CONFESSION. — CONSTRUCTION
du prince (soit goth, soit franc) qui découvrit son gîte à la chasse. Ajoutez que Notre-Seigneur n'a pas établi pour la rémission des péchés cette façon sommaire que paraît admettre la légende en dispensant le prince quelconque du soin de se confesser; si ce n'est que le pénitent prenne au moins la peine de s'en prévaloir après coup.
Cependant, réalité ou non, et sous quelque forme ou à qui et pour qui que ce soit que cette faveur ait été faite, nous ne pouvions la passer sous silence ; le but de notre travail étant la solution des problèmes que soulèvent les seènes tracées par les anciens artistes, comme renseignements hagiographiques. De vieux textes populaires concourent aussi à poser et à compliquer la question ; car l'Office de saint Charlemagne, qui se récitait en plusieurs églises, prononce pour cet empereur et pour saint Gilles1; tandis que les Missels du Valais et de Lausanne introduisent un quatrième prétendant, saint Théodule évêque de Sion1. Cf. Main divine.
Ces récits montrent , à tout le moins , que nos aïeux tenaient l'office de confesseur des princes comme une charge où beaucoup de sainteté ne gâtait rien, et qui avait particulièrement besoin de l'aide du Ciel.
Saint Hugues, évêque de Grenoble; 1" avril, 1132. On le représente confessant ; soit parce qu'il rétablit dans son diocèse l'usage des sacrements tombé presque en désuétude avant lui, soit parce qu'il se faisait un devoir habituel de réconcilier lui-même les pénitents. Il encourageait les efforts des pécheurs en versant le premier des larmes sur leurs faiblesses ; et sa modestie était si grande
1. Ne citons que le Bréviaire d'Halberstadt, conforme à celui de Saint-Servais de Maestricht (Cologne, 150); in-lli) dans les passages que je transcris.
Ad Landes, antiph. 5 :
■ In cithara et tympano Laudes dicamus Domino, Qui cutpœ misit fegiœ Charlam latricem veniœ. »
In secundis Vesperis, ad Magnificat :
Mediante sancto iEgidio Sanctionis (?) dominicœ myslerio, Tibi cœlitus per angelum collatam Imploramus peccatûrum veniam. »
La châsse de Charlemagne à Aix-la-Chapelle parle de même, avec une addition quelque peu bizarre, dans ce qu'il y reste d'inscriptions :
« -Sgidio Carolum crimen pudet edere solum, lllud enim tanti gravât! ^Egidio celebranti Angélus occuKum perhibet, reseratque sepultum. Crimen mortale convertitur in veniale. t
Cette fin doit-elle s'expliquer par l'hostilité notoire qui a été signalée tant de fois entre la rime et la raison? Le fait est que le dernier vers ne se peut interpréter raisonnablement, sans beaucoup de complaisance. On pourrait néanmoins dire que par la confession de cette faute griève, ce qui était justiciable de l'enfer auparavant, ne ressortissait plus désormais qu'au purgatoire.
Le livre des Institutions monastiques (X, 9), attribué à Hugues de Saint-Victor, ne mentionne saint Gilles a propos de Charlemagne que pour les faire contemporains, sans un mot sur leurs relations quelconques. Mais bien d'autres n'ont pas été si réservés. Cf. Ludov. Spœi 1, De sancto Mgidio narbonensi, p. vu, xvi et xxm, sq. — Calendar. benedict., 1 septemb. — AA. SS. Septemb., 1. 1, p. 295, 303.
dans l'exercice du ministère, qu'il ne connaissait pas même de visage les femmes qu'il avait dirigées pendant plusieurs années8. On le considère comme fondateur de la grande Chartreuse, parce que ce fut lui qui reçut saint Bruno et l'établit dans son diocèse. 11 a été quelquefois représenté en costume de chartreux, pour montrer que son plus grand bonheur était de partager la solitude de ces religieux, et qu'il prenait en tout les conseils de saint Bruno. Il voulut même se décharger de la dignité épiscopale, mais ne réussit pas à en obtenir la permission 4. Sa vie fut écrite par le prieur de la .grande Chartreuse.
CONSTBUCTION.
Sous le titre Ciseau l'on a trouvé déjà quelques indications qui compléteront celles que nous avons à donner ici. Nous n'aurons donc pas à revenir sur les quatre couronnés, sur saint Marin et sainte Landrade, Quant à des constructions achevées, on les trouvera sous les mots Edifices et Églises.
Saint Cunibert, évêque de Cologne ; 12 novembre, 663 (Cf. Colombe, p. 242). 11 fait élever une église dans sa ville épiscopale en l'honneur de saint Clément. Ce fut celle où l'on déposa son corps et qui prit plus tard le nom du fondateur ".
Saint Jules prêtre, honoré dans le Novarais; 31 janvier, v. 399. On dit qu'il avait été envoyé d'Orient avec son frère le diacre Julien, sous le règne de Théodose Ier, pour faire clore ou même renverser les temples des
Pli. Mouskes, qui avait déjà raconté l'aventure deClovis avec saint Éleuthère, n'oublie pas cependant celle de Charlemagne avec saint Gilles (Chronique, t. I, vers 3934-4019; p. 159-103). Cf. Bibliothèque de l'école des Chartes, 5* série, t. V, p. 99, sv.
2. J'emprunte à VHelvelia sancta de H. Murer (p. I3i) cette citation qui nous servira pour une autre caractéristique du même évêque :
« Fusa prece Theoduli Nudatur culpa Caroli, Thebœorum cadavera Conduntur ejus opéra.
Luxit terra Vallensium, Per gelu namque mmium Aruerant vindemiœ Sedunenses et aliœ ;
Vasa, lagenas, dolia
Nil liquoris habentia,
Facto crucis signaculo
Vini replevit poculo. »
Cf. AA. SS. August., t. III, p. 274, 278; et l'ebruar., t. III, p. 190
(saint Éleuthère et Clovis).