‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 1291 sur 1339 · VOILE DE TÊTE · texte numérisé non relu

VOILE DE TÊTE

Outre cette indication commune, il est certaines saintes qui sont particulièrement caractérisées par le voile en diverses circonstances, et nous tâcherons de mentionner les principales.

Sainte Agathe, vierge et martyre (Cf. Mamelles, p. 539; etc.). Son voile, ou plutôt la draperie qui couvrait son sépulcre, arrête un incendie1. C'était le premier anniversaire de sa mort, et l'Etna menaçait Catane de ses feux. Le respect pour la martyre avait dès lors tellement prescrit, que les païens eux-mêmes coururent au tombeau de la sainte pour saisir l'étoffe qui le drapait. Ils opposèrent cette espèce de bouclier à l'éruption du volcan, et leur confiance fut couronnée de succès.

Sainte Léocadie (Cf. Prison, p. 192) passe en Espagne pour avoir apparu à saint Ildefonse, qui aurait coupé un morceau du voile de la sainte, avant qu'elle refermât son tombeau*.

Sainte Aldegonde. Cf. Ange, p. 43; Colombe, p. 2kk-

Sainte Radegonde reine de France, puis religieuse (Cf. Croix, p. 285; Apparitions de Notre-Seigneur), recevant

le voile au pied de l'autel par les mains de saint Médard. C'est un fait dont l'explication demeure assez difficile, vu que Radegonde avait épousé Clotaire qui était encore vivant. Mais le saint évêque de Noyon crut voir l'inspiration divine dans la demande résolue que lui adressait la reine, et lui imposa les mains lorsqu'elle avait à peine vingt-cinq ans.

Sainte Fiunciia, abbesse (Cf. Tonneau, p. 773). On rapporte de sa prise de voile quelque chose de semblable à la légende de sainte Aldegonde; sauf qu'ici ce fut un ange, dit-on, qui vint compléter la cérémonie après que l'évêque avait déjà coupé les cheveux et donné l'habit monastique à la jeune sainte3. Ce pourrait bien n'avoir été originairement de part et d'autre qu'une manière de montrer aux yeux l'inspiration du Ciel dans la générosité de ces jeunes vierges qui renoncèrent aux espérances du monde à l'instant où la vie semblait leur sourire davantage.

Sainte Glossinde de Metz, abbesse; 25 juillet, v. 608. On raconte aussi que cette sainte fut voilée par des

I. Dreviar. roman., 5 februar. : Anliph. ad Benedictus. — Ugend. aur., cap. xxnx. — Breviar. gothic, in laudibus : f Mira tam satis prodierunt signa

^Etnœus ipse mons eructavit Ignem ardantem.

Vidantes cuncti rogum venientem, Vélum sepolcri simul expandentes; Ignis stetit ad honoiificandum Corpus beatum. »

î. Dans les Poetas anteriores al siglo XV, p. 328, sg. ( Vida de san Itdefonso ), divers miracles de saint Ildefonse sont réunis à la faveur qu'il reçut de la Reine du ciel (Cf. Chasuble, p. 206; etc.):

Trabajô desde alli el santo padre perlado De su Tirginidat componer un dictado

Bstando en su portai un dia en escuso, Leyendo el su libro muy santo que compuso, La Vlrgen gloriosa fuesele parar de suso. Cuando la via el santo, fuesele à par muy ajuso. Levantose privado ende sera en la su silla, De somo de la cabeza tirosele la capilla, Alzô suso las manos e fincô de rodilla. Comenzô de fablar la Virgen sin mançilla : Vengoos, fijo, prometer, dixo ella, un gran dado, Porque tanto por mi babedes trabajado.

Ca, pues tos compusiestes este noble dictado, Lo que babia perdido, por vos lo be cobrado.

Mucbo me havedes, fijo, honrada e servida, Mas yo vos honraré en la muerto e en la vida. Puese despues que hobo [asi] fablado. Etc. »

i Vino luego un dia una fiesta honrada De una virgen preçiosa que fue martyrisada En la noble cibdat que vos he contada, Santa Locadia fue esta virgen honrada.

Todos fueron con el santo padre la fiesta honrar.

Bstando el Arzobispo de inojos en la grada, Al pie de la sepultura que esta bien serrada Saliô donna Leocada, la bien aventurada B fuelo abrazar loada e bien pagada.

Teniéndole abrazado, dixo en aquelia hora : La vida de Alfonso loa la mi sennora.

Dexole donna Leocadia, ibase su via,

Metiose en la sepultura la virgen gloriosa, E como ante estaba çerrôse la losa.

Mas ténia don Alfonso la voluntad fablosa : Amigos, dixo el, lo que agora viestes, Por vos lo fiso esto porque aqui viniestes ; E pues que todos tal cosa ver mereçiestes, Sea bien guardado esto que aqui oyes[t]es. Envolvio aquel vélo en çendal presçiado, E el cuchillo con el que le babia tajado ; Pues que tan santa cosa a tajar era entrado, De tajar cosas viles fuese siempre guardado.

c Levantôse don Alfonso a la hora que solia Por decir los maytines de la virgen Maria. Iban con el los clerigos e otras muchas gentes, B levaban delante muchos cirios ardientes. Cuando fueron a la puerta pararon dentro mientes,

E vieron gran claridat e non la pudieron sofrir,

Todos como estaban comenzaron de fo'ir.

Llego a la puerta e fizola abrir,

B fuese para el altar como antes solia hir.

Pues fiso rererencia delante del altar,

Para mientes e viô la gloriosa [sin par?]

Alli do el solia al pueblo predicar

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