COQ ET POULE
faiblesse. Du reste, le coq se voit près de saint Pierre dans des bas-reliefs anciens, pour exprimer la prophétie de Notre-Seigneur annonçant l'infidélité prochaine de l'apôtre qui n'avait douté de rien.
Saint Vit, martyr (Cf. Chaudière, p. 207; Saints Auxiliaires, p. 102; etc.). Les Allemands ont coutume de le peindre avec un coq ; ce qui paraît avoir son origine dans leur usage d'invoquer ce jeune martyr contre le sommeil trop prolongé (la léthargie, etc.) ou pour obtenir de s'éveiller exactement à une heure fixe1. L'oiseau joue donc ici le rôle qui l'a fait nommer rèveilk-malin par La Fontaine.
J'ai fait joindre (p. 250) à saint Vit, saint Modeste et sainte Crescence (Cf. Chien, p. 216; etc.), comme on les peint ordinairement, surtout en Allemagne. Du reste les trois martyrs ont leur fête commune dans l'Église (le 15 juin).
Saint Landuy (Landric) de Soignies, fils de saint Vincent Madelgaire; 17 avril, v. 700. On en fait un évoque, sans pouvoir bien désigner son siège. Tenons, si l'on veut pour celui de Metz, sur le témoignage des plus anciens Actes de saint Landry, qu'accepte le savant et judicieux Henschenius (kh.SS.April., t. II, p. 488, sqq.). A Crayenhoven près de Bruxelles, où le saint est invoqué contre les fièvres, sa statue était accompagnée d'un coq; et l'on en donnaiteette raison que, le saint s'étant égaré près de là pendant la nuit, le chant du coq lui aurait appris qu'il n'était pas éloigné d'une habitation*. Mais cela n'aurait-il pas voulu dire dans l'origine,' tout simplement, que le saint était patron (ou avait été propriétaire) de ce village auquel le chant du coq (craeyeri) a donné son nom ? Entre ces deux termes ( le patronage et le nom ) la priorité ou la causalité peut être plaidée sans moyen décisif de trancher les débats.
Saint Dominique de la Calzada ( Calcialensis ) , ermite ; 12 mai, v. 1109. Un coq sur la main, ou même le coq sur une main et la poule sur l'autre.
Voici la seconde forme sur une enseigne de pèlerinage publiée par M. A. Forgeais', et le saint y tient en outre une corde qui pend à sa main droite.
Ce plomb est analysé en détail dans le volume que je signale, et il pourrait bien avoir été rapporté sur les bords de la Seine par quelqu'un des compagnons de du Guesclin; car la bataille de Navarette fut livrée non loin de la Calzada , et cette dernière cité eut affaire aux partis belligérants dans la querelle anglo-française entre Pierre le Cruel et Henri de Transtamare.
Le saint doit son nom à la chaussée (calzada) qu'il fit établir à travers le pays où se trouve la ville actuelle de ce nom. Les pèlerins de Saint-Jacques y avaient à traverser une solitude infestée par des voleurs ; et depuis lors la facilité du chemin, en multipliant les voyageurs, amena la population dans cette région à peu près déserte*. Mais ce qui caractérise ici le patron de la Calzada, est le souvenir d'une merveille racontée par bien des historiens". Un innocent condamné à la potence fut préservé de la mort par saint Dominique durant plusieurs jours, et comme ses parents priaient le juge de prendre cette faveur céleste en considération pour faire dépendre le malheureux, l'homme de loi tourna leur allégation en plaisanterie. Ne doutant pas plus de son bien jugé que de son bourreau , et près de se mettre à table avec le calme d'une bonne conscience, il répondit : «Votre fils est aussi vivant que les volailles dont je vais faire mon repas. » Les volailles se le tinrent pour dit, et se remplumèrent en bondissant, sur le plat (sur la broche, selon d'autres). L'aplomb du magistrat, troublé par cet ajournement de son dîner, entraîna une vérification du fait et une révision de la sentence qui fut reconnue pour cassable. Nos peintres-verriers du moyen âge ont souvent traité cette histoire avec quelques variantes; mais habituellement la distance avait occasionné une erreur presque fondamentale dans l'appréciation des faits. La ville de la Calzada et son patron étant assez peu connus hors d'Espagne , et la protection céleste dont parle le récit s'étant exercée sur des pèlerins de Saint-Jacques, on la mit sur le compte du saint de la Galice. Selon d'autres, la Mère de Dieu y serait seule intervenue. Le vrai, c'est que San Domingo de la Calzada doit en être tenu comme le principal auteur. Aussi les armoiries de sa ville en conservent-elles encore la trace , comme revendication perpétuelle qui proteste contre tout détournement de la légende locale*.
Sainte Begghe (Begga), fille de Pepih de Landen, sœur de sainte Gertrude de Nivelle, bru de saint Arnoul de