‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 641 sur 1339 · EXIL · texte numérisé non relu

EXIL

Pour que ce sujet puisse être rendu sensible dans une peinture, il faut que ce soit une expulsion violente; mais alors on tombe dans l'inconvénient de prêter encore au doute. Car le moyen âge a coutume de faire conduire les gens en prison à coups de bâton, par les sergents chargés de cet office. Au risque pourtant de ne pas éviter cette confusion, signalons quelques exilés que l'on chasse ou que l'on éconduit les armes à la main ou avec de mauvais traitements.

Saint Silvère, pape; 20 juin, 538. On lui donne souvent le costume de pèlerin, pour rappeler l'exil auquel il fut condamné par ordre de Justinien à l'instigation de l'impératrice Théodora. Ce fut Bélisaire qui se fit le ministre de cette iniquité5.

Saint Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople (Cf. Bouche, p. 143). L'impératrice Eudoxiele fit arracher de son palais et conduire dans les montagnes d'Arménie, où il mourut. On le voit souvent, cassé de vieillesse, porté ou même lié sur un âne, au milieu des soldats qui l'escortent6.

Saint Ingenuinus (Genuinus, etc.), évêque de Brixen; 5 février, v. 605. Chassé de son évêché par les gens d'Autharis roi des Lombards'.

Saint Eucher évêque d'Orléans, après avoir été moine; 20 février, 743. 11 fut une des victimes du système qui poussa Charles Martel à récompenser ses compagnons d'armes avec les biens de l'Église, ou à se débarrasser des évêques qui ne semblaient pas suffisamment dévoués à la nouvelle dynastie. Traité comme un mécontent, saint Eucher fut exilé en Belgique où il mourut dans l'abbaye de Saint-Trond8.

Saint Amé (Aimé, Amatus), évêque de Sion en Valais (Cf. Chaînes, p. 190, sv.). Mal vu par le roi Thierry III, il fut déporté à Péronne dans le monastère de Saint-Fursy; puis accepta la charge du monastère de Breuil, où il mourut après avoir mené quelque temps la vie de reclus près de l'église. Son corps porté à Soissons durant les courses des Normands, fut honoré à Douai dès la fin du ix° siècle; et sa mémoire y est restée en bénédiction jusqu'à nos jours9.

t. Brautii Marlyrolog. poetwum, '21 januar :

f Adfuit exsequii» sancti Soverus ab «ris, Et redit inceptum continuare sacrum. »

2. Cela se trouve indiqué (sans garantie) dans la Légende dorée (c. xvn), et jo l'ai rappelé A propos de saint David le Gallois (sous le titre Colline, en note). Ce prétendu concile est représenté dans VOEuvre de Jean Foucquet, que publie en ce moment M. Curmer.

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