AA. SS. Septembr., t. IV, p
3. Cf. Effemeridi letterarie di Roma, t. VIII (1822), p. 317-320. — Pe Cymbalis (ap. Fortuita sacra, p. 305, etc.), cap. xv, xvi. — Eug. de Levis, Raccolta di... anliche hscrizioni (1781), p. 31-37. Etc.
4 Cf. Nieremberg, Pe miraculosis, libr. I, cap. vm, xu; libr. II, cap. xvu, xix, xxn. H. le vicomte H- de la Villemarqué a dit un mot de ces légendes (bibernoises surtout) dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions, t. XXIV, seconde partie (1864), p. 387-399 (bonnet de saint Mériadec).
divin par une bénédiction solennelle (le baptême des cloches, comme on dit), dut inspirer un sentiment mystérieux aux néophytes. Les traces de ce respect se rencontrent en beaucoup de pays dans diverses légendes *, surtout parmi les races celtiques et slaves. Les écrivains de la Bohême et de la Moravie, par exemple5, parlent d'une cloche de Nebethaym près d'Olmutz, dans une église dédiée à saint Léonard. Le son de cette cloche avait la réputation de tuer les serpents; et les Suédois luthériens, durant la guerre de Trente ans, avaient grande envie de s'en emparer. Mais les habitants la dérobèrent avec soin aux recherches de ces curieux spoliateurs.
En somme, la clochette dans la main de bien des saints personnages paraît indiquer souvent le pouvoir contre le démon. Néanmoins il se peut que cet attribut ait indiqoé les saints missionnaires qui s'en allaient rassembler ou faisaient appeler leurs fidèles à l'aide d'une clochette portative. C'est ainsi qu'aujourd'hui encore, surtout dans les campagnes, les enfants de chœur vont faire retentir leurs crécelles par les rues pour annoncer l'office durant les derniers jours de la semaine sainte. Cela conviendrait surtout à de nombreux évêques irlandais et bretons qui n'avaient pas de siège fixe, et voyageaient à la recherche des hameaux disséminés sur un sol pauvre où la population ne pouvait être dense 6. Cela était si naturel en soi, ou si bien passé en usage pour les Bas-Bretons, que le célèbre Michel le Nobletz voulut donner en quelque sorte l'investiture de ses missions au P. Maunoir, en lui remettant publiquement la clochette dont il s'était servi7.
Saint Paul de Léon, évêque en Armorique; 12 mars, 573. Près de lui un poisson, de la gueule duquel sort une clochette. Voici comment cette anecdote est racontée en Bretagne 8. Lorsque le saint quitta l'Angleterre pour passer sur le continent, il n'avait pu obtenir une clochette que possédait un certain prince Marc, dont il venait d'évangéliser le peuple. Or, comme dans le Léonnais, il s'entretenait un jour avec le comte Guythure, et exprimait son regret du refus qu'il avait éprouvé de l'autre côté de la mer, les pêcheurs du comte entrèrent, apportant un gros poisson qu'ils venaient de prendre près de l'île de Baaz, et qui tenait dans sa gueule la sonnette tant désirée. L'homme de Dieu la reconnut et le comte la lui accorda. Le saint la prit avec joie, et elle fut gardée depuis dans la cathédrale de Léon avec une réputation de miracles bien établie.