LOUI
Ion qui lui a été dérobé par un loup1. Cela montre du moins que la légende, avec le symbole qu'elle voilait
peut-être , n'était pas rare au moyen âge. Nous allons du reste en retrouver la preuve plus d'une fois.
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Sculpture à Saint-Thomas de Strasbourg.
Saint Gudwal (Godoaldus, Gurval, etc.) abbé, puis évêque (d'Aleth, dit-on); 7 juin, v. 623. Rendant la vie à une brebis qu'un loup venait d'étrangler, et remettant la pauvre bête au berger*.
Saint Arnoul, évêque de Soissons (Cf. Fourche, p. LZk, sv.; Armes). Étant moine à l'abbaye de Saint-Médard, il quitta le monastère durant la nuit pour éviter d'être nommé abbé (ou évêque); et pour être plus sûr de s'enfoncer dans la profondeur des bois, il suivit la piste d'un loup. Mais ce guide mal choisi le ramena dans la matinée aux portes de la ville, où l'on s'empara d'Arnoul qui ne put échapper à la dignité dont on voulait le revêtir'.
Saint Norbert (Cf. Araignée, p. 63; Branche d'arbre, etc. ). Obligeant un loup qui enlevait une brebis , à remplir l'office de gardien du troupeau4.
Saint Malo évêque (Cf. Aveugles, p. 106). Faisant travailler un loup qui lui avait mangé son âne5, et le contraignant à porter des fagots.
Saint André Corsin carme, évêque de Fiesoli (Cf. Apparition de la sainte Vierge, p. 59). On peint souvent près de lui un loup et un agneau pour rappeler le fait que voici. 11 avait passé sa jeunesse dans de grands désordres; et sa mère lui racontant que, enceinte de lui, elle s'était vue mettant au monde un loup qui devenait agneau en
entrant dans une église de la sainte Vierge, il crut comprendre qu'il lui fallait assurer le salut de son àme eu faisant profession de la vie religieuse dans un Ordre consacré à Marie. Entrant donc chez les Carmes , il y devint un homme de Dieu6.
Saint Remacle évêque de Maestricht, puis abbé de Stavelo; 3 septembre, v. 671. On peint quelquefois près de lui un loup; mais si ce n'est pas une manière d'exprimer l'empire qu'il exerça sur les démons, je pencherais à croire qu'on y a cherché une expression héraldique du monastère où il mourut après s'être démis de l'épiscopat. On en va voir l'explication tout à l'heure, au sujet de saint Poppon abbé de Stavelo.
Saint Poppon abbé de Stavelo (Cf. Lépreux, p. 50Z|). Près de lui un loup bâté, qui est demeuré dans les armoiries de Stavelo. On raconte qu'il ressuscita un berger tué par un loup'. Il se pourrait bien qu'il y eût dans l'origine de cette représentation quelque souvenir de ce que l'on raconte du même saint qui, à la cour de l'empereur saint Henri, fit cesser les jeux d'hommes combattant contre des bêtes farouches. Ajoutons, soit pour ce cas, soit pour d'autres, qu'il y avait une sorte d'ulcère nommé louve parce qu'il dévorait les membres8. D'ailleurs l'abbaye de Stavelo fut fondée dans un vrai pays de loups.
1. Le P. Arth. Martin a publié ce monument dans son mémoire sur le bâton pastoral (Mélanges d'Archéologie, t. IV), avec le n° 1 1 ; et comme l'époque n'en est pas bien déterminée, il n'est pas aisé de décider quel saint on y avait en vue. Un fait semblable se lit dans la légende de saint Patrice , mais que ferait saint Patrice à Strasbourg? où je ne pense pas que l'on puisse signaler un monastère irlandais, quoique plusieurs villes d'Allemagne en aient eu. Si la bête restituée avait davantage une mine de cochon, je proposerais d'y voir l'une des merveilles opérées par saint Blaise avant son martyre (Cf. Legend. aur., cap. xxxvm. — AA. SS. Februar, t. I, p. 345, sq.) ; car les pays germaniques honoraient beaucoup l'évêque de Sébaste, compté parmi les XIV Auxilialores.
'2. Calendar. benedict.,1 jun. — AA. SS. Jun., t. I, p. 738. On lui prête aussi, au sujet d'un loup, l'histoire de saint Géiasime avec son lion. Cf. Surium, 6 jun.