TRONE
Les trônes laïques importent peu à notre sujet. Quelque somme de luxe ou de fantaisie qu'un artiste y ait dépensée, assez d'autres indices feront reconnaître pour prince, empereur ou roi, 'celui qui occupe ce siège ; et
en ce cas, nous avons divers autres renseignements pour guider la recherche d'une manière plus sûre. Quant au trône ecclésiastique (chaire pontificale), il en a été question précédemment. Si nous y revenons un instant, c'est pour faire ohscrver qu'en ce genre la simplicité sévère des sièges antiques s'est maintenue avec une singulière persistance. Voici par exemple (p. 779), la Vierge
Trùno do Dagobcrt (restitué), au cabinet de France. Cf. p. 781.
mère de Dieu, d'après une peinture des catacombes1; et des sièges épiscopaux du haut moyen âge en répètent sensiblement la forme.
Ailleurs, le dossier monte jusqu'à dépasser la tête du personnage assis *. Mais presque toujours cette chaire des vieux temps est taillée dans la pierre; et si quelque ornementation la décore, c'est avec une sobriété presque austère qu'on la retrouve chez nous sur de beaux sièges
t. Bosio, lloma sollerranea, p. 549. Cf. L'Heureux, llagioglypla, p. 243. — Supra, p. 192.
2. Cf. Bosio, p. 09, 25.% 279, 2K7, 380, 1127, 423, 441. M. Puni Durand a donné maintes fuîmes monumentales de trônes duns son
épiscopaux du moyen âge. Il fallait pourtant çà et là que ces chaires fussent portatives, et l'on en voit qui sont tressées d'osier ou de jonc'. En pareil cas, une draperie plus ou moins riche voilait en partie ce meuble si simple. Cependant peintures et bas-reliefs donnent parfois lieu de supposer que le fauteuil capitonné ne date pas précisément de notre âge*.
A l'imitation des pliants portatifs que l'antiquité avait
mémoire sur 1'ÉToiu.auia des Crées, pulilié par la Société urchéologiqao d'Ëure-ct-Lotr (Chartres, 1807).
3. Bosio, p. 93, 41 1. — (;. B. De Itossi, Uulltttino, 1805, p. 09.