VASES D'USAGE D0MEST1QI E. — VERGES
voulut obtenir du saint homme qu'il trahit ses compagnons; mais il refusa de donner aucun indice sur leur cachette, et se laissa trancher la tête sans satisfaire à la curiosité des persécuteurs. LeMénologe grec1 l'a peint en habits sacerdotaux, décapité à quelque distance de la source; et près de lui se voit une espèce de buire (ou buie ) qui indique comment il fut découvert.
Saint Baiupsabba (Barypsabbas), moine de Syrie; 10 septembre, postérieur aux temps apostoliques. Les Grecs racontent qu'un petit vase où avait été recueilli du sang de Notre-Seigneur sur le Calvaire, était parvenu entre les mains de ce saint homme et opérait grand nombre de miracles. Quand le serviteur de Dieu comprit que sa mort approchait, il s'en alla par la contrée, multipliant les guérisons au moyen de sa relique. Des malfaiteurs imaginèrent de lui dérober son moyen de faire des miracles, pour en tirer parti à leur avantage. Ils vinrent donc l'assassiner, mais trouvèrent son vase vide.
Le Ménologe grec*, qui désigne ce vase par le nom de coloquinte (cucurbita), comme qui dirait concombre, lui donne l'aspect d'un petit godet profond suspendu par une courroie.
Le vénérable Bède, moine; 27 mai, 735. Quelques anciennes estampes lui font porter une espèce de pot à l'eau, mais je n'en saurais donner le motif. Aurait-on prétendu exprimer l'ardeur infatigable avec laquelle il puisait ses connaissances à toutes sortes de sources3?
Saint Goar prêtre (Cf. Cerf, p. 188; etc.). Un pot près de lui; soit pour rappeler qu'il procura miraculeusement du lait à ses calomniateurs exténués de besoin4, soit parce qu'il est honoré dans le pays de Trêves comme patron des potiers ; de quoi j'avoue ne pouvoir donner la raison.
Saint Jean de Dieu (Cf. Corde, p. 258 et sv.). On a pu voir que le tronc (d'aumône) suspendu à son cou dans ma gravure, correspondait véritablement à un pot de terre qui lui servait à recueillir les offrandes des fidèles pour ses malades. Était-ce tout simplement (comme je le crois) le premier vase venu, que le saint aurait employé à cet effet, ou une sorte de tirelire? J'ignore si l'on a conservé des renseignements assez minutieux sur cette circonstance de sa vie, pour tirer ma petite question au clair.
Les SS" Juste et Rufine, martyres; 19 juillet, vers 287.
Elles étaient marchandes de poieries à Séville.ché qui a conservé jusqu'à nos jours une réputation européenne en fait de céramique. Comme elles étaient au marché, occupées à vendre leurs vases, des femmes païennes passèrent portant l'idole d'une divinité qui semble avoir été d'origine phénicienne (on l'appelait Salambô), et qui devait être quelque chose comme Astarté. Les prêtresses de la déesse impudique quêtaient auprès de chacun, en manière d'offrande , quelque chose que l'on consacrât au culte de leur déesse3. Nos deux chrétiennes, indignées de se voir convier à cette superstition, renversèrent l'idole. Sur quoi le juge les fit condamner à divers supplices, au milieu desquels ces généreuses chrétiennes laissèrent la vie.
Pour rappeler leur profession, Murillo, entre autres, a peint près d'elles des vases de terre.
Plusieurs saints martyrs, après leurs tortures, n'ont eu d'autre lit de repos que le sol de la prison couvert de vases brisés. Ce pouvait être parfois des écailles d'huîtres ou de moules. On comprendra sans peine que nous ne réunissions pas les noms de tous ceux qui ont eu à souffrir ce barbare traitement.
VERGE. Cf. Baguette.