‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 1189 sur 1339 · T. I, p. 5. Voyez ce qui va ctro dit do Lazare, p · texte numérisé non relu

T. I, p. 5. Voyez ce qui va ctro dit do Lazare, p

SÉPULCRE

veloppé de bandelettes, et se dressant sous la porte verticale du monument creusé dans le roc (Joann.xi, 33-M). Mais deux méreaux de la cathédrale d'Autun (p. 621) le représentent nu et sur son séant, comme un homme qui s'éveillerait dans une tombe horizontale. La représentation primitive (celle que retrace l'émail byzantin) se

reproduit assez souvent chez nous, même dans les vitraux du xme siècle; mais on peut dire qu'elle est constamment adoptée par les sculpteurs des vieux sarcophages chrétiens. En voici un, copié par le P. Arth. Martin ; et la résurrection de Lazare y occupe le côté gauche. Les autres scènes n'importent pas en ce moment.

BAOCUREIU

Saint Joseph d'Arimathie et Nicodème se voient au tombeau de Notre-Seigneur, aidant à sa sépulture (Joann.

xix, 38-42) avec saint Jean l'Évangéliste et la sainte Vierge.

Saint Léon le Grand, pape ; 11 avril, 461. On le peint agenouillé devant le tombeau de saint Pierre; parce qu'ayant prié en ce lieu durant quarante jours, il reçut du prince des apôtres l'assurance que tous ses péchés étaient effacés, et qu'il allait bientôt rendre son âme à Dieu.

Saint Trophime , évêque d'Arles (Cf. Pied, p. 685).

Entre autres privilèges dont le décoraient les récits populaires de la Provence, on lui attribuait d'avoir obtenu de Notre-Seigneur une consécration toute particulière pour le célèbre cimetière de sa ville épiscopale.

Si je ne me trompe, la crosse que voici (déjà publiée en 1856 par le P. A. Martin)1, fait allusion aux Aliscamps (ou Champs-Elysées) d'Arles. Les Provençaux racontaient que saint Trophime avait béni son cimetière en présence de saint Maximin, de saint Eutrope, de saint Saturnin, de saint Martial, de saint Front, etc.2; et que,

i. mélanges d'Archéologie, t. IV; Mémoire sur le biton pastoral, fig. 83.

2. Cf. Gervas. Tilber., Otia imperialia, cap. xc. Dans Turpin (De vita Caroli Magni, cap. xxvni, p. 80), et chez Phil. Mouskes, Blaye est confondu avec Arles. Mais Gcrvais de Tilbéry habitait la Pro-

SÉPULCRE

sur la lin de cette cérémonie solennelle, Notre-Seigneur avait apparu : promettant que nul corps inhumé dans ce lieu ne souffrirait l'infestation des démons. C'est probablement ce que signifient sur la volute de cette crosse, les petits monstres qui semblent tous arrêtés devant une croix. Quant à la sépulture de l'évêque, elle indique apparemment que Trophime avait son tombeau dans cette terre privilégiée*.

Saint Césaire, évêque d'Arles (Cf. Gant, p. 445; etc.). Près d'un sépulcre et accosté par des clercs qui apportent les insignes épiscopaux. Sachant que l'évêque d'Arles l'avait désigné pour être son successeur, il se cacha dans les tombeaux (probablement aux Aliscamps). Ce fut là que, découvert par ceux qui le cherchaient, il fut obligé d'accepter la mitre.

Saint Servais, évêque deTongres. Cf. Neige, p. 574, etc.

Saint Birnsta.n (Biristanus, Brinstanus. etc.), bénédictin et évêque de Winchester; 4 novembre ou 24 février, 934. Il avait une dévotion particulière pour les âmes du purgatoire, et s'en allait la nuit réciter le psautier dans le cimetière à leur intention. Une fois entre autres, diton, comme il accomplissait sa pieuse tâche, il entendit sortir de toutes les tombes la réponse Amen qui témoignait la reconnaissance des trépassés'.

Saint Perpet (Peiyeluus), évêque de Toncres et patron de Dinant; 4 novembre, vers 608. On lui attribue le rôle de myroblite. Cf. Baume.

Saint Fortunat, évêque de Fano;8 juin, vers 620. Il est aussi compté au nombre des saints dont le tombeau distillait une huile odoriférante'.

Saint Narcisse , évêque de Girone et martyr ( Cf. Insectes ailés, p. 490, sv.). La répétition du bois gravé qui

a paru plus haut, ne saurait être inutile. Car dans certaines estampes ou peintures, le saint debout montre un petit tombeau rejeté sur l' arrière-plan. Alors les guêpes ou moucherons s'y trouvent réduits à des points presque imperceptibles, dont le sens serait perdu pour tout spectateur qui n'aurait pas été initié au secret de la légende.

Saint Arnou de Soissons (Cf. Armes, p. 73). On raconte qu'il se fit creuser son tombeau, sur l'annonce qu'il avait reçue de sa mort pour le lendemain.

Saint Vital, évêque de Salzbourg. Cf. Lis, p. 516.

Saint Bronolf (Brynolphus), évêque de Skara en Suède-, 6 février, 1317. Sainte Brigitte de Suède voit la très-sainte Vierge demandant à son Fils que le tombeau du saint homme devienne glorieux, à cause du zèle qu'il avait montré durant sa vie pour l'honneur de la reine du ciel.

SAiNTÉLOi(Cf.C/ieu«f,p. 209). On le met aussi au nombre des myroblites. Saint Ouen raconte que la richesse de

venec, et ne soupçonne môme pas que l'on conteste ses Aliscamps leur légende, ou qu'on en dise autant do nul autre cimetlèic.

Une homélie attribuée à saint Hilairc d'Arles (ap. Ant. M. Bonucci, Istoria cii S. TroHmo , p. 186-101), se contentait de dire que Notre-Seigneur avait apparu à Trophime mourant, pour lui donner le viatique ou l'extrême-onction. Cf. Ph. Mouskes, Chronique, t. I, p. 351; t. II, p. 534. — Turpin, cap. xxx.

I. Selou les historiens et la liturgie d'Arles, saint Trophime

son tombeau avait introduit l'usage de le draper pendant le carême, à cause de l'éclat des pierreries et des métaux précieux qui le revêtaient. On reconnut bientôt qu'une liqueur découlait du voile jeté sur ce sépulcre, et l'on s'en servit utilement contre diverses infirmités.

Saint Solein, évêque de Chartres (Solemnis, Souleine ou Soleine, Solemnius) ; 25 septembre, v. 509. Une lumière extraordinaire brille sur son tombeau. Cela fait peut-être allusion à la découverte miraculeuse de son corps dans la crypte de Maillet, où l'on en avait laissé perdre le souvenir pendant longtemps.

Saint Eucher évêque d'Orléans (Cf. Exil, p. 401), a été plusieurs fois représenté près d'une tombe ouverte d'où sort un reptile, et qui porte sur son couvercle les armes de France. Dans l'intention des artistes, c'était la tombe de Charles Martel; et de fait, une assez vieille légende raconte que la damnation de ce prince, pour avoir disent inhumé aux Aliscamps dans la chapelle qu'il avait dédiée luimême à la Mère de Dieu, et qui prit plus tard le nom de Saint- Honorat. L'office, retouché au xvu" siècle, ne parle plus des Aliscamps que d'une manière vague, mais fort honorable encore : « Ad ortum solis, jnxta paludes..., cœmeferium toto orbl terrarum cele- )>crrimum statuit. » Cf. Bonucci, htoriadi S. Tro/lmo, p. 05, 88, 80,

'i Calemlar. benedict., LH februar.

:). \\. SS. Jun., t. H, p. 100, s«

SÉPULCRE

'te

posé un peu cavalièrement des bénéfices ecclésiastiques, fut révélée à saint Eucher entre autres. Ailleurs on peint le saint évêque considérant des flammes au milieu desquelles se voit un personnage couronné. C'est toujours le même récit, dont les Bollandistes ne, font pas grand cas1.

Saint Ordono, évêque d'Astorga; 23 février, 1065. Près d'un sépulcre que vénère le roi Ferdinand l'r. Le saint, dans une ambassade àSéville, obtint les reliques de saint Isidore qu'il apporta dans la ville de Léon3.

Saint Wolstan (Wulstanus), bénédictin et évêque de Worcester; 19 janvier, 1095. On le peint enfonçant sa crosse dans le tombeau de saint Edouard le Confesseur. Lorsque Guillaume le Conquérant se fut rendu maître de l'Angleterre, il écarta volontiers les Saxons des principales dignités ecclésiastiques. Saint Wolstan, déclaré trop peu instruit, fut condamné à se démettre de son épiscopat; et s' approchant du tombeau de saint Edouard III, il dit : «J'accepte ma déposition, et me reconnais volontiers indigne; mais vous, roi Edouard, qui m'avez forcé de prendre le bâton pastoral, c'est à vous que je le remettrai. » Là-dessus, appuyant sa crosse sur la pierre tombale, il l'y fit entrer comme si c'eût été de la terre meuble. Lanfranc archevêque de Cantorbéry, ne voulut pas accepter une démission contre laquelle le Ciel se déclarait; et ordonna au saint de reprendre son rang dans l'Église3.

Saint Simpert, évêque d'Augsbourg (Cf. Loup, p. 528; etc.) Son sépulcre est respecté par une inondation, quoiqu'il ne s'élevât guère au-dessus du sol *. C'était après les courses des Magyars, qui avaient dévasté l'église de Sainte-Afre.

Saint Florian martyr (Cf. Bâton, p. 127; Seau, etc.), étendant le bras hors de sa châsse en présence d'un pape. On raconte qu'au xir> siècle Casimir roi de Pologne, ayant demandé un corps saint à Lucius III pour l'église de Cracovie, le pape entra dans la sacristie qui renfermait de nombreuses reliques*. Soit sérieusement, soit par une jovialité pieuse, il demanda qui de ces saints voulait aller en Pologne. Le saint, dit-on, étendit la main pour accepter la proposition. En conséquence, le corps

Page 1