ANE. — ANGES
en lui donnant une barbe touffue, ne songeaient pas assez que le saint jeune homme avait alors tout au plus seize ans* Aussi fut-on réduit à le forcer d'accepter la charge pastorale, dont il voulait s'excuser sur son âge.
Saint Nathanael, reclus, un des Pères du désert. Le démon, sous la forme d'un enfant conduisant un âne qui venait de s'abattre, s'approche pour le tirer de sa cellule sous prétexte de réclamer son aide '. Le pieux solitaire s'était aperçu que le démon cherchait à lui suggérer des prétextes pour abandonner la vie retirée dont il avait fait profession; et reconnut dans le prétendu acte de charité que cet enfant lui demandait, une ruse du malin esprit qui voulait lui faire quitter sa cellule.
Saint Helenus, abbé en Egypte; 17 avril, vers le IVe siècle. Un jour qu'il portait au loin de la nourriture pour les ermites du désert, la lourdeur du fardeau et la longueur du chemin lui firent craindre de ne. pas arriver à temps pour soulager ses frères. Une troupe d'onagres folâtrant près de là, il leur commanda de lui prêter secours au nom de Jésus-Christ. L'un d'eux se détacha sur-le-champ pour accepter son fardeau, et lui obéit jusqu'à ce qu'il eût accompli entièrement cette tâche étrange pour un animal si réfractaire à la domestication 2.
Saint Gerlaciie, ermite; 5 janvier, v. 1170. i\é dans le pays de Maestricht, il avait mené longtemps une vie peu chrétienne. Mais la mort de sa femme le rappela aux pensées de l'éternité. Abandonnant donc ses biens, et laissant la profession militaire, il s'en alla monté sur un âne chercher un ermitage où Dieu seul fût désormais son occupation. Cf. Arbre, Ermites, Fontaine, etc.
Saint Léonard, ermite, puis abbé; 0 nov., v. 559. Le roi d'Austrasie Thierry lui offrant un vaste espace de forêts pour y fonder un monastère, il se contenta de demander autant de terrain qu'il en pourrait circonscrire porté par son âne en une nuit. Là il établit un oratoire (Noblac) qui devint le berceau de l'abbaye, puis de la ville nommée encore Saint-Léonard en Limousin. Cf. Chaînes, Ermite, Source.
On raconte à peu près la même chose de deux ou trois autres saints, avec divers princes; mais je ne vois pas qu'ils aient la même célébrité.
Saint Antoine de Padoue (de Lisbonne), franciscain; 13 juin, 1231. Un âne (ou mulet) agenouillé devant l'homme de Dieu, qui porte le Saint-Sacrement. Un hérétique refusait de croire à la présence réelle de Notre- Seigneur dans l'Eucharistie; et le saint, pour confondre cette opiniâtreté, promit qu'il lui ferait donner une leçon par les animaux. Le sectaire ayant donc fait jeûner plusieurs jours son âne (ou sa mule), Antoine tenant en main l'hostie, se présenta devant la bête qu'on avait mise près de sa pâture. L'animal quitta tout pour se prosterner de-