‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 382 sur 1339 · AA. SS. Mail, t. II, p · texte numérisé non relu

AA. SS. Mail, t. II, p

12. Les Saints de la Bretagne, p. 268. U on ne parle que d'un bel oiseau, sans prétendre que ce fût une colombe.

COLOMBE

Observance; 19 octobre, 1562. On le peint avec une colombe qui lui parle à l'oreille, pour exprimer, les dons merveilleux qui le' distinguèrent dans la prédication, la direction des âmes et ses fréquentes prophéties.

On ne me demandera pas de faire figurer ici la sainte Vierge à propos de la Purification et des tourterelles qui formaient son offrande au temple1. Le" rôle de la Mère de Dieu dans l'art populaire occuperait aisément plus d'un volume, et je n'en parlerai communément que pour l'intelligence de ce qui regarde les simples saints.

Sainte Eulalie de Mérida, vierge et martyre; 10 décembre, sous Dioclétien. Il en est une autre qui a souffert dans la ville de Barcelone (12 février, même époque), et qui n'est pas connue par des documents aussi graves ; mais la dévotion envers toutes les deux s'est répandue au loin, et la colombe' leur est également attribuée par les artistes. Les Actes du martyre de la première ( et Prudence ne dit pas autre chose) racontent qu'elle prêchait au peuple du haut de son bûcher; et que quand la flamme enveloppa sa tête en brûlant sa chevelure*, la sainte ouvrit la bouche comme pour hâter la fin de son martyre. On vit alors une colombe blanche comme la neige s'échapper de ses lèvres vers le ciel.

Sainte Catherine d'Alexandrie (Cf. Roue, etc.). La colombe qui parut, dit-on, pour l'encourager dans sa Jutte n'est pas un des attributs qui la caractérisent ordinairement, quoique l'on rencontre cette circonstance citée çà et là comme souvenir populaire *.

Sainte Reparata vierge et martyre , décapitée à Césarée de Palestine; 18 octobre, au temps de Dèce. Sous le fer du bourreau l'on vit son âme s'envoler vers le ciel en forme de colombe. Cf. Êpèe.

Sainte Devota, vierge et martyre en Corse ; 27 janvier, sous Dioclétien. A sa mort, sur le chevalet, on vit son âme monter au ciel sous l'image d'une colombe; et son corps, que le juge voulait réduire en cendres, ayant été embarqué par des chrétiens, une colombe guida l'esquif vers Monaco. Là les précieuses reliques de la généreuse fille furent accueillies et conservées avec respect.

Sainte Colombe de Sens, vierge et martyre; 31 décembre, sous Aurélien. Ses Actes authentiques ne sont pas venus jusqu'à nous, et il se peut bien faire que l'oiseau qui exprime son nom ait été introduit dans les anciennes peintures pour la faire mieux reconnaître. Ce qui est certain, c'est que le culte de cette martyre s'est répandu au loin de bonne heure, et avec lui l'histoire de la colombe4.

Ses homonymes de Cordoue (17 septembre, 853) et de Coïmbre (20 juillet, époque incertaine) ont, elles aussi, reçu le même attribut.

Sainte Colombe de Rieti, du tiers ordre de Saint-Dominique; 20 mai, 1501. Pour celle-ci, nous n'avons nul besoin de recourir au symbolisme ; car elle ne fut appelée Colombe qu'à l'occasion du fait que voici : on se proposait de l'appeler Angèle, et ce nom fut changé parce qu'une colombe vint se placer sur la tête de l'enfant lorsqu'on la portait aux fonts baptismaux. Les femmes témoins de ce fait en tirèrent le présage que la petite fille seraitsansfiel.et insistèrent pour que ses parents renonçassent au premier nom qu'ils lui avaient destiné*.

Sainte Reine d'Alise, vierge et martyre; 7 septembre, 251. Pendant qu'elle était livrée à la cruauté des bourreaux, une colombe apparut portant une couronne, diton. Comme nous ne possédons pas de renseignements contemporains sur son martyre, il est permis de croire que les peintres ont imaginé ce moyen pour exprimer à la fois le nom de la sainte (par la couronne) et , par la colombe , l'Esprit de force qui avait soutenu cette jeune fille au milieu des tortures.

Sainte Julie de Carthage, vierge et martyre ; 22 mai, v. 443. Vendue comme esclave par les Vandales après la prise de Carthage, elle tomba au pouvoir d'un marchand païen nommé Eusèbe qui respecta sa foi aussi bien que sa vertu. Mais son maître ayant abordé en Corse, les insulaires la reconnurent pour chrétienne parce qu'elle ne prenait point part à des fêtes idolàtriques. Après divers supplices, elle mourut en croix, et la légende ajoute qu'une colombe sembla indiquer le départ de son àme vers le ciel *.

Sainte Scholastique , sœur de saint Benoît et première abbesse des Bénédictines près du mont Cassin; 10 février, 5Zi3. Il en a été parlé au sujet de saint Benoît sous ce même titre (p. 242) ; et des artistes en ont pris occasion de donner au frère et à la sœur deux tourterelles, comme symbole de leur parenté spirituelle aussi bien que naturelle. Peut-être n'y faut-il voir que le résultat d'une méprise, au lieu de caractériser l'un par le corbeau de son histoire (Cf. Corbeau) et l'autre par sa colombe.

Sainte Géorgie, vierge en Auvergne; 15 février, v. Z»90. On raconte qu'une volée de colombes accompagna son cercueil jusqu'à l'église7.

Sainte Ursule, vierge et martyre (Cf. Bannière, p. 117 ). La colombe n'est pas un attribut qu'on lui donne communément; cela se voit néanmoins, parce que son tombeau

t. Luc. if, 22-24.

2. Esparla sagrada, t. XIII, p. 266-215, 392-405.— Prudent, (ibid.) :

« Emicat inde columba repens :

Miirtyns os, nive candidior, Visa relinquere et astra sequi.

Spiritus hic erat Bulaliœ Lacteolus, celer, inoocuus. Etc. »

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