‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 1295 sur 1339 · PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE · texte numérisé non relu

PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE

Voici un complément quelconque du souvenir conservé par le peuple pour les grandes âmes qu'ennoblit l'Église. Le décousu (si ce n'est même le désaccord) des deux tables de patronages (p. 605-773) sera quelque peu compensé par l'ensemble de ce répertoire général où tout doit se fondre dans la nomenclature des saints. Quant à la série alphabétique des attributs, ou caractéristiques, c'était la marche du livre lui-même, il ne pouvait être question de la reprendre ici pour un double emploi dépourvu de tout motif justifiable.

On y rencontrera les noms de plusieurs saints qui n'ont pas trouvé place dans ce volume parce que nul monument ne m'avait mis sur la trace d'une caractéristique qui leur fût assez généralement attribuée dans l'art populaire. Mais, outre que je n'ai pas eu la prétention de faire un livre absolument complet, il semblait utile de mettre à profit l'occasion présente pour étendre même aux serviteurs de Dieu omis dans ma revue, la liste des synonymies les plus répandues en France. Les noms populaires ont été si souvent modifiés d'une façon étrange par nos divers dialectes, que plus d'un lecteur nous saura gré d'avoir débrouillé pour lui cette confusion quotidienne où se heurtent fréquemment les données hagiographiques. Une synonymie semblable est devenue surtout nécessaire depuis que les habitudes chrétiennes ont singulièrement diminué parmi nous. J'inscrirai donc bien des variantes d'un même nom, sans prétendre m'engager à tout dire ; et maint chercheur s'en pourra trouver bien, si je ne me trompe. Ceux-là même qui ne tiennent pas à se renseigner sur les attributs ordinaires d'un saint ou sur les circonstances

1. L'imprimerie administrative de Paul Dupont a publié en 1858 un livret in-16 intitulé : État civil, prénoms pouvant être inscrits sur tes registres... destinés à constater les naissances. Si un homme

les plus célèbres de son histoire, auront ainsi quelque parti à tirer de ce registre (comme dit l'Allemagne).

Dans ces polyonymies (où nous ne sortons guère de la France et de ses livres ecclésiastiques) nous mentionnerons à peine les finales latines transformées en linales de notre idiome. C'est qu'il n'y a pas grand embarras à reconnaître Abonde dans Abundius, et réciproquement; de même Sébastien pour Sebaslianus. ou encore Guillaume pour Guillelmus, Gulielmus, Willlielm, etc. Car outre les désinences, certaines permutations quasi constantes d'une langue à l'autre sont passablement connues de tous les gens instruits, et je ne prétendais point écrire pour les écoles primaires. Mais s'il est beaucoup de dérivations qui sautent aux yeux, bon nombre d'autres paraissent fort éloignées du point de départ. C'est là surtout ce que nous prétendions éclaircir dans la synonymie qui se mêle à notre résumé alphabétique de l'ouvrage actuel1.

Je ne dois pas déguiser que maintes indications seront ici empruntées au vieux martyrologe du chanoine Chastelain ; mais je ne me suis pas plus astreint à reproduire tout ce qu'il avait enregistré, que je ne m'imposais de rester dans le cercle tracé par lui. Divers détails donnés par cet habile homme pouvaient être considérés comme surabondants, pour la simple indication que je me proposais ; et un certain dépouillement d'hagiographes variés permettait d'aller plus loin, si peu que ce fût. Du reste, le champ demeure ouvert à qui rêvera un travail parfaitement complet, surtout s'il s'agissait de l'étendre à d'autres idiomes que le nôtre. Ce serait incontestablement une œuvre curieuse ; mais pareil sujet cadrait si

du métier ( d'hagiographc ) eût consacré seulement quinze jours a préparer cette réimpression d'un travail du xviu* siècle, ce pouvait devenir un petit manuel très-utile sous plusieurs rapports.

RÉPERTOIRE GÉNÉRAL DES SAINTS

peu avec mes modestes prétentions, que je n'ai pas même pris toujours le soin de dépouiller ce qu'il y avait de synonymie utile dans les pages précédentes. Plus d'un saint désigné çà et là y figure avec des renseignements que je ne répète pas ici; et pour cette liste même que j'ai l'air de prôner, je ne m'engage pas à tenir compte exact de tous les renvois absolument désirables s'il fallait répondre à n'importe quelle question sous chacune de ses faces.

Encore une fois donc , il ne s'agit pas de résoudre ici tous les doutes possibles, même dans l'étroite enceinte où je me cantonne. Qui voudrait lire les vieux livres français et compulser nos manuscrits du moyen âge (car il ne s'agit pas des nations étrangères, où l'on serait un peu plus dépaysé), se heurterait à bien d'autres pierres d'achoppement pour mettre d'accord diverses dénominations avec celles qui ont pris le dessus dans la suite1.

Dans l'état où je veux laisser ma synonymie, on y trouvera encore souvent la clef de prénoms qui ont élé convertis en noms de famille, et qui jetteraient ainsi du jour sur plus d'une origine oubliée; sans compter divers noms de lieux dont la trace primitive paraît introuvable aux hommes peu versés dans la lecture des vies de saints. Ce ne doit pas être fait pour nuire aux études hagiographiques, trop négligées par des esprits qui ne savent pas assez tout ce qu'on y peut puiser de connaissances importantes. Pour moi, je ne regrette que de les avoir trop peu creusées.

"Ne laissons pas croire que ma liste puisse être prise comme guide absolument sûr pour étudier philologiquement les transformations de mots transmis d'un idiome à l'autre dans nos temps modernes. Cela se peut rencontrer souvent, mais non pas toujours; et la pire source des confusions est l'intervention étourdie (j'allais dire ignare) des gens lettrés, sur un terrain où ils n'avaient qu'à s'effacer pour tenir la plume sans autre rôle. En consultant bien des registres civils ou autres, on aperçoit promptement que l'orthographe primitive se dénature maintes fois lorsqu'une famille se déplace. L'officier public, ignorant, méprisant même la langue (mais surtout le dialecte) d'un pays étranger, transforme à sa guise, et du haut de sa grandeur (d'adjoint ou de secrétaire à la mairie), les noms qu'il tient pour barbares. Aussi sommes-nous infectés de dénominations où le fond est d'un pays, et la forme d'un autre,

quand il ne résulte pas de ces modifications quelque chose d'impénétrable. On l'a fait surabondamment pour la géographie de la France, même dans les cartes et listes officielles, faute de consulter les traditions et les coutumes dialectiques de chaque région particulière. Les noms de saints n'ont pas eu beaucoup plus de bonheur. Il faut donc s'attendre d'avance à y trouver du mécompte sous ce rapport.

Ces préliminaires une fois indiqué*, je puis bien commencer sans m'attarder davantage. « A bon entendeur, demi-mot. » 11 ne faudrait pourtant pas laisser prendre le change à des esprits neufs qui espéreraient trouver ici tous les noms de saints connus dans l'Église. Une telle nomenclature, même sans discussion aucune, serait matière suffisante à volume fort bien garni ; et l'on n'en possède encore que des fragments épars, malgré les grandes publications des Bollandistes*.

Aaron, le grand prêtre : Baguette 107, Encensoir 346,

Mitre 560.

Abbacum, Habacuc, Abacun (martyr), Abachum ; chez les

Slaves, Avvacoum. Cf. Habacuc, et Marius martyr persan. Abbacyr pour Cyr (d'Alexandrie), Appassare. Abbain, Abban, Abbanus.

ABBAYES DIVERSES: Armoiries 83. Cf. Ordres religieux. ABBÉS : Crosse, 294 et svv., Livre 523 et sv. Abdias prophète : Cruche 301, Pain 596. Abdiesus, Hebedjesus.

Les SS. Abdon et Sennen mm. : Groupe 457, Lion 513, Mitre

phrygienne 561 et sv.; P. 605, 638.

Abeile, Abeil, Abeyle, Abylius.

Abel : Agneau 21, Assassinat 88.

S Abondance : Crucifix 293, Image de N. D. 489.

) — de Côme : Cerf 184, Cadavre 154; P. 605, 645. t — d'Espagne (?). Cf. Juste.

— le patriarche : Agneau (Bélier) 21 et 729, Arbre 64 et 729, Ange 729, Bélier 130 et 729, Couteau 273 et sv., Plateau ou Corne 346, Enfant 354 et 729, Groupe 453, Jugement dernier 493, Linge 505, Repas 729, Trinité 778 et 729.

— le solitaire (de Chidane) : Ermite 379, Groupe 460.

S' Abre, Apra, Abra (de Poitou) : Groupe 455. S" Abs pour Ebbe (de Coldingham). Cf. Ebba. Absalom m. : P. 605, 645.

d'Amida, évoque : Calice 173.

de Mélitène (Cf. Achate) m. : Ange 39, Aiixi- Acace liaires 102-104, Croix 288 et 163, Couronne

d'épines 271, Crucifié 288, Épines 373, Groupe

Abonde

Abraham

1. M. J. Quidiorat, dans un opuscule tout récent(0e la formation française des anciens noms de lieu, p. 05-70), a bien compris que les noms des saints avaient grande importance pour une foule de recherches. Je n'ai pas voulu lui dérober toutes ses indications; d'autant que Chnstelain en avait déjà rassemblé une grande partie.

2. Afin d'éviter maintes formules qui se répéteraient sans cesse, une seule ressource typographique peut parer a divers malentendus. Le caractère italique indiquera une forme latine dans la synonymie ; et suivi de chiffres, il désignera des caractéristiques (de

groupes et non plus de personnages isolés) qui auront reçu leur explication a la page marquée par le numéro de renvoi.

Quant aux noms propres, pour prévenir des complications typographiques, je ne les ferai précéder par une ou deux S qu'à l'occusion des saintes ou des groupes do plusieurs personnages. Les patronages ayant eu déjà leur énumération , il semble suffire de les indiquer (après toute caractéristique) par un P suivi du chiffre de renvoi pour la page, où l'on so renseignera sans trop de peine.

Pour les abréviations év., pr., m., v. (signifiant éveque, prêtre, martyr, vierge), j'avais à peine besoin de les cipliquor.

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Épée

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