DRAGON. — DRAPEAU
Sainte Marguerite d'Antiociie, vierge et martyre (Cf. Ceinture, p. 1 81 ). On la voit très-fréquemment sortant du dos d'un dragon, et tenant en ses deux mains une petite croix. Ordinairement la queue de sa robe n'a pas encore dépassé les lèvres du monstre qui vient de l'engloutir; quoique la sainte soit déjà sortie par l'échiné entr'ouverte. Sa légende est fort extraordinaire1, et le sens qui paraît en ressortir se trouve suffisamment indiqué , ce semble, si l'on dit que faible vierge elle a triomphé du démon par la vertu de la croix. Du reste, ses historiens parlent aussi de l'apparition d'une croix lumineuse qui la consola dans sa prison*. Quoi qu'il en soit, les légendaires veulent qu'un énorme dragon lui ait apparu dans le cachot où elle était enfermée. 11 l'engloutit; et la vierge, dit-on, sortit immédiatement en crevant ses entrailles, moyennant une croix qu'elle portait. Ce que nous venons de dire peut suffire à faire comprendre l'intention primitive des artistes qui ont donné lieu à ce récit. On peut d'ailleurs s'en référera la note qui accompagnait plus haut l'article de sainte Julienne sous le titre Démon (p. 310)'.
Sainte Marguerite se trouve aussi représentée avec un grand vase (cuve, etc.) près d'elle; parce qu'on voulut la noyer dans une cuve pleine d'eau, d'où elle sortit saine et sauve*.
Il paraît qu'on l'a peinte aussi quelquefois en costume de bergère8. Nous avons dit plus haut qu'elle est invoquée pour l'heureuse délivrance des femmes enceintes. L'abbaye de Saint-Germain-des-Prés était surtout le siège de cette dévotion6 enTrance; et l'église de Saint-Acheul près Amiens possède depuis le xme siècle une relique de la sainte fort visitée dans cette intention.
Sainte Victoire, vierge et martyre a Rome ; 23 décembre, 250. Sa légende raconte que près de Rome elle
chassa un dragon qui séjournait dans un antre d'où il s'élançait sur les passants. La sainte, dit-on, choisit la caverne du monstre pour s'y établir avec plusieurs vierges consacrées à Dieu7.
Sainte Vénère, vierge et martyre (Cf. Chaudière, p. 208; Croix à la main, etc.). On la voit ayant près d'elle un dragon abattu ; sans doute parce qu'elle déposséda le diable par ses prédications. Sa vie est très-peu connue dans le détail , mais nous avons largement l'occasion de voir le sens général de ce symbole. Si elle avait remplacé Vénus çà et là, ce ne serait qu'une raison de plus.
Sainte Dympne (Cf. Démon, p. 310). Le diable, que l'on place parfois sous ses pieds ou expirant près d'elle, a reçu çà et là une forme qui approche de celle du dragon.
Sainte Elisabeth de Schoenau, vierge et abbesse de l'ordre de Saint-Benoît; 18 juin, 1165. Un dragon foulé aux pieds peut signifier ou les triomphes qu'elle remporta par une longue patience dans des maladies cruelles, ou les écrits par lesquels cette sainte s'opposa aux manichéens du moyen âge en défendant l'Eucharistie.