Cf. AA. SS. lut., t. I, p. 5J
5. Supposons donc que l'artiste puisait à des chroniques locales. Les Bollandistes, dans la vie du saint (qui n'est pas concise pourtant , ne nous en apprennent rien.
CROIX (CRUCIFIX)
l'habit de Saint-Benoit dans le monastère où cette grâce lui avait été accordée '.
Saint Albert de Sicile, carme; 7 août, 1306. Les Carmes l'honorent comme un des saints qui ont le plus illustré l'Ordre, parce qu'il a donné à leur genre de vie un singulier éclat dès les premiers temps de leur introduction en Europe. On a même voulu que ce fût lui qui eût rapporté de Palestine la règle donnée aux Carmes par le bienheureux Albert patriarche de Jérusalem , mort en 1214. Mais il n'est pas même clair qu'il ait jamais visité la Terre sainte, à part les autres difficultés.
Quoi qu'il en soit, on lui met souvent à la main un crucifix dont la tige et les bras se terminent en lis. Ce semble être une imitation de ce que nous avons rapporté au sujet de saint Bruno (Cf. Branche d'arbre, p. H6); on aura sans doute voulu rappeler ainsi l'amour de saint Albert pour la mortification, et le bonheur qu'il eut de porter jusqu'au tombeau son innocence baptismale.
On a donné aussi à saint Columban (Cf. Ours) une croix dans le genre de celle que tient saint Bruno. Prenons-la comme une façon d'exprimer son goût pour la vie solitaire et pénitente. Mais ce n'est pas sa caractéristique ordinaire, et je ne la crois pas très-ancienne.
Saint Guillaume d'Eskil ou de Bipe (ou de Danemark), chanoine régulier de Sainte-Geneviève; 6 avril, 1203. Agenouillé devant un vitrail représentant Jésus-Christ crucifié. C'est le souvenir de la résolution qu'il prit de contribuer à la réforme des Génovéfains de Paris, en se prosternant devant un crucifix de la salle capitulaire. La réputation de sainteté qu'acquit bientôt l'abbaye dé Sainte-Geneviève fit appeler saint Guillaume en Danemark par Absalon évêque de Roskild. Là notre compatriote rétablit la vie régulière dans plusieurs chapitres danois, et mourut âgé de quatre-vingt-dix-huit ans, après avoir été averti du jour de sa mort sept ans d'avance8.
Saint Rainier pénitent, patron de Pise; 17 juin, 1160. Recouvrant au pied d'un crucifix la vue qu'il venait de perdre, et recevant en même temps l'assurance du pardon de ses péchés.
Le bienheureux Bonaciunta, l'un des sept fondateurs de l'ordre des Servites; 31 août, 1257. On le représente soit en chasuble et les bras étendus en croix, soit tenant un crucifix embrassé sur lequel il fixe ses regards. C'est que, venant de célébrer la messe, et sans quitter les ornements sacerdotaux, il se mit à expliquer les mystères de la Passion avec ferveur. Arrivé à ces paroles: « Et ils le crucifièrent, » il versa d'abondantes larmes et ouvrit ses bras comme Notre-Seigneur sur la croix-, puis mourut en prononçant ces autres mots de l'Évangile : « Seigneur, je remets mon âme entre vos mains'. »
I. Breviar., Icct. IV. Cf. AA. SS. Jul., t. III, p. 313, sq., etc. S. B. Saint-Yves, Vie de sainte Geneviève, p. 32S-33I.
Saint François d'Assise (Cf. Ange, séraphin, p. 38; Stigmates, etc.).
Saint Antoine de Padoue (Cf. Ane, p. 32; etc.). 11 porte souvent un crucifix qui se ramifie en branches de lis, comme on vient de le voir pour saint Albert carme. Les
mêmes motifs auront donné lieu à cette représentation. Voici, d'après un tableau du Louvre, dû au Moretlo da Brescia (Alessandro Bonvicino), un groupe de notre saint et de saint Bonaventure4. Saint Antoine de Padoue n'y tient pas le crucifix précisément, mais du moins le lis; cela suffit pour comprendre le symbolisme des artistes dont nous avons parlé.