Prose de s* fête (Congaudentes exultemus
i Chriati plebem liberavit, Tarurorum dum fugavit A civilate agraina. »
ARMES, ARMURE
dans le pays de Galles ; 23 février, 5C5. Ses prières obtinrent du Ciel qu'une chute de rochers arrêtât les Saxons qui pénétraient en armes dans les vallées des Celtes.
Saint Jean de Capistran, franciscain de l'Observance; 23 octobre, H56. Accompagnant, guidant même les troupes chrétiennes contre les Turcs. Il ne prêcha pas seulement, mais dirigea la croisade pour chasser de Hongrie les Turcs qui menaçaient de s'y établir en maîtres. Le vaillant Hunyade n'avait assurément pas nui à cette résistance, mais notre franciscain y prit une part importante et conduisit lui-même les combattants pour faire lever le siège de Belgrade K Cf. Drapeau, etc.
B1 Laurent de Brindes, capucin; 7 juillet, 1619. Au milieu, ou même à la tête des escadrons qui repoussent l'armée turque. Envoyé par Clément VIII en Allemagne, il fut chargé par l'empereur Rodolphe II d'animer les princes et les peuples à braver l'invasion que Mahomet III lançait sur le Danube. Le vaillant duc de Mercœur, chef des armées catholiques , avoua que le P. Laurent lui avait valu bien des généraux devant Albe-Royale (Stuhlweissenburg) où l'armée ottomane fut repoussée î avec perte de trente mille homme (en 1601 ).
Saintes.
Sainte Clotilde, reine de France; 3 juin, v. 543. On la peint quelquefois avec une bataille dans le lointain. C'est une façon de rappeler la conversion de Clovis à la suite du combat de Tolbiac. On sait que Clotilde n'avait obtenu de son époux qu'à grand'peine la permission de faire baptiser ses enfants ; Clovis néanmoins demeurait attaché au paganisme jusqu'à ce que dans la bataille contre les Allemands, voyant ses troupes près de plier, il s'écria : « Dieu de Clotilde, si tu me donnes la victoire, je n'aurai plus d'autre religion que celle de la reine. » Ce fut à la suite de ce voeu couronné par la défaite des ennemis, que Clovis se fit baptiser à Reims, et devint le seul roi catholique de l'univers.
ARMES, ARMURE
L'Église n'a pas manqué de saints dans la profession militaire, mais les artistes ont dépassé l'histoire assez souvent en donnant une armure complète à bien des hommes de Dieu qui ne paraissent pas l'avoir revê-
tue. Cette singularité apparente a plusieurs causes. D'abord le moyen âge s'était accoutumé à mettre la noblesse à la tête de tout, et la noblesse se piquait surtout d'être militaire. On aimait donc à relever un saint illustre par une naissance plus ou moins distinguée; ce qui entraînait naturellement à en faire un chevalier, un châtelain, un baron, s'il n'y avait pas moyen d'en faire un comte ou un duc. Ainsi lorsque l'Évangile parle du bourg (caslellum) qu'habitait sainte Marie-Madeleine, les légendaires n'ont pas manqué d'en faire la châtelaine de Magdala; une riche bourgeoise ne leur eût pas semblé assez digne d'attirer les regards du peuple et des seigneurs qui devaient écouter le récit de ses actions.
Pour l'époque romaine, outre que plusieurs illustres martyrs avaient été guerriers, il en est bon nombre qui ont été gratuitement décorés des insignes militaires pour un autre motif. Les Grecs, qui n'avaient pas notre organisation féodale fondée sur le service des armes, se sont donc trouvés conduits aussi comme nous à grossir le nombre des soldats, principalement parmi les martyrs. C'est que, d'après saint Paul 3 qui compare le chrétien à l'homme armé de toutes pièces pour résister généreusement et sans cesse aux ennemis de Dieu, le martyr s'est trouvé représenter un combattant toujours sur ses gardes et prêt à donner sa vie. Les saints- Pères et la liturgie ont développé cet enseignement de mille façons, même pour ceux qui n'ont pas versé leur sang4. De là cette habitude, dans le langage chrétien, de nommer les saints soldats (ou athlètes) de Jésus-Christ. Quelques docteurs de l'Église, même avant le moyen âge, ont développé cette expression avec des paroles qui pourraient faire soupçonner l'influence de la chevalerie chrétienne, si l'on ne savait que cette institution n'était pas encore née 5. Il est vrai que déjà sous le Bas-Empire le mot milice désignait les emplois de la cour , parce que le service militaire avait conservé un certain prestige chez les plus pâles descendants des Romains.
En somme cette qualification guerrière du chrétien qui prend ses devoirs au sérieux, avait fini par devenir si quotidienne qu'on la retrouve sous la plume d'écrivains laïques auxquels elle échappe, comme à leur insu. Constantin Porphyrogénète 6 dit de saint Paul qu'il s'est cuirassé de Jésus-Christ; à plus forte raison reparaît-elle