MASSUE
tistes flamands et hollandais, interprétant sans doute 1rs coutumes juives d'après ce qu'ils avaient sous les yeux, ont transformé souvent cette perche de foulon en un énorme archet sous-tendu par une forte lanière de cuir. J'imagine que cet instrument faisait à peu près la fonction des baguettes qui servent à nos matelassiers pour rendre l'élasticité aux flocons de laine quand elle a pris son pli sous une pression prolongée.
Saint Jude ou Thaddée, apôtre; 28 octobre (Cf. Image de Noire-Seigneur, p. /|82). La forme de son martyre n'étant pas bien connue, on lui donne tantôt une massue, tantôt une croix (parfois renversée). Mais, selon d'autres, il aurait été percé de flèches.
Saint Télesphore pape (Cf. Hostie, p. /|79). Il passe pour avoir été assommé, c'est ce qui lui a fait mettre souvent à la main une massue1.
Saint Timothée évêque d'Éphèse, disciple de saint Paul. Cf. Bâton, p. 126; etc.
Saint Apollinaire, premier évêque de Ravenne; 23 juillet, vers 75. On prétend qu'il fut assommé à coups de massue par les pafèns, après avoir quelque temps échappé à leur colère '.
Saint Pbivat (Privé) évêque du Gévaudan, martyr; 21 août, vers le iv* siècle. Assommé par les envahisseurs païens, tandis qu'il se tenait retiré dans une grotte3.
Saint Eugène, évêque de Tolède -, 15 novembre, sur la fin du ier siècle, dit-on. On rapporte que, disciple de saint Denis, il aurait quitté l'Espagne pour venir le visiter en France; et que près de Paris il fut assommé par les païens. Cette question si controversée, où le patriotisme du Parisis a mêlé un peu trop d'amertume , est traitée avec beaucoup de calme et de sagesse par le docte Florez4. Ce savant homme, tout en s'appuyant sur les documents espagnols, n'ignorait point ceux qu'on met en avant chez nous; et il fait très-bien observer que l'abbaye parisienne de Saint-Germain-des-Prés n'était pas entièrement d'accord sur ce sujet avec celle de Saint- Denis. Il nous convient donc à nous autres de concilier entre eux nos propres ancêtres, avant de prendre parti sur un ton décisif; car le zèle, pour être de bon aloi,
doit se combiner avec la science, comme dit saint Paul (Rom., x, 2).
Saint Adalbert (ou Adelbert), nommé Woytiech par les Polonais (Cf. Lance, p. &99). On le peint fréquemment lenant à la main un faisceau formé d'une lance et de massues, de rames ou crocs de bateliers, qui auraient servi d'instruments à la fureur populaire des Prussiens idolâtres auxquels il venait prêcher l'Évangile. Son martyre eut lieu près de Fischhausen ".
Saint Agilulfe {Agilolfus, etc.) abbé de Stavelo, puis évêque de Cologne (° juillet, vers 770); assommé et percé d'une flèche dans la vallée de l'Amblève, d'où son corps fut transporté d'abord à Malmédy, puis à Cologne4. Plusieurs écrivains belges pensent que, comme saint Lambert, il aurait été sacrifié à la colère d'Alpaïde, concubine de Pépin d'Héristal (Cf. supra, p. Zi98). Car Plectrude, femme légitime de Pépin avait employé l'entremise de saint Agilulfe pour ramener son mari au devoir conjugal 7.
Un faucon que certains artistes lui mettent sur le poing pourrait absolument signifier que le saint appartenait à une noble famille (Cf. Faucon, p. &06). Mais que l'histoire ait été faite d'après la représentation, ou réciproquement, voici ce que les Allemands racontent. Un chevalier, dévoué peut-être à la favorite de Pépin, entendant parler de merveilles opérées par les reliques du saint qui venait de mourir, répondit : « Ce n'est pas plus un saint, que mon faucon n'est un oiseau chanteur. » Sur quoi le faucon qu'il portait se serait mis à gazouiller d'une façon tout à fait inattendue *.
Saint Arcade, martyr à Césarée de Mauritanie; 12 janvier, me siècle. Les plus anciens témoignages racontent qu'il eut les membres tranchés par le glaive ou la hache ». Lors donc que M. Helmsdœrfer, et d'autres après lui, disent qu'on représente ce saint avec une massue, ils le confondent peut-être avec un autre du même nom qui souffrit sous la persécution des Vandales (13 novembre, /|37). Mais encore y aurait-il lieu à quelque critique; car c'est seulement l'un des compagnons de ce dernier ( saint ' Paulillus , enfant) qui fut frappé
comme évêque titulaire, eût- attendu trois siècles pour devenir autre chose qu'évêché suffragant de Césarée. Qui ne trouverait pas cette objection satisfaisante, risquerait de s'en attirer d'autres dont il ne se serait pas douté peut-être. Car ce n'était pas ici le lieu de vider une question évidemment accessoire pour mon travail.
1. A défaut d'indications précises sur le genre de son martyre, signalons du moins quelques renseignements pour divers points de sa légende. Cf. Raron. A. 154, n" t. — Labus, Fasli délia China, 5 di gennajn. — AA. SS. Januar., t. I, p. 230-240. — P. de Natal., libr. II, cap. xlvi. — Hagiolog. Italie. , t. I, p. 8, sq. — Novses, Sloria dei sommi ponteflri, n° 9.