SCIE
Bien entendu que cet outil, comme instrument de charpentier ou de menuisier, peut convenir aux titres de divers états exercés par plusieurs saints. Ici nous ne l'envisagerons que comme moyen de torture. Les martyrs seuls trouveront donc place à cet endroit.
1. Les Bollandistes, dans leur introduction au premier tome de mai (p. lxij, etc.), ont indiqué la plus vieille forme du scapulaire monastique.
t, Breviar., 16 jul. — Cf. AA. SS. Maii, t. III, p. 053, sq.
3. Les rabbins, jaloux d'Ovide ou de Virgile, ont imaginé que le saint s'était métamorphosé en arbre j et qu'il coula du sang lorsque l'arbre fut scié par ordre du roi. Mais ce n'est pas la leçon adoptée par les récits chrétiens. Cf. Theophylact., In Paul. Hebr. u, 37. — Remig., Explanat. in episl. ad Hebr. (Bibl. PP. Lugdun., t. VIII, p. 1116.— Ephrœm, P. grœco-latin., t. IIIj p. 472. — Hilar., Coiitra
Le prophète Isaïe (6 juillet). D'après les traditions rabbiniques, il aurait été mis à mort par le roi Manassès auquel il avait reproché son impiété. On prétend qu'il s'était réfugié dans un tronc d'arbre8; en tout cas, le récit judaïque nous apprend qu'il fut inhumé sous le chêne de Rogel, après avoir été scié en deux par le milieu du ventre. Aussi Callot, qui est généralement très-fidèle aux légendes dans ses Images de tous les saints... de l'année, le montre mis en terre dans une fosse près d'un chêne.
Saint Simon apôtre (28 octobre) est généralement regardé chez les Latins comme ayant été scié en deux; quoique l'Église grecque le peigne souvent cloué sur une croix. C'est ainsi, par exemple, que le représentaient les portes de la basilique de Saint-Paul à Rome*. Cela peut s'expliquer par ce que nous ajlons dire de saint Thutaël.
Saint Thutaël martyr (5 septembre) se voit dans le Ménologe grec 5 fixé par des liens à un poteau, et scié d'une oreille à l'autre du haut en bas.
Saint Sarbèle prêtre et martyr (29 janvier), qui a bien l'air de se confondre avec le précédent6, est serré entre deux planches, au lieu d'être attaché à un poteau. C'est du reste le même supplice.
Saint Jonas martyr, compagnon de saint Barachise (Cf. Pressoir, p. 707; etc,). Scié après avoir eu les doigts coupés, entre autres tortures7.
Saint Évilase martyr, avec sainte Fauste; 20 septembre, v. 309. 11 était prêtre des idoles, ou l'un des promoteurs quelconque de la persécution contre les chrétiens sous Maximien; et fut amené au christianisme par la constance merveilleuse que montrait sainte Fauste dans les tortures. Condamné à mourir lui-même pour la foi, il aurait, au dire de quelques-uns, eu le crâne scié. Mais selon d'autres, les deux compagnons de martyre eurent la tête et le corps percés de clous.
Saint Acceul ou Acheul (Acceolus, Acheohts), diacre et martyr. Sa vie est fort peu connue ; ce que l'on en sait se borne à peu près à dire qu'il avait été mis à mort pour Jésus-Christ près de Carpcntras ou dans le bassin du Rhône8. Ses reliques portées en Picardie, ont donné leur nom à l'abbaye de chanoines réguliers qui avait remplacé près d'Amiens l'ancienne cathédrale de cette ville. Mais quelque vieille image populaire le représente la tête sciée verticalement d'une oreille à l'autre. Je suppose que cette peinture avait pour origine une tradition ancienne admise en Picardie.
Constant., 4.— Prudent., Peristeph., ix, v. 524 (ed.Arevalo, t. Il, p. 1021 ). — Etc., etc.
4. Cf. Siegel , Handbuchd. christlich-kirchlichen, Alterthumer..., t. IVi p. 312-314.
0. Menol. grœc., t. II, p. 143. Comme à l'autre, on lui donne aussi une sœur nommée Babea, qui mourut avec lui pour l'Évangile.
7. Menol. grœc, t. III, p. 33, sq. — Ménologe de Moscou (photographié ), p. 29.
8* AA. 8S. Maii, 1. 1, p. 44.