EAU. — ECHELLE
Bâton, p. 128). Rebuté par les nautoniers, parce qu'il n'avait point de quoi payer son passage, il traversa la mer de Sicile en Calabre, porté sur son manteau avec un compagnon qui le suivait.
On raconte la même chose pour saint Raimond de PeSaroBT (Cf. Clef, p. 228; Manteau), qui fut transporté ainsi de Minorque à Barcelone *.
Saint Elme (ou Telmo) , nommé aussi saint Pierre Gonzalez. Cf. Feu.
Saint Hyacinthe, dominicain (Cf. Cadavre, p. 155). 11 traversa le Dnieper à pied sec lors de l'invasion de l'Ukraine par les Tartares (Cf. Image de la sainte Vierge). Mais déjà une autre fois il avait franchi la Vistule d'une manière aussi miraculeuse avec trois compagnons de son Ordre, à la vue de plus de quatre cents témoins *. La rivière était gonflée, nulle barque ne se trouvait là pour les transporter à l'autre bord où il devait se rendre pour prêcher. L'homme de Dieu s'armant donc du signe de la croix et encourageant ses compagnons, qui trouvaient l'entreprise un peu risquée, posa le pied sur les eaux comme s'il n'eût rencontré aucun obstacle, et atteignit ainsi la rive opposée.
Saint Jean Népomucène, prêtre et martyr. Son corps, porté sur les eaux de la Moldau, est entouré d'une lumière merveilleuse. Cf. Étoile, Pont, etc.
Sainte Marie de la Cabeza, femme de saint Isidore le laboureur ; 9 septembre, xne siècle. On la peint d'ordinaire tenant d'une main une lanterne ou une torche, de l'autre une burette d'huile, et traversant un ruisseau sur son tablier ou sur son écharpe. Elle s'en allait tous les matins visiter une chapelle dont elle s'était imposé d'entretenir le luminaire. Comme elle vivait séparée de son mari (d'un commun accord) après avoir fait vœu de chasteté , de mauvaises langues vinrent raconter à saint Isidore que ces courses presque nocturnes faisaient mauvais effet dans le pays. Le saint homme, sans y croire, accompagna les calomniateurs et se mit avec eux en observation dans un bosquet, près du lieu où Marie passait de grand matin. Lorsqu'elle arriva près du Jarama, qu'il lui fallait traverser pour se rendre à la chapelle, un gros orage venait d'enfler les eaux du ruisseau qu'il n'était plus possible de passer à gué. La sainte femme, sans songer à rebrousser chemin, fit le signe de la croix; étendit sur l'eau sa mantille (écharpe , voile ou mantelet) et se plaça dessus pour atteindre l'autre bord3. On peut juger si saint Isidore fut consolé en voyant ce prodige, et si les calomniateurs furent confondus.
1. Cf. J. Villanueva, Viage literario a las iglesias de Espana, t. XVIII, p. 300-306.
2. Labus, Fasti, t. XUI, p. 609. — AA. SS. August., t. III, p 316.