‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 341 sur 1339 · CRDX SANCTI PATR1S BENEDICTI · texte numérisé non relu

CRDX SANCTI PATR1S BENEDICTI

Sur le corps même de la croix , tout s'explique par ce pentamètre où la lettre centrale fait double fonction :

CRUX SACRA SIT UII1I LBX, NON DRACO S1T UIHI DIX.

Dans le cordon qui entoure la médaille , c'est le distique léonin :

YADE RETRO SATANA, NONQOAM StIADE WHIVANA; SUNT HALA QUE I.IBAS, 1P5E VENENA BIBAS.

Je ne parle pas du monogramme qui est au centre de l'une des faces et au sommet du cordon dans la grande médaille. Ce semble être une addition tardive qui, souvent, ne se rencontre pas dans la médaille de Saint- Benoît.

Quant à traduire littéralement les vers que nous venons d'énoncer, ce serait vouloir transporter dans notre langue des expressions naïves qui perdent leur saveur en se dépouillant de la forme ancienne. Qu'il suffise de dire que cette croix de Saint-Benoit faisait allusion au signe de croix par lequel notre saint échappa au poison qui lui avait été préparé (Cf. Calice, Coupe, p. 17H, sv.). En la portant, on espérait mettre obstacle aux maléfices et trouver aide pour surmonter les tentations du démon. L'expérience montra que cet espoir était fondé; aussi la médaille de Saint-Benoit se répandit beaucoup parmi les fidèles comme un préservatif dans les périls, et un moyen de réveiller la foi dans l'assistance du Ciel contre les dangers de l'âme et du corps.

Les monogrammes du nom de Marie qu'emploient l'ordre des Serviles et celui des Piaristes, ont été signalés sous le titre Armoiries.

Saint Ignace de Loyola (Cf. Auréole, nom de Jésus, p. 97). Sur un livre, ou dans l'air, les quatre initiales des mots ad majohem Dei clobiam (A la plus grande gloire de Dieu).

Ces paroles étaient comme sa devise ; il les répète avec une sorte d'affectation dans son institut; aussi l'Église, trouvant qu'elles le peignaient fort bien , les a rappelées dans l'oraison de sa fête'. Quant à ce qu'on a dit du nom de Jésus abrégé (p. 96-98), demandez à la ville de Genève si elle prétend devoir ce chiffre aux Jésuites.

Nous pourrions absolument donner place ici à saint François de Paule instituteur des Minimes (2 avril, 1508), souvent caractérisé par le mot chantas environné de rayons, qui est comme la devise de son Ordre. Mais

cède ut ejuaauxilio et imitations certantes in terri», coronari cum ipao mcreamur in ru-lis.

CHIFFRE. — CHRISME.

c'est une expression en toutes lettres; et non pas un chiffre proprement dit, au sens indiqué ci-dessus. Cf. Bâton, p. 128, sv.; etc.

CHRISME.

Le mot que je prends ici pour titre devant reparaître plus d'une fois dans cet ouvrage, il semblait bon de lui accorder un article à part. Mais notre tâche s'y trouvera facilement abrégée après ce qui a déjà trouvé place sous le titre précédent; si bien qu'on pourrait même, sans trop de sévérité, nous reprocher un double emploi. Toutefois, comme je n'ai guère montré encore les deux premières lettres du mot xpiïtoï , accostées de l'A et de l'n (profession de croyance catholique sur la divinité de Jésus-Christ), il est bon d'en présenter au moins un exemple complet. De la sorte, on entendra mieux les divers sens qui peuvent être attribués au chrisme des premiers siècles, dont la trace persista longtemps même parmi les Latins.

Je me sers d'un calque préparé par le P. Martin pour le travail qu'il rêvait sur les anciens verres à feuille d'or gravée l, mais qui a été réalisé par un autre depuis sa mort*. Les recherches récentes de M. le chevalier J.-B. de Rossi me dispenseront d'entrer à ce sujet dans aucun détail chronologique, car c'est en ce point tout particulièrement qu'il s'est frayé une route à part où nul n'a conquis droit de lui disputer ses découvertes acquises si laborieusement. Faisons donc observer, sans plus, que la forme majuscule de l'oméga est suspecte dans les monuments du christianisme que l'on voudrait donner pour anciens.

1. Cela est nommé souvent verres peints, surtout depuis que le disert romain Buonarruoti a publié son bel ouvrage intitulé Vas antichi di vetro ornati di figure. Mais l'habile antiquaire ne parlait nullement de peintures; et de fait, les originaux présentent tout simplement des contours tracés a la pointe (avec quelques hachures) sur une légère feuille d'or enfermée dans la pâte de verre. Je ne sais pourquoi nos cristaUiert modernes ne reproduisent pas cet artifice

M. L. Curmer, dans sa belle publication récemment terminée qui avait pour titre les Évangiles des dimanches et fêtes, a rassemblé plusieurs des formes revêtues successivement par le chrisme antique jusqu'aux siècles où il s'effaça dans l'usage populaire. Ce ne saurait être ici mon objet, nul saint n'étant caractérisé par ce signe après l'extinction de l'arianisme dans le monde civilisé (fin du vie siècle).

Disons encore, pour plus de renseignements, que le haut moyen âge suspendait volontiers l'A et l'n avec deux chaînettes (comme des pendeloques) aux extrémités des

bras d'une croix. Cet usage doit remonter assez haut, puisque Bosio (Roma sotterranea, p. 131) en signale la forme que voici \

antique, susceptible de mainte application charmante. Peut-être aussi que je suis trop peu au courant des progrès de l'industrie actuelle pour en parler sciemment. .

2. Raff. Garrucci, Vetri ornati di figuré in oro (Roma, 1858), tav. xxxix, et p. 82, sg. — Cf. Ibid., tav. xi, xiv, xv, xx, xxm, xxv, etc.

Page 1