‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 365 sur 1339 · COEUR · texte numérisé non relu

COEUR

reproduire un croquis ; et je ne serai sûrement pas le seul à lui savoir gré de cette condescendance gracieuse, quoique mon cliché ne soit pas ce que j'aurais voulu. Mais le

Saint Augustin.

meilleur trait ne saurait donner qu'une faible idée de semblables œuvres, dont les plus splendides musées pourraient être jaloux. Ce n'est plus la violence parfois repoussante de ce terrible et quasi farouche Espagnolet (singulier petit nom pour si rude génie!) qui paraît se complaire communément à produire l'effroi chez ses

spectateurs. Dans l'original, une merveilleuse sérénité domine la scène de boucherie que transfigure ce talent fougueux, presque apaisé par sa vive foi. Cf. p. 233.

Saint Augustin, évêque d'Hippone, docteur de l'Église ; 28 août, /|30. On lui met dans la main un cœur enflammé. 11 se trouverait assurément dans les œuvres de ce grand homme plus d'une expression qui servirait à expliquer ce symbole de son grand amour pour Dieu. On le rapporte surtout à ce passage du livre des Confessions : « J'avais le cœur plein du désird'être à vous *. » D'autres y veulent voir l'expression de certaines pensées où l'amour semble arriver à une sorte d'excès ; ce qui a fait dire de lui : « L'amour amène l'extase; entraîné par son amour, il oublie sa science. »

Ce cœur, au xvc siècle et au xvie, est souvent traversé par deux flèches en sautoir. Ajoutons que les religieux augustins, le considérant comme leur fondateur, lui donnent assez volontiers le costume de leur Ordre. C'est ce qui aura multiplié ce genre de peinture en Espagne; mais l'Italie en a bien aussi sa part.

Saint Lêandre, évêque de Séville; 27 février, 601. On le voit tenant en main un cœur enflammé, symbole peutêtre du zèle qui lui fit convertir les Visigoths; mais au fond c'est un attribut qui ne me semble pas avoir trouvé grand accueil. 11 faut convenir d'ailleurs que l'on a été un peu prodigue de cet emblème.

Saint Macaire d'Arménie, évêque d'Antioche; 10 avril, 1012. Les Flamands, qui l'honorent d'une manière toute spéciale parce qu'il mourut à Gand, l'ont peint souvent tenant un cœur surmonté de trois clous. Je suppose que cela prétend rappeler la piété du saint pour les souffrances de Notre-Seigneur, dont il voulait vénérer les traces à la Terre-Sainte. Peut-être aussi a-t-on voulu exprimer sa constante affliction sur les péchés du peuple ; car on le représente volontiers à genoux intercédant pour les pécheurs. Aussi l'invoque-t-on contre les épidémies*.

Saint François de Sales (Cf. Banderole, p. 111 ; etc.). On lui a donné plus d'une fois le même attribut qu'à saint Augustin ; mais je ne vois pas que cela ait été généralement reçu, quoique ce puisse être une indication assez convenable de sa grande charité, aussi bien que de son traité sur l'amour de Dieu. On outre il donna un attribut tout semblable à ses chères filles de la Visitation comme armoiries de leur Ordre \

Saint Antoine de Padoue (Cf. Ane, p. 32 ; etc.). Montrant un cœur sur des écus dans un coffre-fort. Parfois on lui met ce cœur sur un livre. Aux funérailles d'un usurier, le saint convia les assistants à se rendre dans Ja maison du mort pour juger de ce qu'était une vie tw:te employée à

1. Conf., ii, 2. Ou encore: <■ Sagittavcras tu cor nostrum charitate tua, et gestabamus verba tua transfixa visceribus. »

I.e docte J. Vermeulen (De imaginibus, IH,36; cd. Paquot, p. 338, sq.) cite d'autres textes du saint; et j'indique volontiers l'ouvrago de ce théologien sur la matière quo Je traite, ayant eu plus d'une

fois occasion de regretter qu'il ne m'eût pas provenu en bien des choses ou que Je ne pusse m'accorder avec lui dans certaines autres.

Page 1