf. Ermites, p. 381). Pour exprimer le grand

1. Hagiolog. italic, t. I,p. 310.— Brautii Martyrolog. poeticum :

« Dsemonas Elpidius visu, morbosque fugavit; Dxmonibus cujus cellula terror erat. »

2. Cf. Vies des Saints de la Bretagne, p. 683, sv. Cf. ibid., p. 686.— Lobineau, Viesdes SS. de Bretagne (1836), t. I, p. 123, sv.

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