‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 273 sur 1339 · AA. SS. Febr., t. III, p · texte numérisé non relu

AA. SS. Febr., t. III, p

5. Cf. P. M. Campi, Vita di S. Corrado di Piacenza, etc. (Piac, 1013, in-4»), p. 131, sgg.

CERF, BICHE, DAIM

l'alimenter1. Selon d'autres, c'était une biche ou une chevrette qui le nourrit de son lait.

Comme je l'indiquais précédemment, il y aurait lieu (outre les données historiques fournies par la légende primitive) de rechercher si parfois le cerf ou le daim ne sont pas tout simplement une notification de chasse ouverte, à la façon de plusieurs indices signalés sous les titres Calendrier, p. 159-167; Oie, etc. Le gibier rouge était particulièrement interdit entre la Saint-Georges (23 avril) et laSaint-Jean-Baptiste(24 juin), parce que c'est le temps où les biches et chevrettes mettent bas leurs faons. Mais pour laisser aux petits le temps de grandir, on ne poursuit guère ces animaux avant la fin de l'automne.

Saint Gunther abbé de Niederaltaich , puis retiré à Dobrawoda (Gutwasser) en Bohême; 9 octobre, 1 045. Un cerf le fit trouver par le duc Brzetislas, qui chassait dans le pays. On dit aussi que le saint, dans sa retraite, vivait du lait d'une biche.

Du reste la légende de ce solitaire paraît avoir prêté ou emprunté à celle de saint Procope de Bohême, dont il avait été le compagnon dans la solitude. Celui-ci, abbé d'Emmatis près de Prague (2 juin, 1053), fut découvert dans son ermitage par Udalric, fils de Boleslas III et père de Brzetislas le Victorieux. Un cerf poursuivi à la chasse en fut l'occasion, et le prince voulut bâtir un monastère pour le saint ermite. Cf. Calice, p. 175.

Saint Ivan, solitaire en Bohême (Cf. Croix à la main). Pendant plus de quatorze années qu'il vécut presque Inconnu aux hommes , une biche venait , dit-on , se laisser traire par le saint homme J.

Saint Goar prêtre, dans le territoire de Trêves; 6 juillet, v. 575. Trois biches s'arrêtent à sa voix. Cette représentation se rapporte à un fait assez semblable au trait que l'on raconte dans la vie de saint Maxime de Turin (ci-dessus, p. 184). Accusé près de l'évêque de Trêves, il était épié par des hommes que la faim et la soif réduisirent à lui demander du secours. Le saint ermite appela trois grandes biches qUj passaient dans la forêt, se mit à les traire et les congédia. L'évêque, informé de cette action, manda néanmoins le saint homme qui lui semblait suspect de magie, et il fallut bien d'autres prodiges encore pour que cet esprit prévenu consentît à se rendre '. Cf. Auréole, p. 99 ; Enfant, Vases d'usage domestique, etc.

Sainte Macrine de Néocésarée, grand' mère de saint Basile le Grand; lft janvier, v. 308. Ketirée dans le désert avec son mari pour éviter la persécution, des cerfs s'offrirent comme d'eux-mêmes pour lui servir de nourriture *.

Sainte Osithe ou Scytha, vierge et martyre; 7 octobre, 870. Un cerf près d'elle. Elle était fille de Frittwald (ou Frewald) prince mercien; et accordée contre son gré à un roi saxon, elle n'avait pas perdu l'espoir de conserver sa virginité. Le jeune époux, après avoir cédé à ses prières durant les premiers jours qui suivirent les noces, fut tout â coup averti qu'un cerf d'une grandeur extraordinaire venait de se montrer devant le palais. Sautant à cheval, il entra en chasse immédiatement; et après plusieurs jours de poursuite, il revenait pour visiter la reine. Mais il trouva que celle-ci, croyant reconnaître dans le délai que Dieu lui avait procuré une ratification céleste de ses desseins, s'était fait couper les cheveux et avait pris le voile ». Le roi, respectant cette constance, lui laissa suivre son désir, et fit construire un monastère où elle fut tuée dans une invasion des Danois. Cf. Tète.

Sainte Nennok ou Ninnoc (Ninnoca) , abbesse en Arinorique; 4 juin, vin" siècle. Un cerf couché à ses pieds dans l'église pendant que les religieuses chantent l'office. Cet animal, dit-on, se dérobant aux chasseurs, s'était précipité dans le chœur du monastère. Le prince du pays voulut qu'on épargnât la bête et fit même une donation considérable aux religieuses. M. le comte Ch. de Montalembert explique cette légende d'une manière spécieuse et trèsplausible, en proposant d'y voir la traduction populaire d'un fait plus simple : l'asile donné par l'abbesse Nennok à une princesse bretonne qui voulait éviter les poursuites d'un seigneur •.

Ici pourrait venir se placer la légende populaire de Geneviève de Brabant, si le titre de sainte qu'on lui a souvent donné était bien fondé en histoire. Mais les Bollandistes, tout Belges qu'ils sont, ne croient pas que cette célèbre princesse puisse être comptée au nombre des saints. Du reste, nous allons retrouver les principaux traits de son histoire sous un autre nom dans l'article suivant. Indiquons du moins pour la Belgique, en manière de compensation , sainte Begghe d'Andenne 7, dont il sera parlé plus tard sous le titre Coq et poule.

i. Calendar. benedict., 26 jul. Il n'est pas clair du tout qu'il appartint à l'ordre de Saint-Benoit.

Page 1