‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 77 sur 1339 · Calendar. benedict., 12 april., p · texte numérisé non relu

Calendar. benedict., 12 april., p

4. A.\. SS. Octobr., t. II, p. 220, sqq. — Surius, i! octobr. L'intervention de. saint Pierre dans cette vision peut faire grand plaisir à ceux qui veulent que saint Eugène martyr honoré près de Paris,

Mais trouver des reliques de saint Eugène était autre affaire. Or i) arriva que Gérard fut envoyé à Paris par le comte Bérenger. Comme il visitait l'abbaye de Saint-Denis, il entendit faire mémoire de saint Eugène dans l'office. Ayant demandé si l'on possédait quelque relique insigne d'un martyr de ce nom, il apprit qu'on prétendait y honorer le corps du saint évêque de Tolède. Les religieux auxquels il témoignait le désir d'en emporter une partie, lui répondirent ( peut-être en manière de défaile) qu'on ne lui accorderait point cette faveur à moins qu'il ne prit l'habit monastique dans l'abbaye. Gérard accepta la condition , et après plusieurs années de vie religieuse, il obtint d'aller fonder une colonie bénédictine à Brogne en y portant les reliques du saint martyr. Là le concours des peuples qui se rendaient à ce nouveau pèlerinage, et les vertus du saint abbé ayant répandu sa réputation dans les Pays-Bas, il fut invité par plusieurs seigneurs à réformer les maisons religieuses de leurs terres. Cela eut lieu par exemple à Saint-Ghilain en Hainaut, où une autre apparition (dit-on) de l'ancien fondateur avait réclamé l'intervention de Gérard pour rétablir la discipline entièrement déchue dans ce monastère.

Saint Odilon, abbé de Cluny; 1 janvier, v. 1048. Les âmes du purgatoire lui apparaissent pendant qu'il ditla messe5. Cette vision pourrait bien n'être pas absolument historique; ce qu'il y a de plus fondé, et ce qui aura occasionné la représentation, c'est que le saint passe pour avoir introduit dans son Ordre la Commémoraison des fidèles trépassés ( fête des Morts) qui fut depuis adoptée par toute l'Église latine pour le lendemain de la Toussaint. Aussi cette pratique qu'on lui doit est-elle tout aussi bien rappelée par un crâne vide sur lequel il fixe les yeux, comme en songeant à l'oubli auquel sont voués bien des morts après quelque temps. Plus d'un avait imaginé cette forme avant moi, je n'ai fait que la renouveler; et je ne me pique généralement point d'autre chose quand je ne reproduis pas tout simplement les monuments d'autrefois.

Saint Henri II, empereur; 14 juillet, 1024. Pendant

soit l'évèque de Tolède qui, baptisé par le prince des apôtres, aurait été envoyé en mission avec saint Dcnys l'Aréopagite par saint Clément. Mais.c'est. une question Tort débattue, que je ne puis pas songer à traiter en quelques lignes. L'église de Tolède semble n'en avoir rien soupçonné pendant des siècles. Cf. Espalfa sagrada, t. III et IV. 5. Calendar. benedict., I januar.

APPARITIONS DE SAINTS

qu'il prie devant un tombeau, un évêque se montre à lui. Ce semble être une ressource imaginée par les artistes afin d'exprimer d'une manière plus reconnaissais le fait suivant : Henri avait eu pour précepteur sainl Wolfgang, évêque de Ratisbonne ; et comme il priait (v. 996), dit-on, près du sépulcre de son maître, il y vit écrits ces mots : Encore six. L'indication étak bien courte pour se faire immédiatement comprendre. Le prince, alors duc de Bavière, crut y lire un avis de sa mort pour le septième jour, et se prépara en conséquence à paraître devant Dieu. Ce temps écoulé, il jugea que six ans lui étaient accordés pour compléter sa préparation , et la septième année se trouva être celle de son élection à l'empire. A vrai dire cela doit s'être passé en songe et non pas dans l'église de Saint-Emmeran l. Mais l'Allemagne et l'Italie ne se trouvèrent pas mal d'avoir un suzerain qui s'était disposé à mourir pour faire son apprentissage de la dignité souveraine.

Une autre apparition, également en songe, est rapportée dans la vie de saint Henri par plus d'un auteur. Il souffrait de la pierre, maladie particulièrement fâcheuse pour un général d'armée; il alla donc au Mont-Cassin prier saint Benoît de l'en délivrer. Les Italiens et les Allemands assurent que, pour réfuter la prétention des bénédictins français, le saint abbé le guérit en preuve de la présence de son corps dans le monastère italien2.

Saint Martin, chanoine régulier de Léon en Espagne; 11 fév., v. 1221. Apparition de saint Isidore de Séville qui lui présente un livre. Saint Martin avait peu de dispositions pour l'étude jusqu'à cette visite du docteur espagnol. Depuis lors il devint un des savants théologiens de son temps '.

Saint Odon de Cluny. Cf. Livre.

Saint Guillaume de Roskild, chanoine régulier et restaurateur de son Ordre en Danemark ; 6 avril, 1202. Sainte Geneviève lui apparaît. 11 avait été chanoine de Sainte- Geneviève à Paris, et s'était déclaré prêt à subir l'épreuve du feu pour faire reconnaître la vérité et l'efficacité des reliques de la patronne de Paris. La sainte vint le visiter en songe, pendant qu'il était malade, et le guérit*.

1. Gretzcr, DM Bambergenses (Opp. t. X, p. 506). — Prose l.audel (imnis spirilus, dans le Missel de Saltzbourg (1515, in-fol. ) :

• Poil lu legens, dulnt.it Rex quem lensum leneat Oratio truncata.

Sexlus annus volvitur, Et problena aolvitur, Corona duplicata. •

— Bréviaire de Bamberg (1575, in-1'2), Hymne Voce nunc celebri:

• l'oil nez apparut!

llli, qui claruit Multts virtulibus Et Christi laudibui; Quoi] apparucrat lniciui fuerat,

l'oit acx annos perceperal. •

'-'. Creucr, ibid., p. 520. — Calendar. benedicl., MJul.

Femmes.

Sainte Catherine d'Alexandrie. Cf. Anneau, p. 48. Saint Luc se montre à elle, lui présentant le portrait de la trèssainte Vierge. Selon d'autres ce serait un ermite chrétien voisin d'Alexandrie, qui lui aurait fait voir ce tableau lorsqu'elle était encore païenne, pour l'engager à n'être que l'épouse du Fils de Dieu. Les fiançailles dont nous avons parlé précédemment n'eurent lieu qu'après le baptême de la sainte 5. Toute cette légende repose sur des récits populaires que nous ne prétendons pas garantir, mais qui ont inspiré longtemps les artistes.

Sainte Agathe, vierge et martyre; 5 février, 251. Sainl Pierre lui apparaît dans sa prison, et guérit les plaies que lui avaient laissées ses tortures 6. Cf. Mamelles.

Sainte Lucie (Luce), vierge et martyre; 13 décembre, v. 304. Pendant qu'elle prie au tombeau de sainte Agathe celle-ci lui apparaît. La mère de Lucie, qui habitait Syracuse, souffrait d'un flux de sang opiniâtre depuis quatre années. Sa fille lui persuada de visiter le tombeau de sainte Agathe, à Catane, pour obtenir la guérison. Là, dit le Bréviaire romain, Agathe lui fit entendre ces paroles : « Lucie, pourquoi me demander ce que bientôt tu pourras procurer toi-même à ta mère? Tu vas devenir patronne de Syracuse, comme je le suis de Catane '. » La malade fut guérie cependant, mais la prophétie s'accomplit sans retard. Lucie, profitant du miracle, osa expliquer à sa mère qu'elle voulait vivre vierge ; et ce fut l'occasion du martyre que lui procura celui qui avait prétendu l'épouser. Cf. Aveugles, Tombeau.

Sainte Berthe abbesse d'Avenai, martyre; 1 mai, v. 680. Saint Pierre lui montre la manière de procurer de l'eau à son monastère. Cf. Source.

Sainte Vaudru (Waldelrwlis) abbesse, patronne de Mons en Hainaut; 9 avril, 686. Saint Géry {Gaugericus), évêque de Cambrai, lui apparaît dans une chapejle. La sainte avait été mariée, et hésitait encore à quitter le monde, lorsque saint Géry lui apparut pendant qu'elle priait Dieu, et lui présenta une coupe pour lui faire comprendre qu'elle devait consommer son sacrifice •. Par le

On a voulu voir un monument do cette guérison dans le retable de Baie qui se conserve actuellement au musée de Cluny. La merveille semble suffisamment établie sans qu'on lui cherche de mauvaises preuves. Qu'avait de commun ce souvenir avec la cathédrale baloise? Saint Henri fait représenter auprès de Notre-Seigncur les trois grands archanges et le patriarche des moines d'Occident, mais les chanoines de Baie n'étaient pas bénédictins; et l'interprétation donnée à l'inscription par M. Thcubet n'est guère soutcnable. Elle s'explique beaucoup mieux, comme Je l'ai dit ailleurs, par le latin un peu pédantesque du xi' siècle, dont la trace s'est conservée longtemps en Allemagne. Le Calendarium betiedictinum en serait une preuve au besoin.

3. Tamayo Salaiar, Martyrolog. hispanic. (Anamnesis), februar., p. 100, sq. — Surius, Il april.

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