HACHE
accompagnant le saint près de l'autel ; et souvent il a une aile cassée. Voici ce que l'on en raconte. La servante du curé profitait souvent de l'absence du maître pour gaspiller l'argent qu'il destinait aux pauvres, et introduire dans la maison des visiteurs au moins suspects. Soit en répétant quelqu'une des paroles qu'il avait entendues, soit par quelque autre avis plus extraordinaire, l'oiseau avait fait connaître au curé les scènes qui se passaient dans sa maison. Pour imposer silence à ce témoin fâcheux, la servante voulut se défaire de l'oiseau, et le précipita dans une fosse d'immondices. A son retour, le saint homme surpris de ne pas voir l'animal qui lui faisait ordinairement accueil, l'appela avec inquiétude. La bête reparut dans un état pitoyable qui donna lieu à plus d'éclaircissements que n'aurait voulu la méchante femme. On dit que le saint rendit la vie à son oiseau, qui demeura privé d'une aile en témoignage des mauvais traitements qu'il avait soufferts'.
Pour saint Kiéran évêque et abbé irlandais (5 mars, 520), la légende hésite également entre une cigogne et un coucou'. Une jeune religieuse, dit-on, avait été enlevée de son couvent par un seigneur irlandais ; et Kiéran vint réclamer la brebis perdue. Le ravisseur, fort peu contrit, se contenta de répondre que s'il était réveillé le lendemain par une cigogne (ou un coucou), il consentirait volontiers à rendre sa proie. Or, on était en plein hiver; et qui plus est, la neige couvrit tous les toits durant la nuit, sauf pour la maison où le saint s'était retiré. Cependant l'oiseau se trouva sur la fenêtre du prince pour l'éveiller de grand matin. Effrayé de se voir pris au mot de cette façon inattendue, le seigneur tint parole.
GUERRIERS. Cf. Armes, Armure.