SAINT DAMIEN
dans la petite
gravure que
nous publions d'après ce vieux modèle, où la bonhomie
du style est une garantie de plus pour la popularité des
sources que consultait l'artiste9. Cf. Groupe, Médecine, etc.
BOEUF
Cet article renfermera sans distinction toutes les bêtes bovines (ou, comme on dit, les bêtes à cornes) : taureau, vache, bœuf, buffle, et même les bœufs ou taureaux artificiels.
Saint Luc pourrait bien figurer ici en tête, mais il aura sa place à part avec les trois autres èvangètistes.
Saint Corneille, pape; 16 septembre, 252. On le représente parfois entouré de vaches ou de bœufs. Je ne pense pas qu'il en faille chercher d'autres motifs que la consonnance de son nom avec celui de bêtes à cornes. Ici comme dans bien des cas, un jeu de mots aura déterminé le choix de ce pape pour le patronage des grands troupeaux. En Bretagne, saint Corneille est encore invoqué comme protecteur des vaches et des bœufs. Cf. Cor.
Saint Silvestre, pape; 31 décembre, 335. Un taureau près de lui. Ses Actes, dont l'authenticité est fort con- • testable, racontent qu'il eut une discussion publique avec des docteurs juifs devant sainte Hélène. L'un des rabbins, pour prouver la divinité de sa doctrine, fit amener un taureau furieux ; et d'un mot qu'il murmura dans l'oreille de l'animal, il le fit tomber expirant. Pressé de donner une contre-épreuve de son pouvoir en rendant la vie à sa victime, le juif refusa; et Silvestre se chargea de
Ont léenz I. fusicien Qui tant par est de Tranche orme Qu'il garât sanz véoir orine. «
Cf. Plin., Nat. hist., libr. XXVIII, 10 (al. 6).
BOEUF
ressusciter le taureau, qui regagna son troupeau sans donner aucun signe de sa férocité première. Ce miracle, dit-on, aurait amené la conversion d'un grand nombre de juifs '. Cf. Dragon.
Saint Éleuthere de Romk, évêque. Cf. Foxmiaise. Quelques auteurs semblent dire qu'il fut brûlé dans un bœuf de bronze, mais je ne trouve pas cela confirmé.
Saint Saturnin évêque de Toulouse , et martyr ; 29 novembre, v. 250 (?). Traîné par un taureau. 11 passe pour avoir été le premier évêque de Toulouse; et par conséquent, la détermination de son époque est sujette à toutes les difficultés qui entourent l'histoire des premiers sièges épiscopaux en France. Le silence des oracles païens et l'indication d'un idolâtre qui déclara Saturnin comme auteur de cette mésaventure, le signala aux vengeances de la populace. Une troupe de furieux l'assaillit; et irrités de ses reproches, ils l'attachèrent par les pieds aux cordes qui liaient un taureau préparé pour le sacrifice (si tant est que ce capitole fût un temple). L'animal farouche, laissé libre, entraîna par les rues le corps du saint évêque dont la tête fut bientôt fracassée t.
J'ai entendu certain antiquaire languedocien prétendre que tor indiquait une éminence dans l'ancien langage du pays; et que ce mot avait donné lieu plus tard à des légendes où l'on faisait figurer le taureau. Mais pour l'histoire de saint Saturnin en particulier, Sidoine Apollinaire devait bien connaître, au v* siècle, les traditions et la langue de ses compatriotes. Or il ne s'est pas montré d'un esprit si délié que notre antiquaire moderne '. Je laisse donc la question in slatu quo ante bellum; et me défie, jusqu'à nouvel ordre, de ceux qui en savent plus que nos ancêtres sur ce qu'il restait encore de la langue celtique en France il y a treize ou quatorze siècles. Les montagnes d'Auvergne devaient en garder quelque chose alors, dans le pays de Vercingétorix et d'Ecdicius (beaufrère de saint Sidoine).
Saint Eucène de Deuii. (dans l'Ile-de-France), évêque de Tolède, dit-on ; 15 novembre, époque difficile à fixer. Nos livres parisiens le donnent comme disciple de saint Denis; et veulent que revenu dans le Parisis pour vénérer son maître, il y ait été mis à mort par les païens. L'Église de Tolède ne semble pas en avoir rien su durant une dizaine de siècles (Cf. Espana sagr., III, 161-175). Mais, d'après ce qu'en disent les écrivains de ce pays-ci, on pourrait le peindre avec une épée comme signe de sa décapitation. En outre un bœuf près de lui indiquerait
que ses reliques ne purent être éloignées du lieu où le saint avait souffert la mort pour Jésus-Christ *. Car nos légendes quelconques du Parisis supposent que nulle traction ne réussit à déplacer son cadavre.
Saint Errox (Ellw), évêque irlandais; 10 juillet, v. 660. Des bœufs ou des vaches près de lui. On l'invoque en Hainaut contre les épizooties, peut-être parce qu'il rendit la parole à un pâtre qui était muet de naissance 5. Il est du nombre de ces saints irlandais qui vinrent en France au temps des Mérovingiens. Ses reliques étaient honorées dans l'abbaye de Liessies.
Saint Adolfe (Alaulfus), évêque de Calice (Compostelle); 19 avril, v. 831. Un taureau prosterné devant lui. Le saint accusé près du roi de Léon (Ordono 1") commij auteur d'un complot pour livrer la Galice aux Arabes, fut mandé à Oviédo afin de rendre compte de sa conduite. Mais le roi prévenu contre lui, était plutôt disposé à se venger qu'à entendre la justification du prélat; et déjà l'on avait amené un taureau destiné à le mettre en pièces. Mais quand le saint s'approcha , l'animal farouche se calma immédiatement; et se jetant à ses pieds, il le lécha, comme eût pu faire un agneau accoutumé aux caresses 6.
Saint Fursy (Furcy, Fursseus)^ abbé, puis chorévêque ■. 16 janvier, v. 650. Deux bœufs accroupis près de lui, parce qu'après sa mort son corps fut porté à Péronne par des bœufs que l'on avait laissés sans guide.
Saint Eostache général d'armée , martyrisé avec sa femme et ses deux fils dans un taureau de bronze entouré de flammes; 20 septembre, v. 118. Généralement les anciens artistes, pour représenter ce supplice , ont pratiqué une ouverture dans le dos de l'animal; et le saint s'aperçoit debout, à mi-corps, étendant les bras comme pour recommander son âme à Dieu7. Cf. Cerf, etc.
Saint Chrysanthr , martyr; 25 octobre, v. 270. Cousu dans la peau d'un bœuf fraîchement écorché , et dans cet état, exposé au soleil afin que le resserrement du cuir se tournât en supplice pour celui qu'on y avait enfermé. Ce ne fut là du reste qu'une des tortures auxquelles le saint fut soumis avant de recevoir la mort.
Saint Armogaste. Cf. Berger, p. 134.
Saint Calais, ermite et abbé (Cf. Baril, p. 122). Une espèce de buffle s' abaissant sous sa main. Cet animal semble avoir été |un de ces aurochs que les forêts de France nourrissaient encore à l'époque mérovingienne; et la bête poursuivie par la chasse du roi s'était réfugiée