APPARITIONS
Saint Simon-Stock, général des Carmes. Cf. Scnpulaire.
Saint Philippe dei Neri (Cf. Autel, Enfants, Lys). Il voit la Mère de Dieu soutenant le toit de sa chapelle qui croulait, pour que la chute de l'édifice ne devînt pas funeste à la communauté. Comme l'on commençait à bâtir l'église de l'Oratoire à Rome (la Vallicella), une partie de la toiture ancienne avait été conservée audessus de l'autel où se trouvait une image de la Mère de Dieu, très-vénérée à Rome; on voulait pouvoir y célébrer provisoirement la messe, et y garder le Saint-Sacrement. Un matin, saint Philippe fit appeler l'architecte en toute hâte, ordonnant de détruire au plus tôt cette toiture, parce que cette nuit-là même il l'avait vue sur le point de tomber, si la glorieuse Vierge ne l'eût soutenue de ses propres mains. Pour obéir au saint, l'architecte alla aussitôt visiter la charpente avec les ouvriers, et ils trouvèrent que la poutre principale s'était détachée du mur, et ne portait plus qu'en l'air. A cette vue, tous crièrent au miracle l, et il y avait bien de quoi.
Femmes.
Sainte Brigitte, veuve, fondatrice de l'ordre du Sauveur; 8 octobre, 1344- Elle rapporte elle-même* que la très-sainte Vierge lui apparut, et donne en détail la description de tous les insignes que portait la Reine du ciel ; mais ce n'est pas notre affaire en ce moment.
Sainte Catherine de Suède , fille de sainte Brigitte et abbesse de l'ordre fondé par sa mère (à Wadstena) ; 22 mars, 1381. Durant son enfance Marie lui apparaît la nuit, et la loue de la modestie avec laquelle elle prenait son repos.
La bienheureuse Ida de Louvain, ou de Roosendael (à cause du monastère où elle vécut), cistercienne; 13 avril, v. 1320. La sainte Vierge déposant entre ses mains l'enfant Jésus. On raconte qu'elle reçut cette faveur entre autres, et l'on dit même qu'elle porta miraculeusement les stigmates de la Passion.
11 ne faut pas confondre les apparitions de Notre- Seigneur, de la sainte Vierge ou des saints avec les tableaux, crucifix, etc., que l'on verrait entre les mains des saints personnages représentés par les artistes. Cette particularité se rencontrera sous le titre Images, Statues (Cf. supra, p. 58). La moindre attention suffira le plus souvent pour ne pas se tromper à ce sujet.
APPARITIONS DE SAINTS
Saint Léon Ier le Grand, pape-, 11 avril, 461. Dans son entrevue avec Attila sur les bords du Mincio, deux
grands artistes ont introduit la coutume de représen ter saint Pierre et saint Paul qui appuient par leur apparition les paroles du pape à ce terrible chef des Huns. Mais les premiers historiens n'en parlent que d'une façon très-couverte, et rien n'atteste bien clairement dès l'origine que le courage simple du grand pontife et sa majesté persuasive aient été assistés de cet appareil merveilleux.
Saint Biiic.e de Spolète; 9 juillet, i'r siècle. Dans la prison où il avait été jeté pour la foi, saint Pierre lui apparaît et le sacre évêque, lui donnant le pouvoir de consacrer d'autres pasteurs dans les diverses églises qu'il parcourrait 3. La mission de saint Brice en Ombrie par saint Pierre ne présente pas des caractères d'authenticité bien convaincants; quoique la ville d'Assise le réclame pour premier évêque, aussi bien que l'église de Spolète'.
Saint Basile le Grand, évêque de Césarée en Cappadoce ; 14 juin, 379. Saint Mercure, martyr, se montre à lui armé d'une lance. Les Grecs racontent que le saint évêque, priant Dieu d'épargner à l'Église les malheurs dont la menaçait Julien l'Apostat, vit. le martyr Mercure qui se chargeait d'exécuter sa demande s.
Saint Pierre Chrysolooue, évêque de Ravenne; 4 décembre, v. 450. Il est montré par saint Pierre et saini Apollinaire (ou par des anges) au pape Sixte III comme celui qu'il fallait élever sur le siège vacant de Ravenne, à l'exclusion de tout autre '. Ce fut à la suite de cette vision que le souverain pontife, écartant le candidat proposé par les Ravennais, choisit Pierre qui accompagnait les députés, et qui n'était encore que diacre.
Saint Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont ; 23 août, 488. Il apparaît à un prêtre son ennemi, pendant que celui-ci se lavait les mains. Je pense qu'on a voulu représenter ainsi la vengeance du Ciel (annoncée du reste par le saint) contre celui qui prétendait occuper le siège éffecopal après Sidoine. Ce prêtre ambitieux mourut subitement lorsqu'il se mettait à table avec faste dans l'évêché, comme pour prendre la succession7. Or on sait qu'avant l'invention (fort récente) des fourchettes, se laver les mains était un préliminaire inévitable du repas.
Saint Jean Chrysostome, évêque de Constantinople; 27 janvier, 407. On le trouve peint ayant près de lui saint Paul. Ce n'est pas seulement à cause de l'admiration qu'il témoigne souvent pour le grand apôtre, mais parce que ses biographes racontent que saint Paul lui apparut plus d'une fois pour l'éclairer sur l'interprétation de l'Écriture sainte '. De même encore, comme on l'emmenait en exil, cassé de vieillesse et rudoyé par les sol-
I. Bacci, Vita di S. Filippo Neri, 1. II, c. u, 6. î. Révélât., 31. Cf. AA. SS. Octob., t. IV, p. 487, sq. ; 420, 435, 400, etc.
3. Cf. D. Pei, Thésaurus, t. H, p. m, p. 128. — AA. SS. M., t. I, p. 4,0, 22, etc. Mais il n'est pas dit un mot de celte légende dans l'Hagiologium italicum.