‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 705 sur 1339 · AS · texte numérisé non relu

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Ainsi ravaitenlendu lésons pratique des vieux Romains: l'homme agriculteur, et livré aux affaires du dehors ; la femme occupée du soin de la maison (lanam fecit). L' Écriture sainte s'y accorde à merveille (Prov. xxxi, 1 0-31).

Comme modèle des femmes, la très-sainte Vierge maniait ordinairement le fuseau dans les vieilles peintures, au moment où l'archange vient lui demander son consentement à l'incarnation du Verbe divin. Le xve siècle et même le xive prirent l'habitude de la représenter priant ou lisant alors ; mais jusque-là, et surtout chez les Grecs, on jugeait qu'une femme occupée des travaux quotidiens était très-suffisamment édifiante pour que la Mère de Dieu en donnât l'exemple dans l'instant le plus solennel de sa vie '. Telle la voyons-nous (p. Z|38) sur la panse de cette lampe en bronze (si ce n'est un encensoir grec), dont j'ai donné ailleurs le développement (Cf. Bonnet phrygien, p. Ifj2) au-dessous de la dimension originale *.

Au côté droit (du spectateur), Notre-Dame debout, détourne un peu la tête vers l'ange Gabriel qui l'aborde; et la bande un peu grossière (en manière de courroie) qui descend de sa main gauche vers le sol, sera facilement reconnue comme le fil qu'entraîne un fuseau, si l'on a eu l'occasion d'examiner attentivement des représentations très-anciennes (ou orientales) de ce fait évangélique 3. Les Grecs poussaient en ce genre la fidélité à un programme convenu, jusqu'à peindre en rouge dans les miniatures, le fil qui sort des doigts de la très-sainte Vierge.

Klle filait, prétendent-ils, de la pourpre en ce moment; et destinait son travail à un vêtement pour le grand prêtre. L'occupation de filer étant, depuis l'origine du monde, l'indication d'une femme qui ne songe pas plus que de raison à sa toilette, le fuseau (ou le rouet) peut se trouver, dans la représentation de la plupart de» saintes qui ont été mères de famille ou religieuses ; mais surtout quand il s'agit de bergères, dont l'isolement et les lqisirs réclament particulièrement un travail suivi '.Car, comme disait le vieux proverbe :

« Fille oisive, A mal pensive. »

Du reste cet article pourra se compléter par celui qui aura pour titre Navette, etc.

Nous verrons encore sous les titres Groupes, Lis. Livres, que ce programme oriental de l'Annonciation n'a pas fait loi dans l'Occident.

Mais, à propos de bergères, rappelons un fait de lu B*e Germaine Cousin (Cf. Bergers, p. -136). On raconte que désirant assister à la messe tous les jours, et ne pouvant se faire remplacer dans la garde de ses moutons, elle plantait sa quenouille au milieu du troupeau. Les animaux se tenaient groupés autour de ce signe de ralliement, et jamais nulle des bêtes confiées aux soins de la sainte ne s'égara ou ne fut dévorée par les loups.

1. Les artistes légendaires représentent parfois la sainte Vierge pendant son enfance dans le temple, occupée à tisser une étoffe sur un métier. Cela se voit par exemple dans le choeur de la cathédrale d'Amiens, avec d'autres détails du même genre. Mais j'ai déjà donné a comprendre que je ne me proposais point d'énumérer tout ce que l'art chrétien a introduit ou accepté dans l'histoire de la Mère de Dieu. Ce serait de quoi rédiger un livre plus gros que n'est le mien. Je me contente donc d'indiquer sommairement les traits les plus acceptés pour les principales circonstances de l'Évangile où figure la reine de tous les saints. Faisons pourtant observer que dans la Présentation de Marie au temple (supra, p. 388), le miniateur byzantin montre en arrière-plan (sauf perspective) un ange parlant à la Très-sainte-

Vierge. Au dire des légendes, elle aurait dès-lors eu de fréquentes communications avec les esprits célestes. C'est un des cas où l'on peut écrire sans danger avec un Gascon du xw* siècle : « Il ne sera pis damné qui le. croira ou le décroira. »

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