‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 478 sur 1339 · CRUCHE, BROC, BUIRE, BURETTE · texte numérisé non relu

CRUCHE, BROC, BUIRE, BURETTE

qui porta, dit-on, à la ville la nouvelle du miracle que le saint venait de faire en faveur des Manceaux, par l'éruption subite d'une source dont ils avaient grand besoin ; obligés qu'ils étaient d'aller chercher hors de leurs murs l'eau qui leur était nécessaire. Cette femme devint ainsi comme l'introductrice de l'Évangile dans la cité des Cénomans '.

Saint Romain, martyr; 9 août, 258. 11 apporte à saint Laurent un vase d'eau.

C'était l'un des soldats qui entouraient le saint diacre pendant son supplice ; ayant vu un ange qui essuyait la sueur du patient, il demanda le baptême, apportant lui-même de l'eau pour que rien ne retardât son entrée dans l'Église.

Le Bréviaire rappelle ce trait dans l'Office de saint Laurent *, outre la commémoraison qu'il fait de saint Romain le jouiprécédent.

Sainte Ségnorine (Sen or in a) , abbesse de Saint- Jean-de- Vieyra, qu'elle transféra plus tard à Basto (dans l'Entre- Douro et Minho ) ; 22 avril, 982. Une cruche près d'elle

indique le miracle que voici. Elle avait envoyé une servante chercher de l'eau à la fontaine ; et comme on

lui rapportait le vase, elle le bénit avant de le porter à ses lèvres. Quand elle y goûta, il se trouva que c'était de fort bon vin. Elle soupçonna une ruse, et ordonna que l'on allât remplir une autre cruche à la source ; mais en prenant soin de donner à la suivante, dont elle se méfiait,

une compagne qui la surveillât. Le résultat fut exactement le même, et la sainte ne put se dissimuler que c'était un miracle. En conséquence, elle réunit tous les habitants de la maison et leur distribua cette boisson merveilleuse ; disant : Buvons de ce vin que la bonté de Dieu nous envoie. Mais elle recommanda aux deux témoins du miracle, de n'en point divulguer le secret tant qu'elleseraitenvie'.

Sainte Zite (Silta) vierge, servante à Lucques ; 27 avril, 1272. Une cruche à la main, ou présentée par elle aux lèvres d'un pauvre.

On montre encore près de la maison des Fantinelli (ou Fattinelli), où elle servit quarante-huit ans, le puits près duquel , abreuvant les pauvres, elle changea deux fois l'eau en vin.

Sainte Vérene, vierge à Zurzach en Suisse ; 1 septembre, vers le commencement du ive siècle. On la dit venue

1. Voici, dans une de ces imitations du Victimes paschali qui sont si fréquentes au moyen âge, comment le fait est rappelé par l'ancien missel manceau (1489 et 1559) :

i Die Dobifl, puella, Quid vidisti in via?

RiTum fontis ilocurronlis, Prece facta, protinus surgentis.

Hic baptisât tettes, Tune déponentes Testes.

Puer assistit ad cœnam, Pergil post Christum Qalileam.

Scimus illum suscitasse Très mortuos vere. Btc. •

Pour ce qui est de la Cène mentionnée danscette prose, il faut s'entendre. Saint Julien, de même que saint Martial, saint Ursin, et autres éveques primitifs de France, ne pouvant être pris pour membres du Collège apostolique, on en avait fait des disciples do Notre-Seigneur; et pour que l'évêquc du Mans eût sa distinction bien spéciale parmi les disciples, les Manceaux en firent l'enfant qui portait le pain ou les poissons dans le désert. Nous n'avons donc pas besoin de supposer qu'il ait assisté à l'institution de l'Eucharistie.

2. Brevior., 10 august., Il noclurn. anl. 2 : « Dixit Romanus ad bcatum Laurentium : Video ante te juvenem pulcberrimum, festina me baptiiare. » Etc., etc.

3. G. Cardoso, Agiologio lusitano, t. Il, p. 070. — Porluootiœ monumenta historica, Scriptor., 1. 1, p. 40.

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