Cf. Menolog. grœc.t t. II, p. 36-37 (17 et 18 decembr
l'accompagne dans les monuments chrétiens des premiers siècles. 11 est bon de savoir que l'art antique, surtout à l'époque romaine, avait adopté la mitre phrygienne, et le pantalon asiatique, qui était une espèce de chausses (Anaxyrides) , comme caractéristique des barbares d'Asie. A tort ou à raison, cet ensemble de costume était censé la marque distinctive des Perses, des Mèdes, des Arméniens; et les limites de l'Asie et de l'Europe étant fort incertaines par terre, les peuples asiatiques s'étant du reste fréquemment versés sur l'Europe, ce signe fut étendu aux Sarmates, aux Scythes, aux Alains 2, etc. Mais en somme, c'était la barbarie asiatique, ou les nations plus ou moins indéterminées de l'Orient, que désignait cette expression.
Tel est Daniel dans ce fragment d'un bas-relief dessiné en Algérie 3 par le commandant de La Mare.
Le prophète, à cause de son séjour à Babylone et des dignités dont il fut revêtu à la cour des rois de Perse, est représenté dans la fosse aux lions avec la mitre et les anaxyrides ou pantalon à grands plis (Saraballa, Sarabara, etc.). Dans les peintures grecques du moyen âge, la mitre phrygienne (persane, asiatique) prend une forme assez semblable à celle d'une sorte de petit gobelet qui serait fixé je ne sais comment dans la chevelure au sommet de la tête *. Nous en donnerons un exemple à propos de saint Zacharie, sous le titre Encen* soir. Mais cela se retrouve aussi dans quelques monuments de la Haute-Italie, par exemple en Frioul».
Les toois jeunes Hébreux amis de Daniel (Ananias, Misael et Azarias ; ou Sidrach, Misach et Abdenago) ont été souvent représentés dans la fournaise avec le même cos^ tume que Daniel, et pour les mêmes raisons.
Les trois rois mages (Gaspar, Melchior et Balthazar), comme Chaldéens, ont reçu également cet indice asiatique6. L'usage en a longtemps persisté dans l'art chré-
5. Cf. F. dcDartein, Étude sur l'Architecture lombarde, pi. VIII. On y voit les Mages sur un bas-relief du vmc siècle à Cividale.