‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 470 sur 1339 · AA. SS. Mart., t. II, p · texte numérisé non relu

AA. SS. Mart., t. II, p

CROIX (CRUCIFIX). — CROSSE

blement vue devant un crucifix, qui est censé lui avoir fait entendre des soupirs. Mais je m'en rapporte aux Boliandistes, qui n'ont su qu'en dire, et attendent encore quelque manuscrit où la vie de cette sainte soit exempte de fables hibernoises1.

Sainte Brigitte de Suède (Cf. Cœur, p. 235), priant devant un crucifix. Ce n'est pas seulement à cause de sa dévotion particulière pour méditer la Passion de Notre- Seigneur et des lumières qu'elle reçut à ce sujet ; c'est surtout parce qu'en plusieurs circonstances Jésus-Christ lui apparut pour encourager et exciter en elle cette piété'. Un crucifix de la basilique de Saint-Paul à Rome, s'étant tourné vers la sainte pendant qu'elle priait, cette merveille occasionna une dévotion particulière des fidèles pour l'image qui avait été l'instrument du prodige'.

Sainte Hedwice (Havoie, Avoye) duchesse de Silésie4, puis veuve et cistercienne; 17 octobre, 1243. On raconte qu'un crucifix détacha sa main droite de la croix pour la bénir5. Mie portait si loin son respect pour tout ce qui pouvait rappeler le souvenir de la Passion, qu'elle s'agenouillait afin de baiser à terre les brindilles de paille qu'elle trouvait croisées, et les déplaçait du chemin pour qu'elles ne fussent point foulées aux pieds par les passants6.

Sainte Lutgarde , abbesse cistercienne d'Ayviers en Brabant; 17 juin, 12Z|6. Notre-Seigneur en croix détache une de ses mains pour l'embrasser; ou bien la sainte tient un crucifix qu'elle serre entre ses bras. Ailleurs on la peint portant la couronne d'épines et les clous dans sa main, à cause de sa dévotion pour la Passion de Jésus- Christ. On raconte que toute jeune encore, et comme on songeait à la marier, elle vit Notre-Seigneur lui montrant son côté ouvert, et disant : « Voilà celui qu'il te faut aimer7. »

Sainte Marie d'Oignies, solitaire; 23 juin, 1213. Prosternée devant un crucifix. Elle avait ramené à Dieu un pécheur, et le Ciel lui fit connaître que ce malheureux était retombé dans son ancienne inconduite. A force de prier, elle obtint de nouveau son retour à la grâce *.

Sainte Elisabeth de Thuringe (Cf. Couronne, p. 269). Jeune encore, comme elle entrait dans l'église, un crucifix attira ses regards, et cette pensée lui vint à l'esprit : « Me voici couverte de soie et couronnée d'or, tandis que mon Seigneur est nu sur la croix et couronné d'épines! »

Depuis lors elle ne voulut plus paraître à l'église que dans la toilette la plus simple.

Sainte Colette, réformatrice desClarisses;6 mars, 1M7. Ce n'est pas précisément Jésus-Christ en croix que l'on voit entre ses mains, mais l'enfant Jésus couvert de plaies , tel que Notre-Seigneur était sur le Calvaire. La Mère de Dieu le lui présenta en se plaignant de la barbarie des pécheurs qui réduisaient son divin fils en un état si cruel*.

Sainte Catherine dei Ricci, dominicaine (Cf. Couronne d'épines, p. 272). Un crucifix devant lequel elle priait, s'anime et détache ses bras pour l'embrasser 10.

Sainte Jeanne de Valois, reine de France; h février, 1505. On lui met souvent un crucifix à la main, pour rappeler sa piété envers la Passion. Répudiée par Louis XII qui lui avait laissé le Berry pour apanage, elle y vivait tout occupée des pauvres et de la prière. Dans un oratoire consacré au Saint-Sépulcre, elle se retirait souvent seule pour répandre des larmes sur les souffrances de Notre- Seigneur, et se frappait la poitrine avec une pierre.

CROSSE

On ne s'attend pas sans doute à voir énumérés ici tous les saints personnages qui ont pu porter la crosse à titre épiscopal ou abbatial. Ce ne peut être non plus l'occasion d'introduire un mémoire archéologique sur l'antiquité de la crosse dans l'église, et sur les différentes formes qu'elle a prises à diverses époques ou en diverses contrées ll. Mais quelques observations archéologiques importent cependant à la matière que nous traitons, parce qu'elles peuvent empêcher une interprétation inexacte des monuments dont nous cherchons à donner la clef. Parcourons ces points aussi rapidement que possible pour ne pas empiéter sur le terrain dû au véritable sujet de notre ouvrage, qui est le moyen de reconnaître le:, caractéristiques des saints.

On a dit que la crosse des évoques et celle des abbés se différenciaient par la manière dont elles devaient être portées. La volute, pour un évêque, devrait être tournée en dehors, tandis qu'un abbé serait tenu de la diriger vers lui (ou en dedans) ; manière de faire entendre, prétendon , que la juridiction abbatiale est renfermée dans le territoire monastique, ou que son pouvoir pastoral est de

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