CORBEILLE OU CABAS
On sait que les solitaires d'Egypte, soit pour mater leur esprit par le travail des mains, soit pour subvenir aux petites dépenses de leur entretien, tressaient souvent des nattes ou des corbeilles de jonc. L'un d'eux les allait vendre au marché, ou bien l'on brûlait le produit de ce travail si la communauté n'avait pas de besoins urgents;
i. Bréviaire, 20 septembre, lect. V : ■ Tamis obvolutus œrumnis, in regione longinqua villicum agens, longo tempore delituit. »
leprincipal but de cette tâche se trouvait atteint, puisqu'on avait occupé l'esprit en humiliant le cœur, et l'on recommençait à neuf, comme si de rien n'était. On peut donc rencontrer des représentations nombreuses où la vie de ces ermites est ainsi caractérisée. Mais la corbeille ou le cabas figure aussi plus d'une fois en manière de sac (ou si l'on veut, de brouette), pour transporter des fardeaux. Sous cette forme on peut reconnaître des personnages qui exercent un office servile.
C'est ainsi que paraît souvent saint Eustache, sur la (in du moyen âge, quand on veut le montrer réduit à l'état de garçon de ferme après qu'il eut perdu sa femme et ses enfants1. Cf. Ours.
Saint Julien, évêque de Cuenca; 28 janvier, 1208. 11 avait distribué aux pauvres tout ce dont pouvait disposer son église et ne subsistait que du travail de ses mains. Avec les paniers qu'il fabriquait il trouvait moyen de suffire à son entretien et à celui de son serviteur, aussi bien qu'à ses aumônes*.
Saint Romain ermite, près de Subiaco; 22 mai, v. 546. On lui met souvent en main un panier chargé de pain ou de légumes, suspendu à une corde dont l'autre bout soutient une clochette3. C'est que, ayant connaissance de la retraite sauvage où le jeune saint Benoît était venu se dérober au monde, il se chargea de lui faire descendre sa pitance journalière du haut du rocher. Une sonnette suspendue à la corde qui soutenait le panier, avertissait Benoît pour qu'il vînt recevoir sa provision. Cf. Clochelte (saint Benoît), p. 230.
Saint Jean Damascene (Cf. Apparition de la sainte Vierge, p. 59). Après avoir été dans la confiance du calife, il se fit moine; et c'était lui qu'on envoyait vendre les corbeilles du monastère au marché de Damas dont il avait été gouverneur.
Des saints et saintes, comme saint Félix de Cantalice (Cf. Besace, p. 139), sainte Sisetrude, sainte Jeanne femme de Chuza (Cf. Pain), et sainte Françoise Romaine (Cf. Ange, p. /i/j), se voient portant au bras un panier de fruits ou de légumes, pour montrer qu'ils remplissaient avec joie les bas offices de la communauté.
On pourra trouver quelques autres détails relatifs à ce même titre dans l'article Vannier.