‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 601 sur 1339 · AA. SS. /un., t. I, p. 31, sq · texte numérisé non relu

AA. SS. /un., t. I, p. 31, sq

4. Nous avons fait remarquer précédemment que t'épiscopat de saint Acace ne paraissait pas du tout constaté. L'on peut voir encore à ce sujet le Kalendarium CP., publié par le P. Morcclli, 1. 1, p. 149.

Kl'ISCOl'AT.

avait quelque chose comme les deux bandelettes (fanons), qui en descendent encore par derrière sur les épaules. Au moyen âge, quoique l'usage des ornements pontificaux fût communiqué à presque tous les abbés durant le xin6 siècle, ils portent communément la crosse sans être coiffés de la mitre.

LepaUtum qui dans l'Église latine désigne les métro-

Saint Grégoire, peint de son vivant.

politains (à plus forte raison les papes) ou les évoques d'un siège immédiatement soumis à la chaire de Saint- Pierre, se trouve quelquefois attribué à des personnages qui n'avaient pas ces titres1. Les exemples qu'on en cilerait peuvent être d'ailleurs assez discutables, et nous conduiraient fort loin sans grande utilité. Disons seulement que le pallium n'a pas toujours eu la forme que nous lui voyons aujourd'hui (Cf. saint Antonin, Balance, p. 110; saint Clément pape, Chapelle, p. 201; etc.). Dans

I. On affirme que le B* Geoffroy de Loudoin est orne du pallium <l;nis des verrières de la cathédrale du Mans données par lui-même. ('■'■ pourrait être une façon d'indiquer qu'il était légat du Saint-Siège ! a. AA. SS. August., t. 1, p. 270 et 280). Mais il est souvent difficile <l>: bien distinguer entre les croix des anciennes chasubles et la rc-

l'Église grecque el jadis dans l'Occident, il prend une forme beaucoup plus ample; dont on peut se faire une idée par la peinture de saint Grégoire le Grand que voici, d'après un monument contemporain qui n'a pas toujours été bien copié !.

Du reste, nous aurons occasion de retracer le costume desévéques grecs à diverses reprises, pour qu'on ne soit pas obligé d'aller le chercher dans des livres qui ne sont pas sous la main de tout lemonde(Cf. Barbe, p.120; saint Spiridion, Serpent ; saint Nicolas, Sabre; etc.).

Dans plusieurs monuments du moyen âge, le pallium latin se prolonge par devant à peu près jusqu'aux pieds; ce qui fait qu'on a peine à le distinguer de la croix qui orne la chasuble par devant. Car, pour être exact, on ne devrait jamais représenter le pallium que sur la chasuble. Cependant les artistes ont affranchi fréquemment leurs personnages de cette prescription liturgique; et se permettent d'indiquer un moine devenu archevêque, par le pallium porté sur l'habit religieux de son Ordre. 11 ne faut prendre cette licence que comme

Empereur byzantin.

un artifice qui permet de montrer à la fois l'état monastique et un degré supérieur dans l'épiscopat, en un même sujet.

Quelques sièges de l'Église latine jouissaient du droit de conférer à leur titulaire un ornement qui. sans indiquer

présentation du pallium qui tombe parfois jusqu'aux pieds. J'en ai fait l'observation précédemment, p. 205, 2(Hi; et le saint RoMQdc, à 1» p. :MHi, montre l'ancien pallium latin du moyen âge.

->. Cf. J. L'Heureux, Hagtoglypia . I'- *M*- — Aug. de Bastard f'russes, p. 830.

KPISCOPAT.

la supériorité métropolitaine, constatait pourtant quelque chose de plus que le simple épiscopat. C'était le droit de préséance, une sorte de doyenné entre pairs. Les évêqucs de Toul, de Liège, d'Eichstaxll , et quelque autre encore dont le nom ne se présente pas sous ma plume dans un instant où je ne fais pas l'antiquaire, étaient caractérisés par une espèce de pèlerine nommée superhumèral , rational, etc., dont l'analogue se rencontre parmi les ornements de la cour byzantine. Le P. Arth. Martin en a donné quelques exemples dont je puis bien me contenter de ne rappeler qu'un seul (p. 374) '. Cela suffit à expliquer absolument, certaines conces-

sions honorifiques accordées, dit-on, par un empereur de Constanlinople à saint Ccbbehard (tïébhard) de Salzboerg au xi« siècle5. Mais ce rational prend diverses formes qui ne sont pas sans importance pour les caractéristiques des saints; puisque saint Wh.mbald*, saint Lambert, saint Mansuy, et autres, peuvent en être revêtus. En voici donc diverses modifications empruntées à la seule Église d'Fichstsdt, qui conserve la série de ses évoques peinte dans un manuscrit complété de siècle en siècle. J'y fais choix de trois variétés qui aideront à montrer comment cet insigne s'est transformé peu à peu , allant et venant selon la fantaisie des brodeurs ou des prélats; mais con-

servant toutefois son aspect général, de manière à ne pas être méconnaissable pour celui qui l'a observé à plusieurs époques.

Contentons-nous d'y ajouter un saint Thomas de Can-

torbéry, publié par M. A Forgeais1 d'après les imagiers populaires du temps de Henri II (Plantagenet), ou peu s'en faut.

Je crois voir dans ce buste du martyr ang4ais la trace d'un rational (ou superhumèral) où les épaulières rappellent passablement les types 1 et 3 empruntés au pontifical d'Eichstaedt. J'ignore, il est vrai, si jamais le siège de Cantorbéry a réclamé cet ornement ; toutefois il n'est pas improbable que, pour maintenir sa supériorité sur la métropole d'York, cette église primatiale ait cumulé la distinction du rational avec celle du pallium. Un monument populaire n'a peut-être que plus de valeur comme preuve à l'appui de cette distinction ; et je ne serais pas surpris si l'on trouvait ailleurs une confirmation de la conjecture que je me permets de risquer sur ce fondement un peu hasardeux, pour dire vrai.

Quelques évoques de Metz (saint Abnou et saint Adelphe) portent le même insigne5, sans que j'ose jeter la pierre aux artistes qui avaient peut-être pour cela un motif particulier dont je ne me rends pas compte. Car il n'est pas aisé de fixer l'époque où le rational aura été réservé à certains sièges. M. Fr. Bock en a dit récemment quelques

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