‹ Caractéristiques des saints dans l'art populaire. Énumérées et expliquéesChapitre 803 sur 1339 · Cf. Catendar. benedict., 12 septcmbr · texte numérisé non relu

Cf. Catendar. benedict., 12 septcmbr

Une hymne du bréviaire de Liège (1558, in-8") aux premières vêpres de ce saint (Hymnum cantemus), dit : « Crimen Pippini prohibent, Cunm tolerter adhlbans, Inceatas damnai nuptfas Verte saluti noiiat.

d'Alpaïde, concubine de Pépin d'Héristal. Selon d'autres, le saint aurait été victime des rancunes que s'étaient attirées ses parents en défendant ses droils avec trop de rudesse. Quoi qu'il en soit, on s'accorde à dire que saint Lambert interdit à ceux qui l'entouraient, de le défendre; et qu'il fut percé d'une lance ou d'un épieu, tandis qu'il priait pour ses meurtrière '.

La bâtardise de Charles Martel a bien l'air d'être entrée pour quelque chose dans les poëmes sur son petitfils Charlemagne, où la prétendue histoire de Berthe (sorte de Rachel supplantée par une Lia) paraît imaginée tout exprès afin de légitimer après coup certains déportements trop libres chez le père (aïeul, dans le fait) du héros ; et par où la naissance du grand homme se serait trouvée entachée. Quand, après trois ou quatre siècles, les deux héros homonymes de la race carlovingienne se confondirent en un seul personnage pour des peuples illettrés, on aura voulu pallier ce qui passait pour louche dans la naissance de l'illustre empereur. Notre livre donne lieu de reconnaître à plusieurs reprises que l'histoire de Charles Martel et celle de Charlemagne se mêlèrent dans les souvenirs de la postérité. Cf. p. 173, etc.

J'ai fait mettre à la main droite de saint Lambert un livre dont la forme se retrouve assez souvent dans les tableaux du xve siècle, et qui pourrait dérouter le spectateur si je n'en expliquais un peu la singularité. La partie inférieure ou supérieure du fourreau s'allonge en manière de sac, dont l'extrémité peut se froncer au moyen d'un cordon passé dans une coulisse. De la sorte, le livre une fois bien fermé peut se porter suspendu au coude (comme le réticule de nos mères) ou sur l'épaule, à l'aide du cordon passé en bandoulière; on s'épargnait ainsi la peine de le tenir sous le bras au risque de le laisser choir. Mais relativement au coup d'oeil (en fait d'art), pour peu que les plats du livre soient ornés en manière de carreaux ou de losanges, ainsi qu'il arrive dans certaines estampes, on peut se trouver conduit à imaginer que le personnage porte quelque chose comme une lanterne.

Hinc, ut sumatur ultio, Prawul datur supplicio; Pœnam suftert alacriter Quam plaçât causa Jupiter. •

Ce qui est le plus clair, c'est que Pépin ne mit pas d'cmprvsseiin'iit a venger l'assassinat de l'évêque. Hais une prose de la même Église (missel de US»; Christi laudem prœdicemus) était un peu plus formelle, quoiqu'il s'agît d'un seigneur du pays liégeois :

■ Scelus ingens et énorme Et amota causa mali.

Vidit obstans Christi norme Sub amplexu conjugali

Et eicalso nomini. Motu» carnis dirigat.

Nam Pippinus rex (duxT) Francorum Qui legalem fugit thorum, Fractor legum, spretor murum, Adhauret adultéra1. Prcces fundit, et fréquenter in -r.it prwul; et patenter Illum monet, et clementer Vult -Mini reducere :

Ut contempto netu tali.

Cf. AA. SS. Belgii, t. VI, p. 61-74.

At Alpai», Mit acceptll, Fragrescit medullitu»;

Verbis usa venetiatif.

Dodonom aggreditur , Illum urget, arctat satin:

Sic snnetus penniitur.

Btr .

LANCK.

La pèleriue de noire saint dans ma gravure est une des formes que le rational (ou mperhumiral) a prises durant les divers siècles où il a été porté par certains évêques qui en avaient le privilège. J'en ai dit déjà quelque chose (p. 376, sv.) au mot Épiscopal (insignes de la dignité épiscopale); et il ne faut pas m'en demander davantage dans un livre qui doit toucher à tant de choses, sans pouvoir prétendre les approfondir toutes. Ce qui esi bien certain, c'est que la chaire épiscopale de Liège conférait le droit de porter cet ornement ; comme le montre encore aujourd'hui le grand buste en argent de saint Lambert, qu'on y expose tous les ans pendant l'octave de sa fête. Plusieurs des Liégeois en ignorent le motif.

Saint Emmeran, évêque de Ratisbonne et martyr (Cf. Échelle, p. 327, sv.). On lui met parfois à la main une lance, peut-être pour indiquer la manière dont il fui achevé après qu'on lui eut coupé les membres.

Saint Cadoc, évêque (de Bénévent, dit-on) et martyr-, vi» siècle. Ce qu'il y a de plus clair dans sa légende, c'est qu'il fut tué d'un coup de lance en célébrant la messe1. Car presque tout le reste a une teinte celtique singulièrement prononcée ; et le siège épiscopal de Bénévent, par exemple, a bien l'air de correspondre tout simplement à quelque chose comme Daventry (Benaventa ou Bennavenna) dans le Northamptonshire.

Saint Gérard Sagredo, évêque de Czanad et martyr (Cf. Encensoir, p. 367; Caillou, etc.). La lance fut un des instruments de son assassinat.

Saint Adalbert de Prusse, évêque de Prague et martyr; 23 avril, 997. Après avoir renoncé à son siège épiscopal où il n'obtenait rien de ses ouailles, il voulut prêcher l'Évangile aux Slaves voisins du Dantzig et du Koenigsberg actuels. 11 fut assommé par les habitants, et transpercé d'une lance par un prêtre des idoles. Après quoi sa tête coupée fut exposée sur un pieu. Dans la suite ses reliques portées à Gnesne l'ont fait honorer tout particulièrement par les Polonais, qui le connaissent surtout sous son nom slave Woyliech.

Saint Adelbret (Adalpret, Albert, etc.), évêque de Trente et martyr; 27 mars, v. 1169. Ayant pris la défense des droits de son Église opprimée par les seigneurs de Castel-Barco (près Roveredo) dans la Valle Lagarina, il fut tué d'un coup de lance dans la poitrine pendant qu'il était à cheval * pour veiller au redressement des griefs dont il voulait avoir raison.

Saint Lonoin martyr, qui passe pour avoir percé le côté de Notre-Seigneur sur le Calvaire (Cf. Armure, p. 75,

sv. ; etc.). Comme il reparaît plus d'une fois dans notre livre, contenions-nous de l'avoir rappelé parmi les doujphores (porte-lance).

Saint Maurice, chef de la légion Thébaine. Cf. Armes, p. 76, sv.; etc.

Plus d'un autre saint encore peut passer pour sullisamment introduit sous le même titre sans qu'il faille revenir sur des indications de ce genre qui feraient double emploi en pure perte.

Saint Julien martyr, patron de Macerata. Cf. Êpèe, p. 368.

Les saints Marc et Marcellien, martyrs (Cf. Groupes deux à deux, p. 660). Ils furent percés d'une lance dans la prison.

Les saints Donatien et Rogatien frères, patrons de Nantes (Cf. Groupes deux à deux, p. 656). Leur martyre se termina par un coup de lance'.

Saint Démétrius de Thessalonique (Cf. Armes, Armure, p. 80). Une lance à la main pour exprimer son genre de mort bien plutôt que sa profession4. On lui donne ordinairement un costume assez distingué (mais non pas toujours militaire), parce qu'il passait pour avoir été proconsul.

Saint Mercure de Cksarée en Cappadoce, guerrier et martyr (Cf. Armes, Armure, p. 79). Il semble n'avoir été âgé que d'environ vingt-cinq ans lorsqu'il mourut pour Jésus-Christ5, et déjà, dit-on, il commandait en chef6. Il fut décapité après plusieurs tourments; et la ville de Bénévent se glorifiait de posséder son corps. Aussi étaitil honoré comme un des principaux protecteurs du pays, au temps des ducs lombards7.

La lance qu'on lui met souvent à la main peut faire allusion à ce que raconte un biographe de saint Basile le Grand. Le saint évêque, priant devant les reliques du martyr Mercure, aurait obtenu la mort violente de Julien l'Apostat; et saint Mercure s'en serait déclaré lui-même l'auteur, en montrant dans son église à Basile sa pique ensanglantée. J'ai parlé ailleurs de cette légende (Cf. Armes, Armure) à propos de saint Artème, mais notre saint semble avoir été sévère pour les persécuteurs, comme le montrent ses prédictions au sujet de Dèce et de Constant8. Quant au costume qu'on lui donne souvent, je renvoie aux détails curieux donnés par le savant Célestin Cavedoni sur d'anciennes staurotèques9.

Les saints Socrate kt Denis martyrs (Cf. Groupes, p. 661), percés de lances.

Saint Vincent, martyr à Collioure en Roussillon;

1. AA. SS. Januar., t. II, p. 604. — Montalembert, Moines d Occident, t. III, p. 71, sv. — Hagiol. ital., t, I, p. 55.

2. Dissertaxione intorno alla santità... del B° Adalpreto (Trente, 1754, in-i°), p. 3*8.

Brautii Martyrol. poelic. :

9 Pr»sul Adalpretus conscripto terruit hostes Milite, qui telis proditionis obit. »

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