‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 315 sur 1339 · CHAUDIÈRE · texte numérisé non relu

CHAUDIÈRE

ment à la parole de Notre-Seigneur Jésus-Christ '. Après quoi il fut déporté dans l'île de Pathmos *. Le genre de supplice auquel il fut soumis a seul pu motiver le singulier choix que les chandeliers ont fait de lui pour leur patron s, et la dévotion de plusieurs à l'invoquer contre les brûlures. D'autre part, comme en certaines provinces (Picardie et pays wallon), le 6 mai s'appelle Saint-Jean- Porle-Latin, ce jour a été pris pour fête patronale par les libraires et les imprimeurs « quia portant latinum. » L'interprétation n'est pas de moi, je l'emprunte à une lettre du P. Angelin Gazet (l'auteur des Piahilaria) qui l'avait recueilli de la bouche des gens du métier au commencement du xvii* siècle. Le P. Héribert Rosweyde, que l'on peut bien considérer comme le fondateur des Bollandistes, sachant combien le P. Gazet aimait les curiosités populaires de l'hagiographie, l'avait prié de recueillir dans l'Artois, la Flandre française et le Hainaut, des renseignements sur les patrons invoqués pour les divers métiers, les maladies, etc. La réponse du P. Gazet, datée de Valenciennes le 19 avril 1623, est conservée à la Bibliothèque royale de Bruxelles parmi divers papiers des anciens Bollandistes, et j'aurai encore quelques autres emprunts à lui faire ailleurs.

En certaines parties de la Champagne ou du Poitou, à ce que l'on m'a dit, le nom de cette fête a reçu une autre application non moins bizarre. Croyant ou feignant de croire que saint Jean porte la tine (tinette, cuvier), les vignerons ont adopté son patronage. Du reste la chaudière et la cuve ne sont pas sans analogie. Aussi , soit qu'on supposât une cuve remplie en manière de baignoire par un liquide chauffé ailleurs, soit qu'on imaginât une sorte de baquet en métal propre à supporter l'action prolongée des flammes, le moyen âge peint volontiers ce supplice comme si le récipient était une tonne défoncée à sa partie supérieure.

Quant à ce que peuvent enseigner les monuments plus anciens, et entre autres les inscriptions sépulcrales, la chaudière était tantôt cylindro-conique ou semblable à un segment de sphère, lantôt en forme de bassine à angles droits. On y jetait de l'huile, de la poix, de la résine, du soufre, et le patient y était plongé lorsque

1 . Joann. xxi, 22 : « Sic eum volo manere donec veniam. » L'évangéliste nous dit lui-même que ce langage fut pris par les disciples comme une promesse d'échapper à la mort. Il donne bien à entendre que la parole divine le garantissait uniquement contre la mort violente. D'autres observations sur le même texte seraient absolument utiles, mais non pas nécessaires ici.

2. Comme on n'avait pas encore inventé de nier la possibilité d'une dérogation aux lois quotidiennes de la nature, les Romains crurent le témoignage de leurs yeux; et l'on expliqua le prodige en accusant de magie celui qui échappait à une épreuve si critique.

Après la mort de Domitien, l'évangéliste quitta Pathmos où il avait écrit l'Apocalypse, et revint habiter Éphèse.

A cette occasion ne pourrait-on pas faire observer que l'apparition du Sauveur à l'exilé de Pathmos réalisait précisément sa promesse? Cela une fois accompli, le vieux témoin du Calvaire n'avait plus qu'à s'éteindre de sa belle mort.

les matières entraient en fusion ou en ébullition. Dans le Ménologe grec, on la prendrait pour un grand cylindre, car elle ressemble assez à une petite tour*. Voici, d'après des représentations d'un âge plus reculé, deux façons de figurer cet instrument de torture.

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Mais convenons que cela ne tranche pas tout à fait la question, car il se pourrait faire que le copiste s'y fût trompé en nous transmettant comme flammes ce qui était des barbes d'épis dans l'original. Alors nous aurions des mesures pour les céréales, au lieu de chaudières \

Saint Émilien évêque de Trevi, martyr; 28 janvier, sous Dioclétien. On le dit venu d'Arménie (de la Cilicie, peut-être, ou des rives occidentales de la mer Noire) pour prêcher la foi en Italie. Soumis à de nombreuses tortures, et entre autres à l'immersion dans le plomb fondu, il termina sa vie par la décollation8. Cf. Groupes (quatre à quatre).

Saint Cyiuaque, évêque; 28 octobre, sous Julien l'Apostat. Plongé dans une chaudière après avoir eu la main droite coupée, puis tué d'un coup de lance7. Les Grecs le font évêque de Jérusalem, et veulent que ce soit le juif qui avait indiqué à sainte Hélène le lieu où fut trouvée la vraie croix. Les Latins l'appellent souvent Quiriace ou même Judas, du nom qu'il portait avant son baptême.

Saint Évilase. Voyez ci-dessous sainte Fauste, p. 208.

Saint Vit, martyr; 15 juin, sous Dioclétien. Dans une chaudière pleine de résine, de poix ou de plomb fondu 8. Il est souvent accompagné de sa nourrice sainte Crescence, et de saint Modeste son père nourricier, qui partagèrent avec lui ce supplice, mais ne moururent que sur le chevalet. Il est considéré comme étant mort dans l'enfance, après l'âge de raison cependant.

Ses reliques , portées de bonne heure à la nouvelle Corbie (Corvey sur le Weser), le firent honorer par les peuples du Nord; si bien que plusieurs ont cru trouver des vestiges de son culte'dans l'idole de Swantovit que les Ruges honorèrent après avoir abandonné le christianisme. Cf. Coq, Groupes.

3. Cf. A. Forgeais, Plombs historiés, 1. 1 (Métiers, 1802), p. 45-48 On pourrait imaginer que les sept chandeliers de l'Apocalypse

(i,12, 13. 20 ; h, 1, 5) y sont pour quelque chose, mais je n'en crois vraiment rien.

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